‹ Souvenirs du règne de Louis 14 (volume 3)Chapitre 11 sur 44 · IV · texte numérisé non relu

IV

iU SOUVENIRS DU RÈGNE DE LOUIS XIV.

« Monsieur,

{( Le mareschal d'Aumont receut ordre de Son Éminence à Vitry de faire aile avec ses Irouppes où il se trouvoit, supposant que ce seroit entre Châlons et Reims, ce quy l'obligea d'envoyer les Irouppes de M. de Longueville et autres, faisant le nombre de deux mille cinq cens hommes à M. de Turenne; et, ce mesme jour, avec les trouppes de nos garnisons, compris le régiment de Chappes, faisant le tout six cens chevaux et six cens hommes de pied, nous vinsmes loger à Collu * près Châlons. Le lendemain, nous quittâmes notre bagage et partîmes pour Cédan^ ; mais à deux lieues de Châlons nous rencontrasmes nouvelles que M. le Cardinal n'estoit qu'à deux lieues de nous avecq toute sa famille. L'ayant trouvé, il nous receut avecq toute sorte de santé et un visage qui ne se porta jamais mieux. S'il n'a changé d'avis depuis hier au soir, il partira demain pour l'armée avec quinze cens chevaux quy n'est pas un petit renfort au temps où

' Colus, village.

* Sedan, sur la Meuse, ville forte où le cardinal Mazarin venait de passer la majeure partie du temps de son exil. On sait que le maréchal de Turenne était né dans cette ville dont la principauté avait appartenu à son pure, le duc de Bouillon.

nous sommes, et de là, il prétend s'en venir à Paris au plus test *.

« Monsieur,

« Vostre très-humble et trèsobéissant serviteur, « D- M. Broglia. »

« De Châlons, ce 26 novembre 16b2 '. »

De Châlons-sur-xMarne, la route était libre pour aller à Paris; cependant le cardinal Mazarin, au lieu de s'y rendre, comme chacun s'y attendait, préféra rejoindre l'armée du maréchal de Turenne. Se souvenant de son premier métier de capitaine et s'inspirant de l'exemple du cardinal de Richeheu, voulait-il conquérir de sa propre main quelques trophées? Plus volontiers nous croyons qu'il n'était pas fâché d'attendre pour être mieux rassuré sur l'état des esprits à Paris et sur l'impression qui pouvait être produite par la nouvelle du premier pas qu'il venait de faire. Au-dessus de ces considérations, un obstacle dont nous aurons à parler retenait son impatience d'aller ressaisir dans la capitale même sa souveraine autorité.

• Nous supprimons le dernier paragraphe de cette lettre où il n'est question que du rang disputé au comte de Broglie par d'autres lieutenanls généraux.

* Lettre inédite ; Archives du ministère de la guerre, vol. 134,

Pendant le séjour qui se prolongea jusqu'au 2 décembre du cardinal Mazarin à Châlons, le duc de La Rochefoucauld, passant par cette ville pour aller retrouver le prince de Condé, fit demander au cardinal s'il lui permettrait de lui rendre ses devoirs. Le cardinal lui fit répondre qu'il le remerciait de sa civilité; mais qu'il ne croyait pas à propos qu'il le vit*.

Après avoir laissé à Châlons sous la garde de M. de Vaubecourt^, qui en était gouverneur, le précieux convoi de nièces qu'il avait ramenées avec lui, le cardinal Mazarin se rendit donc à l'armée. Sa présence y aplanit les rivalités qui venaient de se produire entre le duc d'Elbeuf et le maréchal de Turenne pour la supériorité du commandement^.

Depuis la prise de Bar-le-Duc par le prince de Condé, le maréchal de Turenne avait reçu des renforts qui l'avaient décidé à prendre résolument l'offensive. Il était allé passer la Meuse à Vaucouleurs * ; il avait obligé le prince de Condé à déloger

1 Bela'ion inédite déjà citée.

î Petit-lils de Jean de Nettancourf, comte de Vaubecourt, mort en I6i2, et gouverneur lui-mâme de Châlons. Voy. les Historiettes de Tallemant des Réaux.

