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CHAPITRE XI

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Dix-neuf années s'étaient écoulées depuis mon arrivée à Paris, lorsque j'entrai dans la magistrature ; et , dans cette longue période , la permanence incessante de mes fonctions diverses ne m'avait pas permis de m'absenter pour aller revoir ma famille et mon pays. Mais , les vacances accordées aux tribunaux me permettant de quitter momentanément la capitale, je fis en 1802 un voyage à Toulouse, où je fus reçu par ma famille et par mes amis avec des témoignages de joie que mon cœur partageait bien vivement.

La révolution avait laissé dans ma ville natale des tracés qui frappèrent d'abord mes yeux. Les

noms des rues avaient été changés , et j'aurais pu m'y égarer si le souvenir des lieux ne fût pas resté gravé dans ma mémoire. La rue des Nobles était devenue la rue de l'Égalité ; celle des Capucins, la rue du Courage; celle des Carmes, la rue de la Tempérance : c'était à ne plus s'y reconnaître. Du reste, le goût des processions, naturel aux habitants du midi de la France , s'y était maintenu; mais il avait passé des cérémonies religieuses aux cérémonies civiques , et , pour la fête du 1*' vendémiaire , jour qui était le premier de l'année républicaine, et qui coïncidait avec mon séjour à Toulouse, il y eut une procession , à laquelle je fus invité à assister. Le préfet de Toulouse voulait me faire marcher auprès de lui dans le cortège ; mais je préférai me placer dans les rangs de la magistrature , et le premier président de la Cour royale (alors Cour d'appel) insista pour me faire prendre la droite à côté de lui , en ma qualité de membre de la Cour suprême. Tous les magistrats étaient revêtus de leurs costumes d'audience ; mais , comme étranger, et hors de la résidence de la Cour à laquelle j'appartenais , je portais le costume de ville alors assigné aux membres de la Cour de cassation , qui consistait dans un habit noir, dont le collet et les parements étaient ornôs d'une broderie en or, et

dans un chapeau à trois bords , entouré dans sa forme d'un large galon d'or, dont les glands pendaient à gauche. La cérémonie se termina par un banquet chez le préfet , où je fus également invité , et placé auprès de ce magistrat , qui avait à sa gauche le général commandant le département.

Peu de jours après , je quittai pour la seconde fois ma famille , mais avec beaucoup plus de regrets que j'en avais éprouvé lors de ma première séparation , parce que l'âge, l'expérience , et les événements qui s'étaient passés dans l'intervalle, avaient beaucoup modifié les illusions dont la brillante et trompeuse escorte m'avait suivi en 1781 jusqu'à Paris.

Pendant ce temps , le héros du siècle , Napoléon, parcourait à pas de géant sa glorieuse carrière. Déjà il posait d'une main hardie les fondements du trône impérial, l'objet secret de son ambition ; déjà il s'était montré digne de s'y asseoir , non pas tant peut-être par l'éclat qu'il jetait de toutes parts sur les armes victorieuses de la France que pour l'inestimable don qu'il lui préparait d'une législation nouvelle , appropriée à ses besoins, à ses mœurs, à ses nouvelles institutions. Mais les factions qui pendant si longtemps s'étaient disputé le gouvernement de la

France étaient loin d'être désarmées , et les partisans de l'ancienne dynastie surtout conservaient une haine implacable contre celui qui, à leurs yeux, n'était qu'un hardi usurpateur de ses droits et de sa couronne , et nourrissaient en secret des projets de vengeance et d'extermination, qui éclatèrent le 3 nivôse an VIII (24 décembre 1800) par l'explosion d'une machine infernale placée sur le passage du premier consul , et dont peu s'en fallut que je ne fusse moi-même une des victimes.

Pour comprendre ce qui suit, il faut se rappeler qu'à cette époque il existait sur la place du Carrousel une rue appelée de Saint-Nicaise, dont on peut reconnaître l'emplacement par celui d'une maison isolée qui en faisait partie , et qui existe encore , quoique dès long-temps menacée d'une prochaine destruction. Au niveau de cette maison, et à sa gauche, était un hôtel dépendant du palais des Tuileries , et affecté au service du roi ; et plus loin, du même côté, envoyait l'hôtel d'Elbeuf, occupé par le second consul, M. de Gambacérès.

