‹ Souvenirs du règne de Louis xivChapitre 16 sur 100 · LE ROI AU DUC DE CANDALE · texte numérisé non relu

LE ROI AU DUC DE CANDALE

« 2 août 1653.

« Mon cousin^ encore que par le Mémoire que je vous ai fait adresser, en date du 28 du mois passé, touchant la capitulation à faire pour la reddition de la ville de Bordeaux, lequel doit être commun entre vous et mon oncle le duc de Vendôme, je vous fasse connoître que je ne désire point qu'il soit accordé autre chose au prince de Conty, sinon un passeport pour se pouvoir retirer en sûreté de Bordeaux en Espagne, néantmoins j'ai voulu vous faire cette lettre pour vous dire que je trouve bon que vous lui accordiez en mon nom la hberté de se retirer à Rome, le pardon, l'abolilion et l'oubli de tout

ce qu'il a fait ou entrepris contre mon service depuis les présents mouvements, la liberté de jouir de tous les biens gui lui sontécheus de sa maison, ensemble des revenus de ses bénéfices sans qu'il puisse prétendre de faire les fonctions ny de jouir des appointements de gouverneur de ma province de Champagne ; à la charge toutes fois d'accepter pour lui le pardon que je lui accorde et de renoncer à toutes ligues, associations et traités qu'il peut avoir fait avec les ennemis et rebelles tant dedans que dehors le royaume et de remettre la place de Damvilliers en mon pouvoir pour estre gardée par celuy que je choisiray pour y commander tandis que la guerre actuelle durera, après quoy je la ferai rendre audit prince de Conty. Que s'il fait difficulté d'accepter le pardon en la forme cy-dessus et de remettre la place de Damvilliers en mon pouvoir, je désire qu'il lui soit seulement accordé un passeport pour se retirer à Rome sans pardon, ni jouissance de ses biens, et m'assurantque vous vous conformerez en ce qui est de ma volonté, je ne vous ferai cette lettre plus longue que pour prier Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.

Louis.

« J'ai écrit une semblable lettre à celle cy-dessus à M. le duc de Vendosme ledit jour*. »

* Document inédit 5 Archives du ministère de la Guerre, toL 140. vni. 10

MEMOIRE TOUCHANT LES ARTICLES PROPOSEZ PAR CEUX DE BORDEAUX ET LA RÉPONCE QUI Y A ÉTÉ DONNÉE PAR MES- SIEURS LES DUCS DE VENDOSME ET DE CANDALLE ET SUR CE QU'ILS AURONT A FAIRE EN TRAITTANT DE LA RÉDUC- TION DE LADITE VILLE.

« Du 2^ aoiist 1653.

« Le Roy, ayant eu sujet de croire, par les avis qui lui avoient été donnez de la disposition des choses dans Bordeaux, que la ville seroit bientôt obligée d^entrer en traité pour se remettre en son obéissance, Sa Majesté jugea à propos, outre les letlres qu'elle avoit fait adresser peu de jours auparavant au sieur d'Estrades pour n'estre conduites à MM. les ducs de Vendosme et de Candalle qu'alors qu'ils se parleront de la capitulation de la dite ville, de leur faire plus particulièrement sçavoir ses intentions sur ce sujet par deux mémoires datiez du 28^ du mois passé, mais ayant sceu depuis ce qui s'est traitté le 26* dudit mois entre lesdits Sieurs ducs et lesdits habitans de ladite ville, bien qu'il ne se puisse rien ajouter au contenu desdits mémoires, néantmoins pour faire encore plus précisément connoître la volonté de Sa Majesté ausdils Sieurs ducs dans une affaire si considérable et importante, elle a désiré leur adresser le présent mémoire.

« Sa Majesté ayant considéré les articles envoyez ausdits Sieurs ducs de Vendosme et de Candaile par ceux de ladite ville de Bordeaux, elle ne peut croire qu'ils ayent été concédez avec les bien inlentionez, mais seulement avec les factieux et les partisans des Princes, veu qu'outre qu'ils sont remplis d'insolence, ils ne tendent qu'à tirer en longueur une affaire qui se peut conclure en fort peu d'heures n'étant question que de se remettre dans l'obéissance de Sa Majesté en acceptant la grâce qui leur est offerte de sa part de les y recevoir, ainsy qu'il est plus particulièrement expliqué dans les dits mémoires du 27® du mois passé.

