‹ Souvenirs du Vénézuéla; notes de voyageChapitre 8 sur 41 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Une course de taoreanx. — Le jeu des rubans. — L'Hippodrome de Caracas. — Les combats de coqs. — Friaudises locales. — Traits de caractère. — La moaicipalité. — Le Gapitole. — Le square Guzman Blanco. -^ L'Université de Caracas. — Le musée et la bibliothèque. — La salie académique. — La galerie des beaux-arts.

Les jours suivants furent consacrés à faire des visites et à en recevoir. Nous fîmes la connaissance, entre autres personnes, des membres du corps diplomatique accrédités au Venezuela. L'un d'eux nous invita à assister à une corrida de toroSj ou course de taureaux, qui devait avoir lieu, en pleine rue, le dimanche d*aprës, devant son habitation.

Nous trouvâmes à Thôtel de la Légation, au jour fixé, une assemblée nombreuse et brillante. Des dames, en grande toilette, occupaient les fenêtres; leurs cavaliers, groupés entre eux, causaient avec animation dans Tintérienr du salon.

Cette séparation des deux sexes, sauf dans les soirées dansantes, est conforme aux usages vénézuéliens. Dans toutes les réunions, les dames se rangent invariablement en deux cercles, dont Tun comprend les femmes mariées, et Tautre les jeunes filles. Quant aux hommes,

ils sont un peu partout, dans le patio, on dans un petit salon attenant à la salle de réception, ou stationnant aux portes, les yeux sur les deux cercles magiques, •qu*aucun d'eux, cependant, sauf de rares exceptions, ii*ose approcher de trop près.

Il en résulte que la conversation fait presque défaut dans la société locale. Les dames, livrées à elles-mêmes, f)arlent chiffons, toilette et autres menus détails de la svîe domestique ; les cahalleros, retirés dans un coin, •s'occupent de politique ou d'affaires. Quand ils sortent de leur réserve, à Toccasion d'une valse ou d'une polka, ils traitent leurs gracieuses compagnes avec la condes- «cendance familière qu'on aurait pour des enfants, les appelant par leur nom, et leur faisant des compliments •d'une exagération ridicule. Un peu plus de mélange, ^t l'on apprendrait à mieux se connaître, à mieux s'apprécier et à se témoigner plus d'égards et d'estime.

La fôte commença bientôt, et nous vîmes paraître quelques hommes à cheval, en manches de chemise, poursuivant à grands cris de paisibles ruminants, qu*on excitait peu à peu, et qui, dans leur effarement, finis- :saient par donner quelques coups de corne et par Jancer quelques ruades. 11 s'agissait, pour les cavaliers, de saisir un des taureaux par la queue, et grâce à une rapide torsion de celle-ci, de renverser la bête. Une meute de négrillons, braillant, sifflant, secouant leurs guenilles, suivait la troupe équestre, brandissant de longues feuilles de bananiers en guise d'étendards. Le spectacle était assez gai, la rue étant pavoisée de drajpeaux vénézuéliens et étrangers, entremêlés de guîr-

landes, le tout présentant une variété de cooleurt qui, floos ce ciel d^aznr, éblouissait les yeux.

Plus intéressante que la cohue que nous venons de décrire est la corrida de cinias ou a course des mbans s , qui a lieu à Toccasion des fêtes paroissiales.

Lame reçoit la même décoration que pour la solennité précédente ; seulement, de distance en distance, on y tend des cordes à une certaine hauteur, d*une maison à Tantre. A ces cordes sont suspendus des rubans de diverses nuances, dont le bout flottant porte on anneau de cuivre.

• Un signal est donné à Textrémité de la rue. Quel* qaes cavaliers, armés chacun d*une épée légère, partent au grand galop de leurs chevaux, élégamment <^paraçonnés. Ils s'efforcent, sans diminuer la rapidité de leurs mouvements, de passer Tépée dans un des anneaux et d^emporter un ruban, conquis avec adresse, à rextrémiié de leur arme.