8 Rdat^on inédile déjà citée.

♦Aujourd'hui chef-lieu de canton du département de la Meuse. Jeanne d'Arc y révéla sa mission au sire de Baudriçourt.

de Void* pendant la nuit, et de Commercy ^ le lendemain ; toutefois, ce prince avait laissé une garnison dans les deux châteaux de Commercy, en se retirant à Saint-Mihiel ^ Le maréchal deTurenne avançait toujours; le prince de Condé, ne se trouvant pas en force pour tenir ferme, ne put faire autrement que de battre en retraite jusqu'à Damvil- 1ers*, sur la frontière du Luxembourg. Ce prince n'avait plus avec lui que douze mille hommes, et n'était plus soutenu par la proximité de l'armée espagnole, le comte de Fuensaldagne ayant rétrogradé sur la Flandre sous le prétexte qu'il ne devait pas hasarder légèment les forces du roi d'Espagne. Sur l'effectif dont se composait alors l'armée du prince de Condé, six mille hommes provenaient des levées que le prince de Tarente avait amenées du pays de Liège. Cet important service avait eu la contre-partie fâcheuse de priver le prince de Condé du concours de celui qui était surnommé son bras droit. Par reconnaissance pour Tarente, Condé lui avait conféré, sous lui, le commandement

' Aujourd'hui chef-lieu de canton du département de la Meuse.

* Ville de Lorraine qui avait le titre de principauté, formant antérieurement deux seigneuries distinctes appelées le Château-haut et leChâleau-bas; aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement du département de la Meuse.

' Ville de Lorraine sur la rive droite de la Meuse.

* Bourg de Lorraine, qui tire son nom du couvent de Dam et de la forteresse de Villers.

supérieur ; le comte de Tavannes qui jusque-là avait exercé cette fonction, demanda son congé. Le prince Condé lui fait envisager qu'il n'a pas d'autre moyen de témoigner sa reconnaissance à Tarente, et le supplie de consentir au moins à partager le commandement. Tavannes demeure inflexible. « Allez donc, lui dit le prince de Condé, les larmes aux yeux, donnez à Mazarin la joie de m'avoir arraché mon bras droit pour s'en servir contre moi-même. » « Monseigneur, réplique Tavannes, j'ai tout abandonné, j'ai tout sacrifié pour avoir l'honneur de vous suivre ; ma conduite justifiera toujours mes sentiments. Je donne ma parole à Votre Altesse de ne jamais paraître à la cour et dans les armées qu'elle ne soit rétablie dans tous les droits de sa naissance et de son rang. » Tavannes se retira dans ses terres, et le brave gentilhomme résista aux plus brillantes promesses pour ne pas manquer à sa parole*.

Le prince de Condé, en se repliant sur Damvillers, laissait derrière lui des garnisons dans les places qui lui appartenaient encore; mais il n'était guère à portée de venir à leur secours en cas d'attaque, situation dont le maréchal deTurenne ne manqua pas de profiter. Le maréchal entreprit le siège de Ligny *

1 Voy. l'Histoire du prince de Condé, par Désormeaux, et les Mémoires du comte de Tavannes.

* Ligny-en-Barrois.

qui capitula, et il attaqua Bar-le-Duc. A la nouvelle de l'investissement de Bar, 'où le cardinal était venu rejoindre l'armée du roi, Condé revint sur ses pas ; il était arrivé à Vaubecourt *, à cinq lieues de la place, comptant le lendemain fondre sur les lignes des assiégeants, lorsque ses troupes lui faillirent dans la main par l'indiscipline et le désordre. Vaubecourt était rempli d'approvisionnements de vins et de denrées; les soldats s'y abandonnent à toutes sortes d'excès. Le maréchal deTurenne, informé de ce qui se passe, marche sur Vaubecourt avec le maréchal de la Ferté, laissant devant Barle-Duc le duc d'Elbeuf et le maréchal d'Aumont. Le prince de Condé, à l'approche des troupes royales, fait sonner l'alarme; mais pas un soldat ne vient reprendre son rang sous les armes ; ce prince est obligé de faire mettre le feu aux quatre coins du bourg pour en chasser ses soldats; il les réunit avec peine en désordre dans la campagne, et il se trouve heureux encore de pouvoir opérer sur Clermont en Argonne, et de Clermont sur Stenai^, une prompte retraite.