« La mauvaise intention des autheurs desdits articles en tirant l'affaire en longueur, sereconnoist non seulement en ce qu'ils voudroient par là empêcher Sa Majesté de prendre avantage sur les Espagnols en employant contre eux durant cette campagne les troupes qui sont maintenant occupées contre Bordeaux, si l'affaire estoit accomodée, mais en ce qu'ils espèrent que, durant une longue négotialion, pourroit arriver divers accidents qui pourroient changer la face des choses dont les Princes se pourroient prévaloir pour élever leur party dans Bordeaux 6t y entretenir la rébellion à quoy ils pourroient sans doute réussir :

« Soit que durant le traité les Espagnols fortifiassent leur armée navalle, en isorte qu'ils puissent

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la mettre en état de tenter de forcer celle de Sa Majesté avec apparence de succez, à quoy Ton scait qu'ils travaillent incessamment ;

« Soit que les Anglois, qui ont déjà donné secrètement aux Espagnols la permission de fretter six frégattes dans leurs ports, vinssent par le tems à leur accorder un plus grand nombre de vaisseaux pour fortifier leur armée navalle, ce que Ton doit appréhender avec d'autant plus de fondement que les Anglois sont persuadez que pour affermir rétablissement de leur république il leur est avantageux d'entretenir la guerre civile dans le royaume ;

« Soit comme il arrive ordinairement que, durant la chaleur et les autres incomoditez delà saison, les troupes de Sa Majesté vinssent à diminuer en sorte qu'elles ne fussent plus en état de réduire par la force la ville de Bordeaux, ce qu^ elles peuveut présentement ;

« Soit qu'il arrivast quelque avantage au prince de Condé, ailleurs qu'en Guyenne, qui obligeast ceux des habitans de Bordeaux qui se sont séparez de ses intérests à s'y attacher de nouveau , comme il pourroit arriver, les peuples n'agissant ordinairement que par chaleur et ne demeurant pas en même assiette.

« Par toutes ces considérations lesdits Sieurs ducs de Vendosme et de Candalle doivent avoir pour but d'abréger la négotiation et de profiter de la bonne disposition présente des habitans de Bor-

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deaux pour la terminer, leur fesant entendre qu'ils ont ordre exprez de Sa Majesté de conclure le (raitté dans trois jours durant lesquels Elle trouve bon qu'ils leur accordent une trêve et non pour plus de temps, et qu'après ce terme ils ne pourront plus écouter aucune proposition. Sa Majesté vouUant en effet qu'aussitôt qu'il sera expiré, s*il n'a pu rien estre conclud, lesdits Sieurs ducs s'employent incessament, suivant les ordres qu'Elle leur a cy-devant fai^ envoyer, à l'attaque par force de ladite ville de Bordeaux ne doutant point qu'ils n'ayent profité du tems de la négoliation pour disposer les préparatifs nécessaires pour commencer l'entreprise.

« Pour diriger cette bonne disposition des peuples pour l'accomodement, Sa Majesté estime que rien n'y peut estre plus utile que de leur faire perdre le respect et la defiference qu'ils conservent encore pour les Princes et pour y parvenir que les tlHs Sieurs ducs de Vendosme et de Candalle se peuvent dispenser d'envoyer faire des civilité/ aux Princes et Princesses qui se trouvent dans Bordeaux pour ne pas augmenter par leur exemple la soumission que les habitans de la ville font paroître pour eux,

« Et afin de détacher encore davantage lesdits habitans des intérests desdits Princes et les rendre plus hardis à consentir aux choses que Sa Majesté désire d'eux pour leur propre bien et le réta-

blissement de son autorilée, elle juge à propos que lesdits Sieurs ducs de Vendosme et de Candalle publient que jamais Sa Majesté ne rétablira le Prince de Condé dans le gouvernement de Guyenne et qu'en même tems ils essayent par toutes les voyes possibles de porter les peuples à faire quelque action par le moyen de laquelle ils croyent estre irréconciliables avec ledit Prince.