Ce jeu, très animé, a son côté aimable et galant.

Lorsqu'un jeune homme devient Theureux possesseur

d'nn des rubans, ij s'approche, tout en faisant piaffer

<on cheval, des fenêtres des maisons voisines, garnies

de charmantes senoriias aux yeux noirs, et fait hom-

^Age de son trophée a à la plus belle « . Celle-ci lai

donne en échange quelques fleurs, qu'il attache au

pommeau de sa selle, et dont il pare son vaillant courrier.

Le plus habile d'entre les jouteurs, celui qui a enlevé le plus de rubans, est promené en triomphe, au ^^ des fanfares et au bruit des décharges des pièces d'artiBce.

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Les coheleSj ou fusées, constituent Félénient indispensable de toute fête vénézuélienne. On les tire presque toujours en plein jour, non pour leur éclat lumineux, mais pour leurs bruyante^ détonations. II faut que la joie 6*enlende de loin, dans le Midi, pour être populaire.

Les réjouissances que nous venons de décrire, encore fréquentes à notre arrivée au Venezuela, tendent à tomber aujourd'hui en désuétude. Le spectacle des rues où chacun jouait son rôle a fait place aux luttes professionnelles. On a inauguré, en 1881, non loin des bords du Guayre, on hippodrome, où Ton donne des courses de taureaux.

On y voit trois ou quatre banderilleros^ tourmentant, san^ trop de dangers, des bœufs efflanqués, qui paraissent n'avoir d autre préoccupation que celle de regagner leur étable le plus tôt possible, ce qu'ils finissent par faire, d'ailleurs, pour reparaître à une prochaine occasion. Les pîcadoreSj à cheval, au costume si pittoresque, et dont le rôle est si important dans les cirques espagnols, manquent à ces exhibitions. Elles suffisent cependant pour attirer la foule, qui, aux jours de corridas^ assiège les bureaux du nouvel établissement.

Une société protectrice des animaux aurait fort à faire au Venezuela. Non loin de Thippodrome dont nous avons pailé se trouve une enceinte réservée aux combats de coqs. Pour les préparer à la bataille, on leur coupe la crête ; on leur déplume la poitrine, et on les attache par une patte, durant des semaines, au bas d'un poteau et à quelques pas d'un autre coq, les deux

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oiseaux De pouvant s*approc1icr suffisanamcnt Tuu de Taotre pour s^attaquer. LorsquMls sont assez eicités par ce traitement barbare» on les fait entrer dans Ta* Tèùc, où ils ne tardent pas à trouver la mort. Des paris sont engagés de part et d autre.

Les coqs noirs et rouges, au dire des connaisseurs, sont les plus ardents et les plus belliqueui.

Revenons à notre point de départ» la maison hospi« talière, d'où nous contemplions la corrida de foros. Parmi les rafraîchissements qu*on nous y servit, nous mentionnerons une boisson excellente, extraite de la guanavana (aaona muricata), fruit délicieux et assez ' rare, même à Caracas. On en fait des bonbous, des conGtures et des sorbets. Les Martiniquais en possèdent une variété, la pomme-cannelle, connue également dans les États vénézuéliens sous le nom de chiri' moya, de corossol, ou de rinon (anona squamosa); mais celle-ci est beaucoup moins estimée.

Un autre fruit assez commun aux environs de Caracas, et d'un goût exquis, est hparcha (passiflora quadran- Si^Iaris). Sa saveur rappelle celles de la framboise et ^^ la groseille mélangées. On en cultive de deux espèces, dont la plus grande fournit une baie de la grosseur d'un ananas, très bonne à manger accommodée AQ vin blanc, et dont l'autre, de la dimension d'une pomme, n*est guère moins appréciée. La pelure du froit est fort dure et d'une belle couleur jaune; sa pulpe consiste en une substance grise, remplie de petits grains.

