LES VILLES LIVRÉES
» M. Glais-Bizoin. — Par qui?
» 5f. LE BARON BuQUET : a...que,dès le 8 août, toutes » les autorités militaires l'avaient quittée précipitam- » ment, qu'il n'y restait plus môme un gendarme, et » que Nancy, dépourvu de munitions et d'armes, n'avait, » pour le maintien de l'ordre, que quatre-vingt-six » fusils à silex transformés, mis entre les mains de ses » pompiers.
» Vous savez que le gouvernement annonçait que les » passages des Vosges étaient défendus, et que la popu- )) lation devait être sans crainte.
» Vous savez que la dernière communication que » nous avons reçue du ministre actuel de l'intérieur nous invitait, à l'approche de l'ennemi, à faire replier ï) sur Cliâlons tous les hommes en état de porter les » armes, et à abandonner ainsi, sans secours et sans » protection, nos femmes, nos enfants, nos vieillards.
» Et c'est nous qu'on accuse!... »
» M. Glais-Bizoin. — Voilà le gouvernement que vous défendiez. »
La lettre du maire de Châlons (aujourd'hui député, appartenant à la droite) contenait des déclarations identiques.
« La vérité, la voici. Que les plus sévères l'apprécient j> et nous jugent!
» 1® Nous avions, en vue d'une invasion, demandé à j) grands cris des armes. Nous ne les avons pas obtenues. » Nous n'avions ni un fusil ni une cartouche.
» 2^ La veille du jour où l'ennemi envahissait Châ- » Ions, toute force et toute autorité militaire, depuis le
JH SOUTEMRS DU QUATRE SEPTEMBRE
» général de dÎTisioD jusqu'au dernier gendarme, > éracué la ville.
Une heure ayant TarriTée des dragons pi
française s
ose possibh
Le gouvernement s'oppose à l'introduction dans le comité de défense de trois députés élus par leurs collègues.
Si les villes n'étaient ni armées ni défendues, Paris ne devait-il pas s'attendre à voir au premier jour arriver les Prussiens ? Il comptait sur l'armée de Chftlons. Ëtait-ce une armée ou un amas confus d'hommes démoralisés et désencadrés? Se mettrait-elle entre nous et l'armée ennemie, ou marcherait-elle, comme le bruit en courait, vers le Nord-Est, nous abandonnant à nos propres ressources, avec des fortifications non encore complétées, et la garde nationale mobile et sédentaire pour tout effectif? Ou nous laissait, sans nous éclairer par un mot, agiter ces redoutables problèmes. Autant la présence du danger excite les courages, autant l'incertitude les énerve. Une seule parole aurait suffi :
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« Nous se savons pas quel jour vous serez iiiYestis, mais vous le serez infailliblement. Tenez-yous pr6U comme si l'ennemi devait arriver demain. > M. Trocfaa, qui parla ainsi, fut désavoué par les ministres. Us dirent en pleine Chambre qu'on n'avait pas compris sa proclamation : a II ne faut pas effrayer. »
Le bruit se répandit que les éclaireurs ennemis avaient paru dans TÂube en même temps que dans li Marne. Le ministre de l'intérieur, interrogé, répond : « Je ne sais rien; je n'ai vu aucune dépêche. » Le surlendemain, il est mieux informé; il s'empresse de dire à la Chambre « qu'effectivement on a aperçu des éclaireurs ennemis dans le département de l'Aube. »
« Les Parisiens, dit M. Arago, voudraient bien savoir à combien de journées de Paris se trouvent les Prussiens. )) M. de Palikao épond : « Messieurs, si, pendant que je suis ministre de la guerre, un officier, de quelque grade qu'il soit, commettait l'indiscrétion qu'on me demande de commettre, je le ferais fusiller. »
Quand on est vainqueur, de pareilles réponses passent pour de la magnanimité ; on doit parler plus modestement, se montrer plus traitabic quand on est vaincu par sa faute. M. de Palikao, je le reconnais, multipliait les efforts depuis son entrée au ministère; mais les fautes du gouvernement qu[il représentait lui faisaient au moins une obligation de la politesse. Il semble que cette grande ville, qui va être d'un jour à l'autre investie, bombardée, prise d'assaut, mise au pillage, ou condamnée à la famine, a quelque sorte de droit à demander combien il reste de jours à chaque* famille pour faire ses préparatifs. Mais non! c'est un secret