« Au surplus Sa Majesté est très satisfaite de la responce que lesdits Sieurs ducs ont faite aux propositions qui leur ont été envoyées par écrit de la part de ceux de Bordeaux pour la réduction de la ville, reconoissant qu'ils ont agyen cela avec toute la prudence et le zèle possibles pour le bien de son service et elle désire qu'ils observent trois choses qu'elle juge absolument nécessaires pour faire réussir l'entreprise à l'avantage de Sa Majesté :

« La prudence doit entretenir l'union et la correspondance si nécessaires entre les personnes de leur condition qui agissent pour une même fin, ce qu'ils ont heureusement fait jusques icy et que pour cet effet ils ne tendent à aucune proposition de vive voix, l\y par écrit, concernant la réduction de Bordeaux, qu'en présence Tun de l'autre, dont il arrivera infailliblement que les habitans de Bordeaux perdant l'espérance d'obtenir plus de l'un que de l'autre, ils se résoudront plutôt et plus volontiers à donner les mains à la conclusion de l'affaire.

«La seconde, que. pour quelque considération que ce puisse estre, lesdits Sieurs ducs n'accordent des livres à ceux de Bordeaux, non pas même pour un seul jour,

« El la troisième, qu'ils ne promeltent en aucune façon aux députiez de ladite ville de venir vers Sa Majesté non seulement jusqu'à ce que le traitlô soit conclud et signé, mais jusqu'à ce qu'il soit entièrement exécuté, ce qui s'entend jusqu'à ce que les dits Sieurs ducs soient absolument les maîtres de la ville,

« Sa Majesté se proposant d'employer les forces de mer et de terre qui sont présentement devant Bordeaux à quelque effet important à son service, lorsque ladite place sera réduite, et de profiter de la saison, fera au premier jour envoyer ses ordres aux dits Sieurs ducs.

Fait à Paris, le 2° jour d'aousl 1653 K »

La lettre et le mémoire que l'on vient de lire prouvent à quel point la cour s'attendait peu à un dénouement si rapide, puisqu'elle était convaincue que les articles du traité proposés par la ville de Bordeaux, articles qu'elle trouvait remplis d'insolence, n'étaient qu'un moyen dilatoire pour donner le temps aux forces navales combinées de l'Espagne

* Document inédit; Archives du ministère de la Guerre, Tol. 140.

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et de TAngleterre de tenter un commun effort, et à Tarmée royale de s'affaiblir par les maladies causées par les grandes chaleurs delà saison. La cour voyait encore dans les lenteurs qu'elle redoutait un perfide calcul, celui d'immobiliser en Guyenne des troupes dont il serait si utile de renforcer ses armées du Nord insuffisantes pour garder une frontière que le prince de Condé venait de franchir. Ces calculs vrais peut-être de la part de quelques-uns des députés de la ville de Bordeaux, qui agissaient sous la secrète impulsion de Lenet et de Marsin, avaient été rendus inutiles par la franchise que le prince de Conti apporta à la fin dans sa résolution de traiter pour la paix, et par son impatience d'en finir ; mais la cour qui ne faisait nul fonds sur cet auxiliaire qu'elle était même disposée à traiter sévèrement, dans l'ignorance oîi elle était encore de l'immense service dentelle lui était redevable, donnait ses instructions à ses deux généraux en chef pour déjouer le calcul qu'elle appréhendait, et à cette époque où le respect était élevé à la hauteur d'une des plus fortes institutions politiques, elle jugeait toute l'importance qu'il y avait à enlever aux princes ce respect qui faisait leur point d'appui de résistance au milieu des fluctuations anarchiques de la démagogie bordelaise ; elle prescrivait donc à ses généraux de ne leur en témoigner aucun. Si cette partie des instructions devenait désormais sans objet, il n'en

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était pas de même, pour assurer les effets de la paix, de celle qui faisait connaître que le prince de Condé ne serait jamais rétabli dans le gouvernement de la Guyenne. La croyance qu'après la crise passée il y reprendrait son autorité, engageait les habitants à ne guère se hasarder à lui déplaire de crainte que quelque jour il ne leur en témoignât son ressentiment.