Tout en causant, cbez notre hôte, avec quelques habitants du pays, nous eâmes l'occasion de constater

à qael point ils aiment les louanges et combien ils sont sensibles à la critique, même la plus bienveillante. Entre eux, ils se prodiguent Fencens aux plus fortes closes. Leurs journaux les plus autorisés ne citent ja-' mais la population de Caracas sans la qualîBer de a civilisée », de « rafBnée d , ou de quelque autre adjectif bien sonnant. Leur ton est tel, qu'ils passeraient, en Europe, tout sérieux qu'ils sont, pour des feuilles satiriques frottées de miel. On comprend donc combien il est difficile, pour quiconque a résidé parmi les Vénézuéliens et s'y est créé des relations d'amitié, de ne pas froisser leurs sentiments en indiquant, par-ci par-là, dans ce concert de louanges, quelques fausses notes.

a Comment trouvez -vous Caracas? disaient les uns; ne ressemble-t-il pas à Paris? »

a Avez-vous en Europe, demandaient d'autres, d'aussi jolis squares que la place Bolivar ? n

Et il n'y avait guère moyen de les contredire.

Le lendemain de la corrida, nous reprimes nos promenades en ville, et, suivant la rue, ou calle, $ud% qui longe la façade de la casa amarilla, nous aperçâmes à notre gauche, à l'un des coins de la place Bolivar, la Municipalité, qui n'offre rien de remarquable, et plus loin, entouré de quatre larges rues plantées d'arbres, un vaste édifice, formant un carré parfait, ayant à son centre un grand espace disposé en jardins, au milieu duquel s'élève une fontaine monumentale. Nous nous trouvions devant leCapitoIe, c'està-dire devant le palais législatif de la République, édifié sous l'administration du général Guzman Blanco.

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L^ensemble da monoment est asses satisbisant. Da côté nord se présente un péristyle orné de statues, commandées à un artiste du pays, dont les conceptions, il faut bien le dire, n*ont rien d*idéal. Un beau salon, destiné anx réceptions officielles, occupe presque toute cette partie du bâtiment. Il contient une quantité de portraits, très inférieurs comme œuvres d*art, mais offrant un certain intérêt au point de vue historique, n y figure un grand nombre de célébrités vénézuéliennes, et entre autres Bolivar, dont la tète pensive fait contraste avec le visage mâle et énergique de Guzman ; nous y voyons aussi le général Sucre, le vainqueur d*Ayacucho; Paez, le héros des Uanos; Soublette, qui lutta si vaillamment pour Tindépendance nationale ; Vârgas, ancien président de TUnion et Tun de ses meilleurs administrateurs, etc.

Au centre du salon officiel s'élève une rotonde ; des colonnes disposées régulièrement le séparent en trois parties, dont Tamenblement rappelle, par ses couleurs, celles dn drapeau vénézuélien, jaune, bleu et rouge.

A droite de la salle que nous venons de décrire, se trouve une chambre de dimensions plus modestes, oii se tiennent les séances du conseil des ministres. On y voit une table ronde et un bureau plus élevé pour le président. Dans un coin, sur un pupitre noir, un exemplaire de la Constitution nationale, relié en velours violet.

Un escalier, situé en face de la rotonde dont nous avons parlé ci-dessus, conduit au square, disposé en jardin et entouré d*une galerie à colonnes, séparant les constructions du nord de celles du sud.

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Ces dernières, également monumentales, contien* nent les locaux réservés aux séances du Congrès. D'après la Constitution nouvelle, votée en 1881, le pouvoir législatif est exercé par deux Chambres, dont Tune, celle des députés, comprend un représentant par trente-cinq mille habitants, et dont Tautre, le Sénat, se compose de trois membres actifs et de trois suppléants pour chaque État de TUnion. Le président de la République, assisté d'un conseil fédéral, est chargé de Texécution des lois.

Les salles consacrées aux réunions du Congrès sont fort simples. Dans la principale, celle des députés, se trouve une loge grillée, destinée au corps diplomatique.

