‹ Souvenirs du règne de Louis xivChapitre 23 sur 100 · LETTRE DU DUC DE CANDALE AU CARDINAL MAZARIN · texte numérisé non relu

LETTRE DU DUC DE CANDALE AU CARDINAL MAZARIN

Monsieur,

Sur ce que j'ay esté averty que M. de la Force s'estoit absolument excusé de l'employ de Guienne duquel le Roy Tavoit honnoré par l'entremise de Votre Eminence, j'ay creu, Monsieur, vous devoir encore supplier tout de nouveau de vouloir me faire la grâce de demander au Roy et à la Reine de me mettre à un poste où il vous doit estre avantageux d'avoir des gens qui aient une dépendance aussy entière qu'est celle que j'ay et que je yeux avoir toute ma vie de vous. Je prens la liberté de vous presser, Monsieur, sur ceste affaire par ce que je say que vous n'y trouvères aucune répugnance ny dans l'esprit du Roy, de la Reine, ny du Conseil, la plupart de ceux qui le compose s'estant

* Nous avons acquis de M. Charavay, archiviste paléographe, le 4 mai 1880, l'original de cette lettre inédite que nous reproduisons avec un respect absolu de son orthographe. Elle ne contredit en rien ce que nous avons avancé au sujet de la nomination du duc de Gandale comme général en chef de l'armée de Guienne, elle y ajoute celte particularité que le duc de Gandale avait ardemment sollicité lui-même une faveur que le cardinal Mazarin était si disposé à lui accorder.

vm. 16

déclaré que la maison dont je suis avoît encore assés de crédit dans la Guienne pour que ma présence pût estre de quelque utilité au service du Roy. Je croy, Monsieur^ que Vostre Eminance a assés bonne opinion de moy pour croire que je suis poussé à désirer cesl employ par un sentiment d'ambilion qui ne peut estre blâmable, mais je ne suis pas assez heureux pour avoir jusques icy rencontré une occasion assés favorable pour vous faire cognoistre que de touts les sentiments que je peux avoir, les plus violens tendent au désirer passionné que j'ay de vous rendre des services considérables et que ce qui me fait souhaiter avec plus de passion le comandement de l'armée de Guienne est que je croy que je seray dans un état plus avantageux de vous tesmoigner que j'ay un attachement inviolable à tous vos intérêts; les conjonctures présentes pouront bien en ces lieux me donner quelque moien de vous faire paroistre une partie de ce que je souhaite et M. de Miossens, qui est un tesmoin irréprochable à Fégar de Vostre Eminance, luy pourra tesmoigner avec quel zèle je me porte dans vos intérêts et l'attachement que j'ay^ et par vous et par mon devoir, au service du Roy, et moy je vous assureray que je suis, avec un profon respec,

Monsieur, vostre très humble et très obéissant serviteur,

Page 1