Bar-le-Duc, livré à ses seules forces, fait encore une sérieuse résistance : la basse ville est empor-

^ Aujourd'hui chef-lieu de canton du département de la Meuse.

* Cette petite ville appartenait en propre au prince de [ . Condé ; elle lui avait été donnée par le roi, en 1646.

tée la première, la haute ville et le château capitulent douze jours après ; mais il avait fallu viugtdeux jours pour se rendre maître d'une place que le prince de Coudé avait prise naguère en un jour *.

Château - Porcien et Vervins^ succombèrent promptement sous l'effort de l'armée royale. Le maréchal de Tu renne prenait ses dispositions pour le siège deSainte-Menehould, lorsque, la rigueur de la saison l'empêchant de donner suite à son projet, il fît prendre à ses troupes leurs quartiers d'hiver.

De son côté, le prince de Coudé mit son armée en quartiers dans les Pays-Bas et alla lui-même passer l'hiver à Bruxelles. Le duc de Wurtemberg qui, depuis plusieurs mois, partageait avec ce prince les fatigues de la guerre, venait de mourir emporté par une maladie.

La suspension des opérations militaires ôtait tout prétexte à la prolongation du séjour du cardinal Mazarin sur le théâtre de la guerre; mais, comme il n'en prenait pas davantage le chemin de Paris, le vrai motif de sa temporisation se trouva dévoilé.

Paris n'était pas assez grand pour contenir deux ambitions telles que celles du cardinal Mazarin et

* Voy. la lettre précédente du maréchal de Turenne du 20 novembre .

' Ancien marquisat de la maison de Coucy.

du cardinal de Retz; celui-ci, toujours à Paris, surnageait encore, après le naufrage de son parti. Fatalement l'une des deux éminences devait s'évanouir sous le choc de l'autre. Bien que le cardinal de Retz fût tout meurtri encore de ses échecs de la Fronde, néanmoins le faire disparaître ne semblait pas une œuvre facile pour son rival, quelque fût sa puissance. Le cardinal de Retz avait avec Paris les attaches inamovibles de son autorité ecclésiastique, comme coadjuteur du diocèse; il y avait à compter avec son ascendant sur le clergé et le peuple des paroisses, avec la cour de Rome qui lui donnait son appui. Certaines considérations même de politique intérieure ou de reconnaissance semblaient devoir le faire ménager; il venait de prendre une part considérable aux négociations qui avaient facilité la rentrée du roi dans Paris. Le cardinal Mazarin, d'accord avec la reine, étudiait sans se hâter, pour frapper un coup plus certain, les combinaisons diverses qui pourraient l'amener à ses fins sans courir le risque de déchaîner de nouvelles tempêtes. Trois combinaisons, considérées comme les meilleures, furent classées à part pour être plus spécialement étudiées, sauf à choisir entre elles : la première consistait à désarmer son rival par l'importance même des avantages qui lui seraient offerts; la seconde se basait sur la violence ouverte, la troisième sur la ruse. Il n'est

pas nécessaire d'avoir approfondi beaucoup le caractère du ministre italien pour être assuré que la troisième combinaisonj'emportait dans ses préférences.

Néanmoins le désir de se défaire d'un homme incommode et dangereux était tel, que les trois combinaisons furent mises en œuvre.

Par la première, avec des sommes d'argent considérables, une ambassade à Rome était offerte au cardinal de Retz sous le titre de surintendance des affaires du roi en Ilalie; mais les amis du coadjuleur qui ne prétendaient pas avoir servi gratuitement sa cause, le duc de Brissac qui voulait le gouvernement d'Anjou, Caumartin une place de secrétaire d'État, Joly la charge de secrétaire des commandements du duc d'Anjou, l'abbé Charrier une riche abbaye, se révoltèrent contre un arrangement qui laissait de côté leurs intérêts; et, plus haut que tous les autres, Montrésor* s'écria en jurant : a Nous ne sommes pas des gens à manger des pois au veau ^. » Le coadjuteur influencé par son entourage répondit par un refus. Cette conduite lui parut d'autant plus habile que cette avance le confirmait dans la conviction qu'il

t Claude de Bourdeille, comte de Montrésor, de la cabale des Importants, qui a laissé des Mémoires qui s'arrêtent avant l'époque de la Fronde.

