CHAPITRE XXII
Retour aux événements de Guyenne. — Rôle du prince de Conti.
— La duchesse de Longueville, le comte de Marsin et le conseiller Lenet forment un triumvirat directeur. — Rôle effacé de la princesse de Condé. — Chefs principaux de l'armée des princes. — Chefs principaux de l'armée royale. — Ordre du roi au marquis de Montausier d'exercer des sévérités dans la ville de Saintes. — Beaucoup de femmes tombent sous l'application de ces sévérités. — Difficultés de la démolition du château de Taillebourg. — Opérations militaires dans l'Aunis et la Saintonge. — Lettre du marquis du Plessis-Bellière à Le Tellier. — Brillants engagements de l'armée du comte d'Harcourt à Bruch et à Port-Sainte-Marie. — Le prince de Conti forcé de quitter précipitamment Agen. — Il est poursuivi l'épée dans les reins. — La ville d'Aiguillon lui refuse ses portes ; celle de Clairac lui ouvre les siennes et veut le livrer à l'armée royale. — Marmande refuse de le recevoir. — Ce prince tourne tète àLangon contre ceux qui le poursuivent.
— Il se rend à Bordeaux. — Difficultés imprévues éprouvées par le comte d'Harcourt pour prendre possession d'Agen. — Nouveaux troubles dans cette ville. — Délibérations des trois ordres. — Entrée solennelle du comte d'Harcourt. — Soumission volontaire d'un grand nombre de villes. — Les villes de la Réole et du Mas d'Agenais se préparent à soutenir un siège. — Le comte de Lislebonne emporte le Mas d'Agenais par une surprise. — Le comte d'Harcourt reçoit au Mas d'Agenais de nouvelles soumissions des villes voisines. — Fragment d'une lettre du comte d'Harcourt à Le Tellier. — Le comte de Marsin bloqué dans Nérac. — Désespoir de Couvonge, dont Marsin franchit les lignes de blocus en s'éehappant. — Le comte d'Harcourt marche sur Bordeaux avec sa cavalerie. — Le prince de Conti empêche l'ouverture de la
lettre du comte aux habitants. — Le trompette parlementaire maltraité par la populace. — Escarmouches entre les habitants de Bordeaux et l'armée royale. — Retraite du comte d'Harcourt dans le pays Entre-deux-Mers.
Retournons en Guyenne pour reprendre le fil des événements au point où les a laissés le prince de Condé à son départ d'Agen, alors qu'il se rendait à Bléneau. Dans cette contrée, le prince de Conti est demeuré le chef du parti de la Fronde , nous saurons sous quelles conditions et sous quelles restrictions; mais à lui appartiennent, en apparence , les honneurs , la responsabilité , et le fardeau du commandement suprême. Les apparences du premier rôle étaient dans la destinée de ce prince ; tel nous l'avons vu déjà à Paris, en 1649, remplissant les hautes fonctions de généralissime de la Fronde, mais placé sous la tutelle du duc de Bouillon , tel nous le retrouvons en Guyenne; les tuteurs seuls seront changés. Il avait cependant plus d'expérience acquise par trois années ajoutées à sa jeunesse, années écoulées dans les troubles, la captivité ou la guerre, vicissitudes qui avancent toujours la maturité de la vie. Bien que n'ayant que vingt-trois ans encore, il pouvait donc désirer une direction plus réelle , sans être taxé d'une présomption ,trop grande.
Malgré un irrésistible et funeste penchant pour le plaisir, il était devenu plus capable d'exercer d'une manière effective un commandement qui n'avait été précédemment accordé qu'au prestige de sa situation ; mais cette considération était , précisément de la part du prince de Condé, un motif de plus pour vouloir circonscrire l'autorité de son frère. Il ne suffisait pas à ce prince d'avoir rompu le projet de mariage de son frère avec mademoiselle de Chevreuse, mariage, du reste, que l'égoïsme des partis avait pu seul imaginer; il craignait que l'exercice de l'autorité, le goût des armes, le prestige de la gloire, ne F éloignassent définitivement de la carrière ecclésiastique. En outre, il n'était pas sans avoir conçu contre lui quelque défiance, le soupçonnant de cette tendance, commune alors à tous les chefs de parti , à faire des accommodements particuliers avec la cour, pour ménager des intérêts personnels aux dépens des intérêts d'autrui. Sous ce rapport, le frère jugeait son frère suivant sa propre image, et ne se trompait pas précisément. En vertu de la machiavélique maxime : « diviser pour régner, » le prince de Condé ne laissa donc au prince de Conti que la direction apparente des affaires de Guyenne, et en confia la direction réelle à un triumvirat, suivant la significative expression de Daniel de Cosnac dans ses Mémoires .
