‹ Souvenirs du second empireChapitre 16 sur 33 · TESTAMENT DU PRINCE IMPERIAL · texte numérisé non relu

TESTAMENT DU PRINCE IMPERIAL

(( Je n'ai pas besoin de recommander à ma mère de ne rien négliger pour défendre la mémoire de mon grandoncle et de mon père.

<( Je la prie de se souvenir que, tant qu'il y aura des Bonaparte, la cause impériale aura des représentants.

(( Les devoirs de notre Maison envers le pays ne s'éteignent pas avec ma vie. Moi mort, k tâche de continuer l'œuvre de Napoléon I et de Napoléon III incombe au fils aîné du Prince Napoléon.

(( Et j'espère que ma mère bien aimée, en le secondant de tout son pouvoir, nous donnera, à nous autres qui ne serons plus, cette dernière et suprême preuve d'affection.

(( Napoléon.

(( Chislehurst, le 26 février 1879. »

L'Impératrice Eugénie a- 1 -elle suivi les recommandations du disparu ?

L'Impératrice Eugénie, Impératrice des Français par la grâce, la beauté et l'amour de celui qui l'avait élevée jusqu'au trône, a-t-elle rempli son devoir d'épouse, de mère et d'exécutrice testamentaire ?

Il ne suffit pas d'élever une chapelle nu)rtuaire en pays étranger, de faire célébrer des messes anniversaires, de promener de longs vêtements de deuil du Gap Martin aux

(l)(Voir) « De Notre-Dame au Zululand », par le baron Albert Verly.

rives de la Tamise, de s'offrir des croisières en Méditerranée, de contempler de l'hôtel Continental la place où lurent les Tuileries -

Il fallait relire le dernier alinéa du testament de celui qui pouvait être Napoléon IV et obéir au dernier dcàir, aux dernières volontés du martyr du Zulùland !

LTmpératrice Eugénie, veuve de Napoléon III, mère du Prince Impérial, a-t-elle rempli son devoir ?

Napoléon III repose dans le couvent de Farnborough, son iils dort, auprès de lui, son dernier sommeil.

Le prince Jérôme Napoléon écrivait en 1878 : « Les tombeaux de notre famille sont dispersés et si Ton était superstitieux, on pourrait dire que c'est ce qui nous a porté malheur. »

• Notre ami Etienne Charles a recherché ces divers tombeaux et nous en a communiqué la liste ci-dessous :

Charles Bonaparte, le père de Napoléon i*"', mort en 1785 à Montpellier, où il s'était rendu pour y subir une opération chirurgicale, y fut enseveli. Plus tard, par les soins de son fils Louis, l'ancien roi de Hollande, son corps a été transporté dans l'église de Saint-Leu-Taverny.

Sa femme, Laeticia Ramolino, Madame Mère, Mater Regum, morte à Rome en i836, fut inhumée à Corneto, d'où, en 1848, sa dépouille mortelle a été retirée pour être transportée à Ajaccio, dans la chapelle du palais

L'oncle de Napoléon i®', le cardinal Fesch, frère de Madame Mère et ancien archevêque de Lyon, mort à Rome en i838, y fut enterré dans l'église de Sainl-Laurent-in* Luciano. Son corps à été transporté à Ajaccio.

Napoléon P', nul au monde ne Tignore, repose aux Invalides.

Joseph Bonaparte, roi d'Espagne, mort en i848, fut enterré d'abord à Florence, dans l'église de Santa-Groce. Son corps a été ramené en France en 1862 et déposé aux Invalides, dans la chapelle <Je Saint- Augustin.

Lucien Bonaparte, prince de Canino, mort à Viterbe en i84o, fut enterré à Ciinino

Elisa Bonaparte, princesse de Lucques et de Piombino, morte en 1820 au château de Saint- Andréa, est enterrée à Trieste.

Louis Bonaparte, roi de Hollande, mort en i846, à Livourne, fut inhumé dans l'église de Ste-Catherine. Il a été ramené en 1847 à Saint-Leu-Tavemy.

Pauline Bonaparte , duchesse de Guastalla, morte à Florence en 1825, a été ensevelie à Rome, dans la chapelle de la famille Borghèse, à Sainte-Marie-Majeure.

Caroline Bonaparte, reine de Naples, morte à Florence en 1839, est inhumée au Campo-Santo, à Bologne.

Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie, mort en 1860 dans son château de Villegenis (Seine-et-Oîse), maréchal de France et gouverneur des Invalides, a été enseveli aux Invalides, dans la chapelle Saint- Jérôme.

L'Impératrice Joséphine, morte en 181 4 à la Malmaison, repose dans l'église toute voisine de Rueil.

Sa fille, Hortense, reine de Hollande, morte en 1887 à Arenenberg (Suisse), repose également dans l'église de Rueil.

L'Impératrice Marie-Louise, morte en 1847 à Parme, est ensevelie à Vienne, dans la crypte de la chapelle du couvent des Capucins, où sont les tombeaux des membres de la famille impériale d'Autriche.

Le fils de Napoléon i*"' et de Marie-Louise, l'infortuné

roi de Rome, morte en 1 833, avait précédé sa mère dans les caveaux du couvent des Capucins.

Le prince Eugène de Beauharnais, vice-roi d'Italie, mort en 1824 à Munich, a été enseveli dans cette ville.

Charles Bonaparte, prince de Ganino, fils aîné de Lucien Bonaparte, mort en 1867, est enterré dans la chapelle du palais Fesch, à Ajaccio.

Des trois fils de Louis Bonaparte et de la reine Hortense, les deux premiers, Napoléon-Charles, mort à La Haye en 1807, et* Napoléon-Louis, mort à Forli (Italie) en i83i, reposent dans l'église de Saint-Leu.

Le troisième, Louis-Napoléon, l'empereur Napoléon III inhumé d'abord dans l'égHse de Chislehurts, a été transporté dans la chapelle d'un couvent, à Farnborough.

Des trois enfants du roi Jérôme et de la princesse Catherine de Wurtemberg, l'aîné, Charles Bonaparte, prince de Montfort, mort à Florence en 1847, est enseveli aux Invalides, dans la chapelle de Saint- Jérôme, où a été déposé aussi le corps de sa mère ; le second, la princesse Mathilde, est inhumé à Saînt-Gratien ; le troisième, le prince Napoléon, décédé en 1891, repose à la Superga, à Turin, auprès des membres de la Maison d'Italie.

Le prince Louis-Napoléon-Bonaparte, le Prince Impérial, tué en 1879, dans une embuscade par les sauvages du Zululand, fut, comme son père, inhumé d'abord dans l'église de Chislehurst, puis transporté à Farnborough.

Les Invalides, Ajaccio, Saint-Leu, Rueil, Turin, Farnborough, Vienne, Florence, Rome, Trieste, Bologne, Livourne, Canino, Munich ! (( Les tombeaux de notre famille sont dispersés ! » Le mot du prince Napoléon est singulièrement vrai, et il n'en est guère qui puisse être plus mélancolique, surtout si l'on songe que, voulant que

— isola Maison Bonaparte eût, comme toutes les maisons souveraines, sa iKHMOpoIe particulière ^.Napoléon i", par un décret du 3o février 1806» Napoléon III, par un décret du r8 décembre i858, consacrèient l'ancienne basilique royale de Saint-Denis à la st^pullure de la famille impé* riale.

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