* Mémoires du cardinal de Retz.

inspirait à la cour une frayeur de nature à lui permettre d'en tirer des avantages bien autrement éclatants.

Servien avait été le négociateur de cette première combinaison. L'abbé Fouquet, qui nourrissait contre U cardinal de Retz les rancunes d'un rival auprès de mademoiselle de Chevreuse, fut l'ordonnateur empressé de la seconde. Pradeile, capitaine au régiment des gardes, fut chargé de l'arrestation du cardinal; il était porteur d'un ordre écrit par Le Tellier lui-même qui portait au bas de la main du jeune roi : « J'ai commandé à Pradeile l'exécution du présent ordre en la personne du cardinal de Retz, mesme de ïarrester mort ou vif en cas de résistance de sa part. » Cet ordre fut remis, en trois exemplaires, à trois émissaires différents. Des informations furent prises par Pradeile sur les habitudes du cardinal, et plus particulièrement sur la direction qu'il donnait à ses excursions nocturnes. Touteville, autre capitaine aux gardes, loua, dans le même but, une maison proche de celle de la présidente de Pomereu pour y aposter ses satellites. Le cardinal, qui ne sortait d'habitude qu'accompagné de gens armés, prit des précautions d'autant plus grandes qu'il fut averti du péril , un de ses serviteurs lui ayant révélé la tentative faite par un autre émissaire, Le Fei, officier d'artillerie, pour connaître ses fréquen-

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talions. Les tenlatives d'atlaque et d'enlèvement nocturne furent donc indéfiniment ajournées. Quant à une attaque et à un enlèvement en plein jour, il n'y fallait pas songer en raison de l'émotion qui s'en serait suivie dans tout Paris.

A défaut du succès des deux premières combinaisons, restait la troisième; elle convenait d'ailleurs mieux à la reine, portée à la douceur, que les extrémités qui eussent été la conséquence inévitable du succès de la précédente combinaison. La ruse, avons-nous dit, était la condition de la réussite de cette troisième combinaison ; elle consistait pendant une visite au Louvre à faire arrêter lecardinal. La difficulté était grande encore : le coadjuteur méfiant avait cessé de paraître à la cour. On lui fit adroitement savoir que la cour était disposée à s'accommoder avec lui et à lui donner satisfaction pour ses amis ; ceux-ci, avisés en même temps de ces fallacieuses dispositions et alléchéspar l'appât, ^pressèrent eux-mêmes le cardinal par leurs vives instances à se rendre à l'appel de 1» faveur. En définitive, dédaignant quelques avis^ qui le prévinrent du danger, le 19 décembre, le cardinal de Retz parut au Louvre dans l'appartement de la reine où se rendit le jeune roi. Le prélat n'obtint de la reine que ces seules paroles : « Monsieur le cardinal, on m'a dit que vous avez" été malade; on le voit bien à votre vi-

sage; mais il paroit pourlant assez bon pour juger que le mal n'a pas été grand*. » Après une conversation indifférente de quelques instants entre la reine et les personnes présentes, le cardinal, piqué de cette froideur, se retira. Dans l'antichambre, M. de Villequier, capitaine des gardes, lui signifia qu'il l'arrêtait au nom du roi. Sous bonne escorte, le prisonnier fut conduit à Vincennes.