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Les trois personnages de ce triumvirat sont : la duchesse de Longueville, le comte de Marsin et le conseiller Lenet.
La duchesse de Longueville, spirituelle, belle et aventureuse princesse, ardente dans les conseils , au gré de ceux qu'elle aimait, gaie et calme dans les périls , personnifiait en elle l'esprit même de la Fronde. Bien plus, elle en était l'âme; elle lui donnait cette empreinte de chevaleresque galanterie qui, réveillant les souvenirs des preux, entraînait la noblesse. Beaucoup se flattaient de l'espoir de lui plaire; aspirants ou déçus, tous restaient fidèles; l'ingrat la Rochefoucauld seul , par une jalousie effrénée contre le duc de Nemours, avait rompu d'une outrageante manière. Lorsqu'un coup de mousquet, au combat du faubourg Saint-Antoine, le privera momentanément de la vue, il ira jusqu'à travestir les vers qu'il avait pris pour emblème de sa passion :
« Pour mériter son cœur, pour plaire à ses beaux yeux, « J'ai fait la guerre aux rois, je l'eusse faite aux dieux ! »
en ceux-ci :
« Pour ce cœur inconstant qu'enfin je connois mieux, « J'ai fait la guerre au roi, j'en ai perdu les yeux. »
La singulière fascination que la princesse exerçait sur le prince de Conti est connue. Nous ver-
36o SOUVENIRS
rons que plus d'une fois la princesse eut lieu de se plaindre des effets de sa trop magnétique influence; mais le prince de Condé, qui connaissait le degré d'exaltation de sa sœur pour la Fronde, comptait sur cette fascination comme sur le frein le plus puissant à maintenir son frère fidèle à sa cause.
Le caractère et le dévouement du second personnage ont été précédemment appréciés. Le comte de Marsin est revêtu de la confiance exclusive du grand Condé pour tenir la haute main sur toute la partie militaire de la Fronde de Guyenne ; mais son zèle exagéré et sa violence naturelle paralyseront plus d'une fois les avantages qui fussent ressortis de son courage et de ses talents militaires.
Aussi son autorité , en bien des circonstances, nuisit-elle plus aux intérêts du prince de Condé qu'elle ne les servit. Un passage précédemment cité ! des Mémoires du marquis de Chouppes établit nettement ce résultat, dont les événements nous apporteront la preuve manifeste, lorsque les difficultés suscitées par sa rudesse demanderont l'intervention calmante du prince de Conti.
Le troisième membre de ce triumvirat, Pierre Lenet, conseiller au parlement de Bourgogne, ne
1 Voy. 1. 1, p. 347.
nous est pas moins connu par son dévouement sans bornes à la personne du prince de Condé *. Son ardeur, qui ne se ralentissait jamais, était l'aiguillon qui stimulait les tièdes. Le prince de Condé, qui aimait à agir. d'après ses conseils, s'était d'abord proposé de le faire venir à Paris ; mais il avait changé de résolution sur la révélation faite par le duc de la Rochefoucauld de l'engagement secret pris à Montrond entre la duchesse de Longueville, le prince de Conti et le président Viole, de s'entendre au besoin contre lui pour continuer la guerre, afin d'être maîtres des conditions de la paix dans le cas où il voudrait la faire sans leur participation. Il appela Viole à Paris, sous prétexte de le charger de traiter avec la cour2. Lenet resta donc en Guyenne, où sa situation n'en devint que plus importante. A. lui sont dévolues, dans les rôles de ce triumvirat, l'administration, les négociations , enfin la correspondance avec le prince de Condé, qui forme un des plus précieux éléments des Mémoires qu'il a laissés.
Il semble qu'une quatrième personne eût été faite pour paraître au premier rang; c'est la princesse de Condé, qui s'était montrée si active
Voy. t. I, p. 322.
' * Voyez les Mémoires de Lenet , édit. Michaud et Poujoulat, p. 540.
et si énergique à l'époque du siège de Bordeaux *, alors que le prince son mari était prisonnier à Vincennes. Cependant elle n'a plus qu'une situation effacée. Son état, elle était grosse, dut en être une des causes , mais la principale fut que le prince de Condé n'avaij; jamais placé en cette princesse qu'une confiance très-limitée. Ajoutons encore que la présence de madame de Longueville ne pouvait guère laisser la première place à aucune autre femme.
Les défiances et les dégoûts sans cesse renaissants dont ce triumvirat d'influences environna le prince deConti, deviendront parla suite un utile secours à l'œuvre qu'entreprendra Daniel de Cosnac de ramener ce prince à la soumission à l'autorité royale. Il trouvera encore à l'appui de ses conseils un auxiliaire puissant dans l'état de troubles incessants, de conspirations, de dénonciations , de condamnations , d'exécutions , de massacres, dans lequel la ville de Bordeaux va se trouver plongée. Pour tout le monde, cet état était déplorable ; pour un prince trop porté aux jouissances de la vie, l'existence dans cette atmosphère sanglante et troublée devint d'autant plus facilement insupportable.