J'avais dîné ce jour-là chez le troisième consul , M. Lebrun , qui habitait aux Tuileries le pavillon de Flore. J'en sortis à 8 heures et quelques minutes pourme rendre chez leC*« Bergon, conseiller d'état

et directeur général des forêts, logé rue Neuve- Saint-Augustin ; mais, ayant voulu me présenter auparavant chez le second consul, j'appris du factionnaire qui était à sa porte qu'il était à l'Opéra, où le premier consul devait, disait-on, aller aussi . Je continuai donc ma route ; et , en entrant dans la rue Saint-Nicaise, je remarquai bien, au clair de lune, une petite charrette qui stationnait , attelée d'un petit cheval blanc, à l'entrée à gauche de cette rue. Mais je n'y fis qu'une légère attention. C'était la charrette qui portait la machine infernale , consistant dans un gros baril de poudre auquel était adaptée une mèche , qui , tournant autour de la première maison , aboutissait sur la place , où se tenait appuyé contre le mur celui des conjurés qui devait y mettre le feu. Du reste, la rue Saint-Nicaise se trouvait presque déserte en ce moment. Entré dans la rue de Richelieu , je la suivis jusque après la rue de Louvois , où était alors le théâtre de l'Opéra ; mais à peine avaisrje dépassé ce théâtre, que je fus arrêté tout à coup par une épouvantable détonation qui avait lieu derrière moi , et qui répandait l'épouvante sur le chemin que j'avais suivi. Je revins sur mes pas jusque dans la rue Saint - Nicaise , où je fus frappé d'horreur par l'effiroyable

désordre qui y régnait. Tous les habitants , aux fenêtres, ou descendus dans la rue, poussaient des cris lamentables. Le pavé était entièrement couvert d'une épaisse couche de débris de vitres cassées de toutes les croisées, et dont le craquement sous les pieds des chevaux de la garde accourant de toutes parts augmentait le tumulte et TeflToi. L'ébranlement des maisons mêmes avait été si fort , que dans la plupart les personnes et les meubles avaient été violemment renversés.

Sept minutes environ s'étaient écoulées depuis que j'avais quitté la rue Saint -Nicaise , et , dans cet intervalle, le premier consul y était passé en voiture , mais si rapidement , qu'il avait devancé de quelques secondes le terrible effet de l'explosion , et était parvenu jusqu'à l'Opéra. Il parait que, de son côté , M"* Bonaparte , qui le suivait , échappa aussi au même péril en le prévenant de quelques instants , sa bonne étoile ayant voulu qu'elle s'arrêtât à quelques pas des Tuileries pour attendre son châle, qu'elle avait oublié.

Ce double hasard à l'aide duquel le premier consul et son épouse échappèrent tous deux en même temps à l'horrible guet-apens organisé contre leur vie fut une des premières causes de cette superstition populaire qui , pendant tout le

règne de Napoléon, Ta fait regarder comme l'objet d'une protection spéciale et surnaturelle de la Providence.

Les personnages assez obscurs employés à l'exécution de ce lâche attentat furent découverts et livrés à la rigueur des lois; mais la main invisible qui avait conduit le bras des incendiaires resta hors d'atteinte des poursuites de la justice.

Le 28 floréal an XII un sénatus- consulte conféra à Napoléon Bonaparte et à ses descendants la dignité impériale, et le 18 vendémiaire an XIII l'auguste chef de la chrétienté avait traversé les Alpes pour venir imprimer de ses propres mains sur le front du nouvel empereur le sceau vénéré de la religion.

Je ne crois pas que l'histoire fournisse d'exemple d'une cérémonie plus imposante et plus belle que celle qui eut lieu dans l'église métropolitaine de Notre-Dame pour le sacre et le couronnement de l'empereur. Presque toutes les têtes couronnées de l'Europe y assistèrent , quelques unes en personne , et les autres par leurs ambassadeurs , et toute la France y fut présente par les délégués de tous les corps judiciaires , administratifs et militaires. Le froid était extrême ce jour -là. Les rues aboutissant à l'église étaient obstruées par l'affluence des étrangers accourus de toutes

parts pour celte cérémonie. La Cour de cassation, en grand costume, s'y rendit à pied, mais sous la protection d'une forte escorte qui lui frayait le passage. Comme l'entrée du parvis était interdite aux voitures , quelques dames de la cour, telles que la P»« de Talleyrand , la M^ de Visconti et d'autres, obligées, malgré la légèreté de leurs vêtements, de mettre pied à terre, imaginé* rent de se dérober à la foule en se glissant dans nos rangs , et entrèrent ainsi au milieu de nous dans la cathédrale.

Je me trouvais avantageusement placé pour jouir du spectacle du couronnement, et cette position me donna l'occasion de faire une légère remarque , qui échappa peut - être à beaucoup d'autres spectateurs , mais qui , malgré son peu d'importance, ne laissa pas de faire sur moi quelque impression.