Une lettre de Le Tellier adressée en double exemplaire aux ducs de Vendôme et de Candale vint encore confirmer les instructions royales, en prescrivant de faire connaître hautement l'intention de Sa Majesté de ne jamais rétabhr le prince de Condé dans le gouvernement de la Guyenne*.

La cour approuvait les réponses faites par lâs généraux aux propositions de la ville de Bordeaux, en sorte que ceux-ci purent se tenir pour doublement satisfaits de l'approbation donnée et d'avoir à un tel point devancé toutes les prévisions. En effet, lorsque ce Mémoire dut leur parvenir, leur entrée dans Bordeaux était un fait accompli.

Une des observations les plus intéressantes à faire sur ce Mémoire se rapporte au point de vue diplomatique de la connexité de la Fronde bordelaise

^ Le Tellier, en ministre subordonné, avait fourni une copie de sa lettre au cardinal Mazarin, dans les Archives duquel nous avons rencontré ce document inédit. Archives nationales, KK, 1220, fo 432.

avec TEspagne et F Angleterre. Ces deux puissances avaient un intérêt égal à soutenir en France la guerre civile pour atteindre chacune un but qui leur était avantageux. Deux vieilles rivalités nationales contre la France se trouvaient ravivées : l'Espagne, par une diversion puissante dans la Guyenne, empêcherait que toutes les forces militaires de la France concentrées dans la main du maréchal de Turenne ne vinssent faire un redoutable échec à ses armées de Flandre placées sous le commandement du prince de Condé. L'Angleterre, s'appuyant sur des traditions que nous avons signalées dans la Guyenne, n*élait pas éloignée de croire qu'elle y pourrait faire revivre ses vieux droits périmés par le temps et par la victoire. De plus à l'appui de la revendication de droits féodaux elle joignait, comme nous Tavons vu, au moyen de sa propagande républicaine et protestante, le dangereux dissolvant des théories révolutionnaires. Ainsi que le fait observer le Mémoire, la République d'Angleterre jugeait utile pour sa consolidation de miner par la guerre civile le gouvernement royal de France. Ces deux puissances, l'Espagne et TAngleterre, que guidait un même intérêt, n'atteignirent pas leur but parce que leur action fut trop tardive ; elles avaient compté, Tune et l'autre, sur une plus longue résistance de la ville de Bordeaux. Le relard de l'Espagne provenait de son épuisement, le retard

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de l'Angleterre, de sa lutte maritime avec la Hollande qui ne lui avait pas permis de diviser ses forces; sa politique, en attendant son traité de paix avec la Hollande dont les préliminaires étaient fort avancés, avait été de gagner du temps par les inlerminables négociations que nous connaissons, d'un côté, avec les deux résidents du prince de Coudé et les trois envoyés bordelais ; deTautre, avec M. de Bordeaux, le représentant officiel du gouvernement royal de France.

Rapprochons du Mémoire royal le contenu des lettres écrites par le ministre de France à son gouvernement.

Dans ces lettres \ M. do Bordeaux fait savoir que si les Anglais avaient cru à la chute si prompte delà ville de Bordeaux, ils n'eussent pas hésité, afin de l'empêcher, à agir avec promptitude et résolution pour soutenir cette ville, quels que fussent leurs embarras causés par leur guerre avec la Hollande. Si la pacification de la Guyenne a pour effet de relever l'espoir des partisans de Talliance de la France, pour ses adversaires plus nombreux, l'effet est diamétralement contraire : ce succès augmente leurs appréhensions. Jamais Cromwell n'a témoigné tant de froideur en réponse à ses instances pour conclure enfin une alliance avec la France, il a été jusqu'à