Cette arrestation, dont la nouvelle ne se répandit qu'avec quelque lenteur dans Paris, n'y produisit pas l'émotion populaire si redoutée parla politique royale et sur laquelle le coadjuteur avait compté, basant sur cette illusion son audace vis-à-vis de la cour. Mais le peuple aime les forts et les heureux ; il délaisse volontiers ceux que la fortune abandonne. Le clergé de Paris voulut protester, le Chapitre surtout qui ordonna les prières des quarante heures; mais l'archevêque, soupçonné de quelque jalousie à l'égard de son neveu le coadjuteur, depuis que celui-ci avait revêtu la pourpre qu'il n'avait paslui-même, étant allé porter au roi les remontrances du clergé, sur un reproche de la reine, désavoua les prières des quarante heures. Il en rejeta l'ordre sur le Chapitre, et il se tint satisfait de quelques promesses qui n'allaient pas au delà de ménagements à apporter à la captivité du prisonnier.

^ Mémoires de Guy Joly.

Il était à craindre que le mécontentement de la cour de Rome ne se manifestât d'une manière plus sérieuse que celui de l'archevêque de Paris. Nous savons que le Saint-Siège avait envoyé en France un nonce dont la mission avait pour but d'appuyer le cardinal de Retz contre le retour imminent du cardinal Mazarin ; le coup hardi qui venait de frapper son protégé le coadjuteur de Paris ne pouvait que l'irriter davantage. Le procédé dont la cour avait usé envers le nonce pontifical qui s'était vu barrer le passage en Provence, pour qu'il ne pût même pas faire de représentations importunes , était peu fait pour l'apaisera L'absence du cardinal Mazarin, prolongée à dessein, venait à point pour permettre de faire à la cour de Rome une plausible répojise : le cardinal ne pouvait être responsable d'une arrestation opérée en son absence, alors qu'il n'avait pas encore repris la direction des affaires de l'État. Sa rentrée au pouvoir ne devait donc pas être une occasion de brouilleries avec la cour de Rome. Celle-ci éprouva en effet le plus vif ressentiment, mais, dans la crainte de s'engager imprudemment, elle ne fit aucun éclat.

»Chap. 31, p. 142.

Les auteurs de Mémoires disent que le Nonce avait été envoyé en France exprtis pour protester contre l'arrestation du cardinal de Retz; mais les preuves authentiques et inédites du chapitre précédent établissent que sa mission était antérieure à celte arrestation.

Le nonce ne parut pas à Paris; il repartit de la Provence pour l'Italie sans avoir pu remplir la mission pour laquelle il avait été envoyé.

Tous les obstacles étant aplanis, le cardinal Mazarin pouvait enfin effectuer son retour si désiré. 11 arriva à Paris le 3 février 1653. Son entrée fut un triomphe ; tout ce que la cour renfermait de plus éminent accourut au devant de lui jusqu'à Dammartin ; le roi lui-même vint à sa rencontre au Bourget et le ramena dans son carrosse au Louvre où l'attendait la reine. Ses nièces, sur lesquelles sa politique devait étaver bientôt la base d'une grandeur qui ne devait plus déchoir, furent logées avec lui dans le palais des rois *.

La rentrée du roi dans Paris et le retour du cardinal Mazarin marquent une phase décisive de la Fronde. Au centre elle n'était plus ; au nord, elle avait perdu pied avec le prince de Condé rejeté

* « Ledit jour, 3, arrivèrent aussi parla porte Saint-Antoine les ni('ces de Son Éminence, au dovatit desquelles estnyent allées la princesse de C.irignan, la priiioosso Louyse, sa fille, la mareschale de GuébrianI et quantité d'autres dames de condition. Elles vinrent descendre en l'hoslel de Vendosme, où la duchesse aussi accompagnée de plu?ieurs dames les reçut avec de trèsgrands témoignages d'afleclion, principalement envers la duchesse de Mei'cœur, sa belle-fille. Puis ayant esté conduites au Louvre, apr^s les favorables accueils qu'elles receurent de Leurs Majcstez, la lleyne les fît mener dans l'appartement qui leur avoil esté préparé au mesme lieu. » Gazette; art. daté de Paris, le 8 février 1653.

hors des frontières; de plus, de ce côté, elle avait abdiqué le caractère de guerre civile pour prendre exclusivement celui de guerre étrangère ; à peu d'exceptions près, tous les partisans français du prince de Condé l'avaient abandonné. En Guyenne seulement et dans quelques provinces limitrophes oîi nous allons reprendre le cours des événements, la torche des discordes civiles brûlait encore.

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