Le triumvirat, nous l'avons dit, concentrait la
1 Voy.t. I, p. 225 et suivantes.
direction générale civile et militaire des affaires. La guerre était plus particulièrement conduite, sous le comte de Marsin, par deux chefs principaux, le colonel BalthazarenPérigord, le comte du Dognon dans l'Aunis et la Saintonge.
Contre les généraux des princes , les forces royales étaient commandées par le comte d'Harcourt, général en chef; sous lui, par le comte de Lislebonne, son neveu, par Folleville, par Bougy, par le comte de Maure. Enfin, agissant avec une certaine indépendance de la direction du général en chef, le marquis du Plessis-Bellière tenait en respect, dans l'Aunis, le comte du Dognon, et le marquis de Montausier maintenait l'Angoumois et la Saintonge en donnant les mains aux partisans de la cause royale en Périgord.
Le marquis de Montausier déployait alors dans son gouvernement, et particulièrement dans la ville de Saintes1, les sévérités royales. Les femmes mêmes, très-frondeuses, paraîtrait-il, et dignes émules de madame de Longueville , n'en étaient pas exemptes ; la lettre inédite suivante , du roi au marquis de Montausier, (Jonne un aperçu de ces mesures :
1 Voy. sur la prise de Saintes, 1. 1, p. 424 et suiv.
« Du 3 avril 1652, à Sully.
« M. le marquis de Montauzier, ayant été bien informé que lorsque mes sujets rebelles s'emparèrent de ma ville de Xaintes, aucuns des officiers et habitans d'icelle contribuèrent à leur dessein et témoignèrent leurs mauvaises intentions contre mon service au préjudice de la fidélité et obéissance qu'ils me doivent, et voulant leur faire sentir et connoître publiquement le mécontentement que j'ai de leur conduite, je vous fais cette lettre pour vous dire que vous ayez à faire commandement de ma part au lieutenant criminel en madite ville de Xaintes, de s'en retirer pour trois mois et aller en ma ville de Limoges ; au maire Pichon, d'aller pour le mesme temps à Saumur; au nommé Rioullet, médecin, d'aller pour le mesme temps à Loudun ; à l'Académiste, de sortir de ladite ville et gouvernement de Xaintonges et Angoulmois, avec défenses d'y retourner jusques à ce qu'il en ait permission de moy ; aux damoiselles de Magezoy, de se retirer aussy de ladite ville pour aller hors de votre gouvernement ; aux damoiselles de Ladome et de Lossendières, de se retirer en leurs maisons à la campagne; aux nommés Forestier, marchands, et les Dodonnets et Aimery, appoticquaires, de sortir de ladite ville ,
avec défense d'y retourner "jusques à nouvel ordre ; et parce que j'ai sceu que les nommés Jean Bernard, Serrimond, Lereullet, Bellisson^ procureur, la Fernandoize, Chamblay, advocat, et les damoiselles de Saint-Seurin et Saint- André, ne se sont pas conduits comme ils dévoient sur l'entrée des ennemis dans madite ville, je désire que vous leur témoignez que j'en ai beaucoup de mécontentement, et que s'ils ne tiennent une meilleure conduite à l'avenir, je serai obligé d'y pourvoir par mon autorité ; que le maire du Bourg et les nommés More et Poirodeau étant les plus coupables d'entre lesdits habitans de l'introduction des ennemis en ladite ville, je désire que vous ordonniez de ma part audit maire de se retirer en ma ville de Châtelraut et de n'en point partir, et que cependant vous fassiez informer de ses déportemens et fassiez arrester lesdit* More et Poirodeau et les mettre prisonniers en la citadelle de Xaintes ou en tel autre lieu que vous estimerez à propos, me fesant sçavoir comme vous aurez satisfait à l'exécution de ce qui est en cela de ma volonté ; et la présente n'étant pas pour autre fin, je prie Dieu, etc. *. »
1 Lettre inédite, Arcli. du Minist. de la guerre, vol. cxxxv.
Pour enlever à l'insurrection ses points d'appui, si elle eût voulu se relever en ces contrées, les places et les châteaux étaient démantelés. La démolition du château de Taillebourg était considérée comme l'une des plus importantes ; les escarpements du rocher sur lequel il était situé formant un des principaux éléments de sa force, la mine attaquait et faisait sauter le roc même qui servait d'assises aux murailles. La poudre en quantité suffisante manquait seule pour achever cette œuvre de destruction ; les villes de la province , requises à cet effet , mettaient peu d'empressement à la fournir. Marin i écrivait à ce sujet à Le Tellier : « 11 n'y a que les villes de Xaintes et de Coignac qui aient voulu contribuer; celles d'AngouIesmes et de Saint-Jean d'Angely m'ayant refusé tout à plat2. »
Les principales places qui résistaient encore dans ces contrées étaient, outre Brouage 3, le repaire du comte du Dognon, celles de Marennes4,
' De Sainte-Colombc-Marin, maréchal de camp, l'un des héros du siège de Miradoux. Voy. t. I, p. 408.
