IV
rer de l'argent. Comme l'impunité est générale, ils font cette vie là et ruinent le royaume sans aucun péril, et le service du Roy demeure en arrière. Je n'ay point encore de nouvelles de celuy de Lyonnois. Je l'attens avec impatience; car estant un corps en qui j'ay grande confiance, s'il m'avoit joint, je serois en estât de ne guère appréhender le secours qu'on dit qui se préparent du costé de deçà. Depuis que les marquis de Lévy et Coligny sont dans le Bourbonnois, l'on continue à dire que l'on s'assemble pour tenter un secours ; cela m'oblige à marcher demain droit aux lieux oii on m'a dit qu'ils estoient ; et si ils sont dans leurs maisons, je les attaqueray et les prendray, si je puis. Cepen4ant j'ay creu devoir rendre une ordonnance contre tous ceux qui desservent le Roy, où je les ay nommés tous deux ; je vous en envoyé la copie et vous prie de m'envoyer nn ordre du Roy qui m'ordonne de pratiquer cette sévérité en toutes les provinces où le service du Roy le requerra, eb qu'il soit de plus vieille date que madite ordonnance. Vous voyez mon sens et vous ferez faire, s'il vous plaist, l'ordre comme vous scavez qu'il doit estre. Vous feres, s'il vous plaist, ordonner qu'on m'envoye des officiers d'artillerie pour exécuter huict pièces ; car devant qu'on les ait peu ramasser, je voy qu'on aura bien eu le temps d'avoir des munitions, ne pouvant m'imaginer que Son Eminence n'ait pas
donné les ordres à Lyon pour avoir des poudres comme il me l'a fait espérer, scachant bien qu'il n'a rien au monde si à cœur que les choses de la nature de celles où je suis engagé. J'ay icy plusieurs corps de cavalerie de tant de sortes de nature qu'on ne scauroit comprendre ce que c'est ; je vous envoyé une liste de leurs noms et de leur force. Je vous supplie de me faire scavoir de vos nouvelles et de croire que je suis avec passion.
(( Monsieur,
« Votre très-humble et trèsobéissant serviteur,