‹ Souvenirs du règne de Louis xivChapitre 9 sur 100 · A MONSIEUR LE DU-C D-E SAINT-SIMON · texte numérisé non relu

A MONSIEUR LE DU-C D-E SAINT-SIMON

c A Paris, le 29 juiUet i^53.

« Je me resjouîs de tout mon cœur avec vous que l'on ayt descouvert la dernière conjuration qui s'étoit formée pour surprendre Bordeaux et remettre la Guîenne dans de plus grands troubles que jamais ; et je vous asseure que le bonheur que vous avez eu d'éviter le péril dont vous estiez menacé, a fait une des plus sensibles parties de ma joye. Je croy que Ton n'oubliera rien pour sçavoir les circonstances d'un si meschant dessein, et que la punition des coupables affermira pour un long temps le repos dans la province. Xa prise de Trancas ne contribuerait pas peu, et je m asseure que sur l'avis que vous a donné M. d'Estrades qu'il n'estoît qu'à huicl lieues de Blaye, vous aurez fait toutes lés diligences imaginables pour l'attraper. L'on pourvoira autant qu'on le pourra aux nécessités de vostre place et en toutes choses vous esprouverez que je suis*... »

La conjuration à laquelle le cardinal Mazarin fait allusion dans sa lettre, ne peut être que la tentative aussitôt abandonnée de ranimer le parti de la guerre

* Minute inédile; Archives nationales, KK, 1221, f*» b07.

SOUVENIRS D(J RftGirfE: DE LOUIS- XIV. 93

à Bordeaux lorsqne la nouvelle de Tarrivée de la flotte espagnole à Fembouchure de la Gironde y était parvenue. Cette lettre nous apprend en même temps un fait que nul autre document ne nous a signalé, c'est que le conseiller Trancas avait quitté l'Angleterre potïf revenir dansp la Guyenne où Ton espérait s'emparer de sa personne.

Si la cour avait été tardivement informée des événements qui s'accomplissaient à Bordeaux, il est mtoins surprenant que le prince Je Condé, pfus éMgné, le- fût plus tardÎTement encore; alors que tottl' est perdu pour Itii h Bordeaux, il est encore rempli cTilliisions et il écrit les deux lettres suivantes, Tmie, au prince, son frère, qui vient de se soustraire au joug auquel il' lui prescrit encore de se soumettre; l'autre au méprisable Vilars qu'il comBfe d'éîoges, afin de réchauffer son zèle.

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