L.-A. JETTE
Api-ès avoir été à Spencer-Wood pendant dix ans, il est rentré dans la magistrature comme juge de la Cour supérieure à Québec.
Il est physiquement et intellectuellement ce qu'il était, il y a trente ou quarante ans.
Les chênes tombent autour de lui et il reste debout: le roseau plie mais ne casse pas; une vie laborieuse mais sage et réglée dure longtemps.
On est porte quelquefois à regarder d'un œil jaloux les liommes dont la vie a été une suite ininterrompue de succès, on dit : " Quel chançard ! "
On oublie que ce chançard est un homme qui, pendant quarante ou cinquante ans, a travaillé dix ou douze heures par jour et n'a jamais cessé de cultiver, de développer ses qualités de cœur et d'esprit, de se rendre ca|)able d'occuper honorablement les positions les plus élevées, les plus utiles à la société.
('eux qui le critiquent pourraient, en l'imitant, mettre la chance de leur côté.
Ajoutons que les hautes positions et tous ces honneurs dont il a été favorisé, il les doit uniquement à son mérite et à la haute idée qu'on avait de sou talent et de son caractère, jamais à l'intrigue, à la sollicitation.
Il est plus facile de le critiquer que de l'imiter.
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