‹ Souvenirs et anecdotesChapitre 34 sur 56 · PETIT COUPLET · texte numérisé non relu

PETIT COUPLET

Les rendez-vous d'aimable compagnie Se font dans ce charmant séjour Et doucement Ion y passe la vie A célébré le Champagne et l'amour bi%\

Tout cela sont des simples bagatelles de la porte, je sais que la patrie vous doit la vie et que moi République tel que je suis posée je vous doit la mienne, la chose est peu croyable mais il n'est rien de plus vraie pour ceux qui ont la foi l'espérance et la charité, ce qui n'existe pas chez tous les grands de la terre. C/est moi oui c'est moi qui pose les rois et empereurs et les artistes et c'est par leurs voix que j'atends ma nomination, sitôt nommée la fête sera belle et bonne et les récompenses dito dito. Ce qui me plait c'est que parmi mes lecteurs il y en auront qui diront Elle nous en conte la vieille mais beaucoup diront Elle ne nous en compte pas Voilà ce qui me plait à moi c'est toi. Non non pas un chienlit ne veux croire à un tour de phisique tel que celui là. J'ai bon espoir qu'ils vont le voir, encore mieux le sentir. Je veux bien croire qu'ils n'ont pas peur la veille de leur Triomphe mais moi qui ne recule pas devant l'ennemi et qui joue à tout ou rien je suis aussi certaine de gagnier la partie à la fin de la pièce que je l'étais au Commencement et tout en n'ayant pas trempé dans la

tl

guerre extérieure mon Ame éclairée dont j'ai reçu le prix i^Taje de 12 ans a suivi toutes leurs menées criminels auquel j'ai éohapé si si la manivelle n'avait pas tourné du côté du crime plutôt que de mon côté non par la volonté des impuissants mais bien par celle du Dieu tout puissant et ses ministres sans oublié le peuple français ainssi que les vieux brave de la Grande Armé'e dont je me permets d'embrasser le Père, le fils et le Saint Esprit, Mes compjiments bien sincères à l'aimable C® du Soleil que j'atends avec le Rédempteur mon Oncle Louis Seize déguisé en docteur Trélat et je

Signe la fille à Napoléon premier fiancé de son fils et mère du Conte de Paris.

Il est facile de voir que c'est Moi qui me pose en attendant Celui que mon cœur aime tant.

Pauvre femme!... que se passe-t-il dans ce cerveau où s'amalgament tant d'idées incohérentes ! et pourquoi diable se figure-t-elle être la République?

Quelque temps après ce^ concert, nous donnions une àutrç séance à Bicêtre* \ Comme j'étai8 dans une des cours du triste asile, en train de causer avec Sivori et Diaz de Soria, je vis venir vers nous un jeune homme,

à l'air doux et sympathique, vêtu du costume des pensionnaires de la maison, et qui, passant près de moi, m'accosta en ôtant sa casquette, et me dit, d'un air humble et timide, en me tendant un papier :

— Monsieur Lionnet, voulez-vous être assez bon pour prendre connaissance de ceci?

Puis, il ajouta, en souriant tristement :

— Je vous prierai seulement. Monsieur, d'être indulgent pour l'auteur, car je n'ai pas de talent...

— Soyez tranquille, mon ami ! lui dis-je ; je lirai avec le plus vif intérêt le papier que vous me remettez.

— Merci de tout mon cœur, Monsieur! me dit le pauvre aliéné, d'une voix douce et joyeuse à la fois ; vous me rendez bien heureux par votre bonne promesse !

£t, nous saluant jusqu'à terre, le jeune homme nous quitta.

Je mis le papier dans ma poche, me disant en moi-même : « C'est quelque extravagance, quelque insanité que m'a remise là le pauvre garçon! »

nnpPT^^' ' ,■ ■ ^ »■' .

*■ , J|i«, ■ ',■'.« .■ ■ jv

>*av

Qu'on juge de ma surprise et de mon égiotion, lorsque, pendant le dîner qui suivait le concert, je lus les vers suivants :

Page 1