Les dames n'assistent pas, comme en Europe, aux discussions du Congrès, et il n'existe pas de tribunes publiques.

La façade méridionale du Capitole s'élève sur un autre square, dédié à Guzman Blanco, et au centre duquel on a placé une statue équestre du général. Elle est très inférieure, en mérite artistique, à celle de Bolivar. De gracieux parterres, ornés de plantes variées, Tentourent de verdure et de fleurs.

Du côté opposé au Capitole, et complétant le square Guzman Blanco, se dresse une longue façade, percée de fenêtres ogivales et ornée d'un clocheton gothique de slyle fantaisiste, derrière laquelle se dissimule un ancien couvent de moines franciscains, transformé en Université nationale. Cette façade, plus longue que l'édifice qu'elle couvre, dépasse celui-ci vers l'angle de la rue du Commerce et y forme un simple mur, en

attendant le comblement des vides qu'elle cache assez imparfaitement ^ On s'est occupé avant tout de l*effet scënique du décor» sauf à lui donner, plus tard, une utilité pratique. Dans les républiques hispano-américaines, on fait parfois d'étranges découvertes, en regardant les monuments publics par rentre-bâillement des portes interdites.

Indépendamment des locaux réservés aux diverses facultés universitaires, Tancien couvent contient un musée et une bibliothèque placés tous deux sous la direction d*un des professeurs de FUniversité, le docteur Ernst.

Parlons d'abord du musée. On lui a consacré une vaste salle, située au premier étage du couvent. Pour le moment, elle contient un assemblage confus d'objets de curiosité plutôt qu'une série de collections sérieuses. Son conservateur, d'ailleurs très capable, n'a ni les loisirs, ni les fonds nécessaires pour les classer et les compléter.

A l'entrée du salon se présente un objet presque fantastique. C'est une tète humaine, de la grosseur du poing, ayant des traits reconnaissables, des cheveux longs et nattés, une peau parcheminée et presque Qoire. Elle a été ainsi préparée par des mains indiennes. Les tribus de TOrénoque et de la Colombie ont mis ce singulier mode d'embaumement en pratique. Après avoir triomphé d'un ennemi, et pour perpétuer le souvenir de leur victoire, ils coupent la iéte de leur victime, la désossent, la momifient et la

* Le palais de TExpositioD a été édifié récemment à cet endroit.

réduisent aa qaart de sa grandeur, sans altérer sensiblement rharmonie de ses contours. Les sourcils, les cheveux, la barbe restent intacts ; les yeux sont fermés, la bouche conserve une expression naturelle.

Ces petites têtes, qu'on payait naguère cent piastres fortes (500 francs), sont aujourd'hui presque introuvables, le gouvernement colombien en ayant prohibé la vente à cause des meurtres fréquents que les Indiens . ne se faisaient aucun scrupule de commettre pour satisfaire leur cupidité.

Après ce trophée de la vie sauvage, citons un autre objet de curiosité, plus important, également conservé au musée de Caracas. Il s'agit, cette fois, du drapeau de Pizarre, de la vieille bannière espagnole, déployée par ce vaillant homme de guerre en 1524, à son arrivée à Cuzco. Le général vénézuélien Sucre, s'en étant emparé en 1824, en fit hommage à Simon Bolivar, son noble chef :

tt Je remets, lui écrit-il, au libérateur du Pérou, Pétendard avec lequel Pizarre est entré, il y a trois cents ans, en conquérant dans la capitale des Incas. »

Triste retour des choses d'ici-bas : à Pombre de ce vieux drapeau, consacré désormais à la gloire du fondateur de la Colombie, se trouve une autre relique : le cercueil dans lequel on rapporta de Santa- Marta la dépouille mortelle de Bolivar, si longtemps oubliée et méconnue dans un cimetière de village!