2 Lettre datée de Saintes, le 5 avril 1652; archives du Ministère de la guerre, vol. cxxxm.
3 Ville fortifiée et port de mer en face de l'île d'Oleron.
4 Marennes, qui tire probablement son nom des marais qui l'environnent, est aujourd'hui un des chefs-lieux d'arrondissement du département de la Charente-Inférieure.
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de Talmont1, de Saint-Sornin *. Le marquis du Plessis-Bellière reçut mission de les réduire. Il rend compte en ces termes de ses opérations à Le Tel lier :
« 7 avril 1652.
« Monsieur ,
«J'arrivai vendredy devant cette place, et du mesme temps je formai le siège, après avoir esté recongnoistre la place que je trouvai fort bonne, comme en effect elle l'est ; la muraille estant très dure, le canon n'y faisant presque rien, et y ayant un très beau fossé. Nous y avons tiré environ deux cens volées de canon, qui ont razé une bonne partie de leurs défenses, et ayant faict faire hier au soir et cette nuit un logement sur le bord dudit fossé, les ennemis en ont esté estonnés et se sont retirés ce matin, deux heures devant le jour, dans leurs vaisseaux, ce qui m'a en quelque façon surpris , veu qu'ils faisoient mine de se devoir bien défendre et qu'ilz le pouvoient. Ils ont pris la route de Tallemont. Quoy que cette place n'ait tenu guière de temps, nous n'avons pas délaissé
1 Talmont, petite ville fortifiée, appuyée d'un fort château, n'est plus qu'un simple bourg du département de la Charente- Inférieure.
2 Saint-Sornin ou Saint-Surin-de-Marennes, village proche de Marennes.
d'y user de nos poudres et munitions , dont nous sommes bientost à bout, et n'y en a pas présentement pour faire le siège de Tallemont. Bien que ce ne soit le tout, cette raison m'empesche de l'entreprendre, car il y a cinq cens hommes dans la place et dix ou douze vaisseaux derrière. En outre, quand les vaisseaux du Roy seront arrivés, cette place ne tiendra pas, et cependant ' elle ne nuit à rien. Tout le monde veut que l'on aye le dessein des Isles2. Je crois que M. de Xaintes 3 vous a escrit sur ce subjet. Je vous supplie très humblement, Monsieur, de me mander ce que j'aurai à faire ; cependant j'agirai en toutes choses pour le mieux, et vous asseure que je tascheray par toutes mes actions de vous faire congnoistre que je suis,
« Monsieur,
« Vostre très humble et très obéissant serviteur,
« Du Plessis-Bellière.
« Au camp de Saint-Surin , le 7 avril 1652 4. »
1 Le mut cependant est employé dans le sens de en attendant.
2 C'est-à-dire de s'emparer des îles d'Aix, de Ré et d'Oleron, que le comte du Dognon tenait sous sa domination.
3 Louis de Bassompierre, évèque de Saintes.
4 Lettre inédite, Archives du Ministère de la guerre, volume cxxxm.
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Les opérations militaires de l'Aunis ne marchèrent, du reste, jamais avec activité dans le cours de cette campagne; Du Plessis-Bellière ne disposait que de forces médiocres; la flotte royale n'était pas encore réunie dans ces parages; et quant aux armées de terre, c'était ailleurs également que la cour concentrait leur effort. Aussi Brouage, qui était la place essentielle à réduire, ne capitulera-til point dans la suite sous l'étreinte d'un siège; le comte du Dognon fera de sa soumission volontaire l'objet du plus avantageux accommodement pour ses intérêts et pour son ambition.
Le comte d'Harcourt, depuis le départ du prince de Condé, était resté dans la haute Guyenne avec le gros des forces de l'armée royale, dont il venait de passer une revue générale1. La ville de Condom ayant fait sa soumission, il avait logé ses troupes en quartiers dans le pays d'alentour, afin de leur accorder momentanément un repos nécessaire après la marche rapide exécutée pour voler au secours du marquis de Saint-Luc, et après les chaudes affaires qui en avaient été la suite2. Par une tactique fort en usage dans la guerre de la Fronde , les incontestables succès qu'il avait obtenus avaient été transformés en une défaite aux yeux des habitants de Paris; une
1 Voy. t. I, p. 416.
! Voy. t. I, p. 4H et suiv.