* Voy. les lettres de M. de Bordeaux à V Appendice,

lui dire en empruntant une citation latine, que mieux valait la guerre qu'une paix douteuse. Ce n'est pas que pour amener Cromwell à ces sentiments, le ministre de France lui ait ménagé des compliments qu'il ne méritait pas, entre autres celui de n'avoir pas permis d'embarquer des matelots pour équiper les six frégates que des négociants anglais avaient louées à l'Espagne pour le secours de Bordeaux. La vraie raison était que l'Angleterre avait tous ses marins abord de ses vaisseaux de guerre, et que remploi sur ces frégates des matelots hollandais prisonniers avait soulevé de la part des ambassadeu rs des Provinces- Unies des protestations, non écoutées d'abord, auxquelles il avait été ensuite déféré. Le ministre de France, pour conclure une alliance dont son désir personnel si accentué par sa correspondance était de ne pas marchander le prix, déclarait nettement que, pour désarmer les ressentiments de l'Angleterre, il fallait restituer les prises maritimes du prince Rupert, abandonner Charles II et même sa malheureuse mère ; le simple asile qui lui était accordé au Palais-Royal faisait ombrage à Cromwell.

Ces lettres de M. de Bordeaux nous apprennent encore à quelle pénurie la guerre civile et la guerre étrangère avaient réduit le trésor royal de France ; ses coffres, paraît-il, étaient plus vides encore que les coffres de l'Espagne, puisque la France, faute d'ar-

gent, ne put pas profiter d^enrôlements de troupes irlandaises et. écossaises que le ministre de France avait éventuellement conclus à des conditions avantageuses, et que ce fut l'Espagne qui, se substituant à ce marché, fit partir ce renfort pour grossir les rangs de l'armée du prince de Condé.

Après celte lumière diplomatique d'une teinte quelque peu attristante jetée sur la situation au milieu même de l'éclat d'un heureux triomphe, revenons aux derniers événements qui signalèrent la paix de Bordeaux.

Le dimanche, troisième jour du mois d'août, avait été fixé pour la prise de possession de la capitale de la Guyenne par l'autorité royale. Dans la matinée, les ducs de Vendôme et de Caudale, arrivant de Lormont, débarquèrent ensemble sur le quai des Chartreux où ils furent reçus par les Jurats qui leur adressèrent un discours. Les deux généraux en chef montèrent ensuite à cheval et firent une marche triomphale au milieu d'une double haie des compagnies bourgeoises assemblées sous les armes ; ils furent salués sur leur passage des cris mille fois répétés de : Vive le roi ! Ils allèrent descendre à l'église métropolitaine de Saint-André où fut chanté un Te Deum avec accompagnement d'un double chœur de musique. Après le Te Deum^ un prédicateur monta en chaire, ce prédicateur était le P. Itier luimême. Ce religieux, en rappelant dans un style

émouvant les évéDemenls passés ^, n'eut pas de peine à tirer du contraste présent des accents éloquents qui produisirent sur lauditoire une émotion profonde. Peu de jours après le P. Hier reçut Tévêché de Glandèves ^, comme récompense de ses souffrances et de ses services^.

Le reste de cette journée se passa en réjouissances et en harangues qui, suivant la coutume traditionnelle, ne furent pas épargnées aux deux représentants de l'autorité souveraine *. Le soir, un souper magnifiquement servi fut offert à Thôtel de la Bourse par la bourgeoisie aux ducs de Vendôme et de Caudale ^.

La journée du lendemain fut encore consacrée aux manifestations de l'allégresse publique.

* Voy, la Relation inédile, Bibliothèque nationale. Fonds de Sorbonne, art. sous la rubrique : de Bordeaux, le 4 aoust i653.

* Évêché supprimé aujourd'hui; les habitants eux-mêmes chassés par les inondations du Yar se sont retirés à Ëntrevaux, à 2 kilomètres de leur ancienne ville.

' Voy. à VAppe7îdice une lettre du cardinal Mazarin au P. Hier.

* Voy. dans la Gazette l'article intitulé : L'entrée des ducs de Vendôme et de Candale à Bordeaux.

* Correspondance sans signature adressée au cardinal Mazarin, Bordeaux, 4 août 1653. Archives nationales, KK, 1220, fo 418.

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