L'empereur arriva au pied du trône, couvert de tous les ornements impériaux, et notamment du manteau impérial attaché à ses épaules , et dont l'extrémité était portée par les deux grands dignitaires l'archichancelier et Tarchitrésorier de l'empire. Ce manteau , d'un velours violet , parsemé d'abeilles brodées en or et doublé d'hermine, était d'une ampleur démesurée , et, par suite, d'un très grand poids. Lorsque l'empereur

eut monté les quatre ou cinq premiers degrés du trône , le poids du manteau , qui ne se trouvait plus soutenu par les grands dignitaires encore au bas de ces degrés , fit chanceler un instant l'empereur en lui imprimant un léger mouvement en arrière. Mais , à l'instant , Sa Majesté reprit son mouvement d'ascension , et monta lestement jusqu'au trône, où il prononça d'une voix ferme, et qui retentit au loin dans la cathédrale, le serment prescrit par la Constitution.

Un des premiers actes du nouveau règne fut la distribution des grades et des décorations de la Légion - d'Honneur, institution déjà créée par une loi du 29 floréal an VI , mais dont quelques considérations politiques avaient suspendu l'exécution. Ce fut d'abord parmi les fonctionnaires de Tordre civil administratif et judiciaire qu'eut heu la première émission des croix d'honneur faite à l'Hôtel des Invalides par l'empereur lui - même , assisté du grand chancelier de l'ordre , le C® de Lacépëde. La Cour de cassation eut sa part dans cette distribution, et je conserve encore soigneusement la croix d'argent de simple légionnaire que je reçus des mains de Sa Majesté. Peu de temps après, l'armée eut son tour, et les décorations furent d'abord distribuées aux troupes alors rassemblées à Boulogne-sur-Mer pour l'expédi-

lion projetée contre l'Angleterre. On choisit pour cette cérémonie le 15 août, jour de la fête de l'empereur ; ce qui attira dans la petite ville de Boulogne un prodigieux concours d'étrangers.

J'avais à cette époque un frère , que j'ai eu le malheur de perdre depuis , et qui occupait une place distinguée dans l'administration des vivres de la marine. Use trouvait chargé de la direction du magasin des vivres au port de Rochefort, lors* qu'il fut appelé à pourvoir , sous les ordres des munitionnaires généraux Vanderberg et Ouvrard, à l'approvisionnement en vivres de la flottille destinée à opérer le débarquement sur les côtes d'Angleterre. Cette mission ayant appelé mon frère à Boulogne, le désir de l'y voir et celui d'assister à la fête qui se préparait m'attirèrent aussi dans cette ville.

Tout l'état-major de l'armée et toute la suite de l'empereur y étaient entassés ; mais Sa Majesté occupait , à une petite distance de Boulogne , une maison assez modeste, appelée Pont -- de- Brique j qui avait une jolie vue sur la mer. Ayant le désir de lui faire ma cour , je sollicitai , par l'entremise du duc de Bassano, une audience qui me fut accordée pour le lendemain même. Je me rendis donc à Pont-de-Brique, où j'eus l'honneur d'être reçu en particulier par Sa Majesté , qui

voulut bien m'entretenir pendant un assez long temps sur divers sujets , et notamment sur les travaux de la Cour de cassation. Le personnel de cette Cour lui était plus connu que je ne Tavais pensé, et je ne fus pas peu surpris des particularités dans lesquelles il entra de lui-même sur deux de ses membres, particularités qui n'étaient pas , je dois le dire, exemptes d'une teinte d'ironie , au sujet du rôle que ces deux personnages avaient autrefois joué dans les affaires publiques. Après cet entretien, qui dura environ vingt-cinq minutes , je m'aperçus qu'il jetait les yeux sur une petite bande de papier où étaient inscrits les noms des personnes auxquelles il avait aussi accordé audience. Il me congédia presque aussitôt^ en m'invitant à me rendre le lendemain à la cérémonie qui devait avoir lieu pour la distribution des croix d'honneur aux troupes du camp.

Je m'y rendis en effet. On avait choisi pour cette cérémonie une espèce de bassin formé par la nature sur une hauteur voisine de la ville de Boulogne ; au milieu était une estrade occupée par l'empereur et par son état-major, et en dehors du bassin régnait une longue tente demi-circulaire , réservée aux personnes invitées. Toutes les troupes du camp , dont on portait le nombre à plus de soixante -dix mille hommes de toutes ar-

