CHARLES LA BERGE
CKARL£S liABERGE
Trouver moyen d'être habile et homiéte, religieux, pieux même et libéral, modéré, patient, bienveillant et vcrtuexix. dans une atmosphère d'oxafrérations, de violences, de passions et d'égoïsme, demande un esprit et un caractère bien trempés.
Tel fut Charles Laberge.
Charles-Joseph Laberge est né à Montréal, le vingt octobre mil huit cent vingt-sept. Son jjère, Ambroise Laberge, était marchand ; sa mère était une demoiselle Franchère, sœur de Gabriel Franchère, l'explorateur. Restée veuve et sans fortune, avec quatre enfants en bas âge, la mère du défunt, chez qui l'énergie était héréditaire, enseigna quelque temps la musique pour subvenir aux besoins de sa petite famille.
Charles, dont la santé était délicate, fut confié aux soins d'un brave cultivateur de la Eivière-des-Prairies. Le grand air, l'exercice et les soins les plus minutieux rétablirent sa santé et lui permirent de commencer f^es études.
C'est au collège de Saint-Hyacinthe qu'il entra, dans cette excellente maison d'éducation si fertile en talents. On ne tarda pas à distinguer dans ce petit garçon à l'air si fin et si enjoué, aux allures si vives, les germes d'un talent destiné à jeter un grand éclat.
Ses premiers essais littéraires et oratoires firent sensation ; il obtenait sans effort et sans travail des succès que beaucoup d'autras cherchent vainement en travaillant.
Lord Elffin étant allé visiter le collè;;e de Saint-
llvînintlic, Cliarlcs Lahci-iii' fui chargé de lui présenter une adresse. Au lieu de lire, comme on l'ait généralement, il pronunc^a un petit discours (pli fit dire à Tinti'lligent gouverneur et à sa suite (|ue le jeune Laberge serait un jour un orateur distingué.
Parmi ses compagnons de classe étaient ^Igr Fabre, riion. Josejih* Armand, le Kév. M. Piette, le Kév. M. Cliampou, M. Louis Delorme. ancien député du comté de Saint-Hyacinthe à la chandjre fédérale, M. Ililaire Blaïuhard, notaire de Saint-IIyacinthe.
Ses études finies, Charles Laberge étudia le d'-nit.
C'était le temps où la jeunesse de Montréal ion iait l'Institut Canadien et se préparait par l'étude et la discussion aux luttes de l'avenir. Charles Laberge ne tarda pas à se distinguer au milieu de cette jeunesse ardente.
lîeçu avocat eu LS4.S, il entra en société avec K. Laflanune; mais, trois ou quatre ans plus tard, il alla se fixer à Iberville où il se fit en peu de temps une si belle position qu'aux élections générales de 1854, les électeurs du comté d'Iberville l'élurent avec enthousiasme pour les représenter à l'assemblée législative. Il fut l'un des plus brillants dans cette jeunesse ardente de 1854 et l'un des orateurs le-; plus po})uIaires de l'époque.
Les élections de 1854 l'urent. comme on le sait, le plus grand succès du parti libéral dans ce pays. Toi' s ces jeunes gens, qui s'étaient formés dans les luttes de la tribune et du journalisme, s'étaient lancés dans les camj)agnes et avaient ])ris d'assaut une quinzaine de comtés.
C'est Laberge qui proposa Dorion comme chef du parti, dans une réunion des dé]iutfe tenue à l^ord du Xcir f'Jm (|ui les conduisait à Q\u''b('c ])our l'ouverture de la session.
Dès son premier discours à la Chambre, il fit sa marque parmi les meilleurs orateurs et fut considéré comme l"im des chefs du parti. 11 rédigea presque