‹ Souvenirs du règne de Louis xivChapitre 10 sur 100 · LETTRE DU PRINCE DE CONDÉ AU PRINCE DE CONTI · texte numérisé non relu

LETTRE DU PRINCE DE CONDÉ AU PRINCE DE CONTI

« Je vous escris rarement ; mais je crois que le comte de Fiesque vous aura instruit de toultes choses. J'àttens de vous que vous adjouterés entière créance à ce que MM. Lenet, de Marsin et luy vous diront de ma part ; que voub me continuerez tousjours vostre amitié et que vous serés bien persuadé

que personne ne vous peut aimer à Teggal de moy.

LoDis DE Bourbon.

(c Au camp de Fonsomme, ce 29 juillel 1653 *. » LETTRE DU PRINCE DE CONDÉ A VILARS.

a Monsieur de Yilars, je n'ay receu que depuis peu de jours vos deux lettres des 2 et 16 juin; je sçay bien de quelle vigueur et résolution vous travaillez à maintenir Bourdeaux, et quand vos lettres n'en feroient aucune mention, je n^aurois pas laissé d'en eslre bien informé par M. Lenet qui ne m'escrit aucune lettre qu'il ne me parle de vostre conduite avec tous les advantages possibles. Je vous prie de soustenir les affaires jusqu'au bout avec la mesme fermeté que vous avez toujours fait et de croire que jeseray toujours,

« Monsieur de Yilars, Vostre très affectionné amy,

(( Louis de Bourbon.

(( Du camp d*Esdin, près Saint-Quentin, le 29 juiUet 1653 *. »

Pendant que le prince de Coudé écrivait les deux

* Lettre inédite en entier de la main du prince de Ck>ndé; papiers de Lenet, Bibliothèque nationale, fonds français, 6716, f»6i.

' Lettre inédite ; papiers de Lenet, Bibliothèque naUonak, fonds français, 6716, f» m. U suscription de la lettre est celleci : A monsieur de Vilars, advocat en Parlement, à Bourdeaux.

lettres qui précèdenl, Caillet, son secrétaire, mandait à Lenet les nouvelles les plus encourageantes pour ranimer Tardeur des habitants de Bordeaux.

Depuis le commencement de Tannée les armées du nord, par l'effet d'un réciproque épuisement, étaient presque constamment restées dans une attitude expectante, prolongeant bien au delà de la saison accoutumée leurs cantonnements dans leurs quartiers d'hiver. Elles ne s'étaient mises en mouvement qu'au commencement de juillet, époque où le maréchal de Turenne avait assiégé Rélhel qu'il emporta sur le marquis de Persan, l'ancien défenseur de Montrond *. Le 16, le roi s'était rendu à son armée avec le cardinal Mazarin ; et, pour cinquante mille écus donnés à Manicamp ^, il s'était assuré dé la Père que ce gouverneur était sur le point de livrer au prince de Condé. Le 25, le roi, après avoirvu son armée rangée en bataille au camp de Saint-Âlgis, sous les ordres des maréchaux de Turenne et de la Ferlé, alla camper avec elle à Ribemont ; et, le 29, il la quittait pour retourner à Paris^ .

A ce moment le prince de Condé avait pris l'offensive ; après avoir joint ses troupes à l'armée espa-

* Voy. tom. IV, chap. xxx.

* AchUles de Longueval, seigneur de Manîcamp, gouverneur de Colmar et de la Fère, dont la fille Gabrielle fut la troisième femme de François-Annibai duc d'Ëstrées, maréchal de France. Voy. VHistùire généalogique du P. Anselme.

* Voy. les Mémoires de Montglat.

gnoIe commandée par le comte de Foessaldagn^, et à l'armée lorraine, sous les ordres du chevalier de Guise, il avait franchi la frontière de France et était allé camper à Fonsomme avec le projet de s'avancer à Magny pour entreprendre ensirilele siège de No^on. Le prince de Condé commandait en chef trentecinq-mllle hommes ; l'armée française n'en comptait que dix-huit mille. Aussi Caillet annonçait avec assurance que le prince de Condé dicterait bientôt les conditions de la paix.

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