mes, défiièrent devant Sa Majesté, et reçurent les décorations qui leur étaient destinées , aux cris sans cesse répétés de Five l'empereur ! Un temps magnifique avait favorisé cette distribution ; mais plus tard un changement subit de l'atmosphère vint attrister la fin de cette journée. Un vent très violent, qui s'éleva vers les trois heures, accueillit une division de la flottille d'environ vingt-cinq voiles , qui , partie du Havre , venait rallier les bâtiments déjà rassemblés dans le port de Boulogne; et , soit par l'eSet de la tempête , soit par celui d'une fausse manœuvre , dix de ces bâtiments furent successivement jetés à la cote , et coururent les plus grands dangers. Cependant un seul fut envahi par les vagues, et les autres, avec plus ou moins d'avaries , purent être remis à flot à la marée ascendante , et cinq ou six soldats seulement faisant partie de la division furent victimes de ce désastre. Quelques autres , que la frayeur avait portés à tenter le débarquement , trompés par la retraite de la vague, qui laissait à découvert une partie de la plage , furent renversés par le retour du flot ; mais les secours qu'une population alors si nombreuse s'empressa de leur porter les sauvèrent de tout péril. L'empereur , placé sur une élévation appelée la Tour (Tordre^ considérait avec émotion ce triste spectacle, pen-

dant que des généraux d'infanterie , et le ministre de la marine lui-même, le duc Decrès, couraient à cheval sur la plage pour organiser le sauvetage des hommes et des effets dont elle était couverte.

On sait , au surplus , que celte descente en Angleterre , dont la possibilité du succès avait paru plus que douteuse aux yeux de plusieurs habiles marins à une époque où la navigation n'avait pas encore emprunté à la vapeur cette prodigieuse puissance que ce merveilleux agent lui imprime aujourd'hui ; que cette descente , dis-je, fut bientôt abandonnée, des circonstances imprévues ayant forcé l'empereur à porter ses armes sur un autre terrain , et à les tourner contre d'autres ennemis.

Cependant les approvisionnements très con^dérable/que le rassemblement de la flottille dans ces parages avait exigés, et dont le principal entrepôt était à Calais , avaient obligé mon frère à s'établir dans cette ville ; ce qui m'y attirait quelquefois moi-même. Mon frère s'était associé à l'armement d'un corsaire destiné à faire la course sur les côtes méridionales de la Manche. J'assistai au départ de ce bâtiment, qui était monté par soixante-quinze hommes d'équipage, tous

armés jusqu'aux dents , et commandés par une espèce de matelot renforcé.

C'est un spectacle assez curieux que celui du départ d'un corsaire allant en course. Presque tous les gens qui forment l'équipage de ces sortes de bâtiments sont, pour l'ordinaire, des hommes d'une valeur éprouvée, mais d'une moralité plus qu'équivoque. Leur séparation d'avec leurs femmes ou leurs maîtresses est un mélange très piquant de larmes, de grosse joie, et, d'énergiques jurements par lesquels ils expriment l'espoir de faire en vingt-quatre heures leur fortune , ou la chance d'avoir la tète emportée par un boulet dans le même délai.

Le capitaine du bâtiment dont je parle me proposa d'un ton assez ironique de faire avec lui une courte promenade sur mer, et je ne sais quelle fiantaisie me fit accepter un peu légèrement cette proposition. Le pilote côtier qui devait conduire le bâtiment au large s'offrit de me reprendre , et de me ramener à terre aussitôt que je le voudrais. Je m'embarquai donc assez gaillardement , et me plaçai à côté du capitaine, qui, appuyé contre un mât sur le tillac, et la pipe à la bouche , donna le signal du départ. Me voilà donc en mer , en vue d'une frégate et de deux bricks

anglais, qui, placés en croisière de l'autre côté du détroit, observaient avec soin tous nos mouvements. Quoique rudement ballotté par les vagues sur ce bâtiment , fin voilier comme le sont tous ceux destinés à la course, je n'éprouvai aucun mal de coeur , au grand regret , je crois , des matelots, qui, voyant un bourgeois de Paris sur leur bord , s'attendaient à lui voir compter ses chemises (c'est le nom qu'ils donnent aux effets ordinaires du mal de mer). Enfin, après une heiu-e de navigation, je songeai à rentrer dans le port; mais je n'avais pas prévu la difficulté de repasser du navire sur le canot du pilpte-côtier. Il fallait y descendre à l'aide d'une corde , où je me trouvai, pendant la descente, suspendu, selon les mouvements du corsaire , tantôt sur le canot , et tantôt sur la mer. Enfin j'eus le bonheur d'arriver sans encombre sur cette coquille de noix , et je débarquai sur le rivage , tout fier d'avoir impunément bravé dans cette périlleuse campagne les menaces de la croisière anglaise , qui, du reste, eût été, je pense, si elle nous eût capturés, fort élonnée de trouver dans sa prise un conseiller à la Cour de cassation.

J'avoue qu'en me rappelant quelquefois cette équipée , je ne peux m'empêcher de trouver bien ridicule l'étourderie avec laquelle je m'y étais

— 154 -^ engagé. Cependant je ferai remarquer que la présence du grave magistrat n'avait pas porté malheur à l'expédition : car le corsaire fit, dès le troisième jour de sa course, la capture d'un bâtiment de commerce anglais , dont la valeur excédait 300,000 fr.

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