A côté de ces souvenirs du passé, qui devraient trouver place avec les portraits réunis au Palais fédéral, dans une galerie spéciale qui formerait un musée historique, il semble étrange de trouver des col-

lections zoologiqoes, boianiqaes et minéralogiques.

Tel est cependant le cas. Là, dans des vitrines fermées, nous remarquons une foule de nos anciennes connaissances, assez piteusement empaillées, parmi lesquelles de délicieux colibris, ces bijoux animés; le querre-querre ou gàlgulOj ainsi nommé en imita* tion de son cri; le canari indigène, un peu moins grand que celui des îles, et d'une couleur plus claire; le cardinal, au plumage rouge et à Taigrette mobile; le garrapatero (crotophaga major), qui rend tant de services aux bestiaux des Uanos, en les délivrant des larves qui les dévorent; Vasto, dont les plumes bril» lantes fournissent aux Indiens une élégante coiffure, ainsi que des ornements pour leur hamac; le ya aeabô' (tanagra septicolor), aux teintes variées comme celles de Tarc-en-ciel.

Les grandes espèces ne font pas défaut. Voici Taigle des Andes, et la famille si difficile à classer des gavù lanes ou faucons ; plus loin, nous remarquons le gavilucho (vjiltur barbarus), qui n'installe son nid que sur les plus hautes cimes, à 2,200 mètres d'éléva* tien; Valca rahau, oiseau des grèves, moitié aquatique, moitié terrestre, et dont le cri ressemble à un aboiement de chien fréquemment répété; le taro^ taro, espèce d'ibis, dont le chant rappelle le son dune cloche; la guacharaca, sorte de faisan très abondant dans les terres chaudes du Venezuela et fort estimé des gourmets; la grulla (grus Americana), qu'on ne rencontre plus guère que sur les bords du Rio Negro ; le guàchàro, espèce d'engoulevent, chassant de nuit, et qu'on ne trouve que dans les mon-

tagnes de Caripe oa dans la grotte, bien connue, qui porte son nom.

L'entomologie, an musée de Caracas est assez mal représentée. Les lépidoptères y figurent par quelques variétés brillantes, les noctuelles y sont rares. Les difi'érents groupes de coléoptères, si nombreux an Venezuela, y sont à peine indiqués.

Les arachnides occupent dans les rayons une place plus distinguée. Nous y voyons la arana grande, commune en Guyane dans les bois épais; des tarentules bleues, jaunes, rouges, également venimeuses, surtout les premières, et qui s'attaquent aux bestiaux. L'une des plus mauvaises d'entre les arachnides vénézuéliennes, au dire des habitants, est la arahita delà playa, extrêmement petite, presque invisible, mais dont la morsure a des conséquences graves, à moins que la personne piquée ne soit saignée immédiatement. On ne la rencontre que parmi les sables, sur les côtes de la péninsule de Paraguanà.

Les scorpions, fort communs dans le pays, forment deux variétés, la noire et la jaune. Celte ornière est la plus venimeuse des deux.

Passons du musée à la bibliothèque. Celle-ci a été formée, en grande partie, des livres pris aux couvents après la suppression de ces communautés. Elle comprend environ vingt-trois mille volumes, parmi lesquels beaucoup d'ouvrages théologiques.

Dans une autre aile du bâtiment a été installée la salle académique, où ont lieu les séances du conseil d'administration de TUniversité et les concours littéraires. Son ameublement semi-gothique est de damas

roage. Des vitraux peints ornent les fenêtres, et trois portraits» ceux de Bolivar, de Vargas et de Guzman Blanco, décorent les murs. On a eu Tidée de joindre à cette salle une galerie des beaux-arts, mais celle-ci est encore bien pauvre et ne renferme que quelques tableaux, œuvres de deux peintres vénézuéliens, assez connus d'ailleurs, M. Jovar y Jovar et Ramon Bolet. Ce dernier, qui promettait un beau talent, est mort fort jeune. Un voyageur anglais, U. Spence, a emporté en Angleterre la plupart de ses esquisses et de ses tableaux.

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