‹ Souvenirs et biographies, 1870-1910Chapitre 24 sur 44 · L.-A. JETTE · texte numérisé non relu

L.-A. JETTE

Api-ès avoir été à Spencer-Wood pendant dix ans, il est rentré dans la magistrature comme juge de la Cour supérieure à Québec.

Il est physiquement et intellectuellement ce qu'il était, il y a trente ou quarante ans.

Les chênes tombent autour de lui et il reste debout: le roseau plie mais ne casse pas; une vie laborieuse mais sage et réglée dure longtemps.

On est porte quelquefois à regarder d'un œil jaloux les liommes dont la vie a été une suite ininterrompue de succès, on dit : " Quel chançard ! "

On oublie que ce chançard est un homme qui, pendant quarante ou cinquante ans, a travaillé dix ou douze heures par jour et n'a jamais cessé de cultiver, de développer ses qualités de cœur et d'esprit, de se rendre ca|)able d'occuper honorablement les positions les plus élevées, les plus utiles à la société.

('eux qui le critiquent pourraient, en l'imitant, mettre la chance de leur côté.

Ajoutons que les hautes positions et tous ces honneurs dont il a été favorisé, il les doit uniquement à son mérite et à la haute idée qu'on avait de sou talent et de son caractère, jamais à l'intrigue, à la sollicitation.

Il est plus facile de le critiquer que de l'imiter.

Rir. WJ[,K1!ID LALTJER

LAURIER-CHAPLEAU-MEROIER lUl

Page 1