‹ Souvenirs et indiscrétionsChapitre 10 sur 42 · vient d'êlre réimprinié eu 1869, avec do · texte numérisé non relu

vient d'êlre réimprinié eu 1869, avec do

88 MA niOGRAPHIE

>' Eli 1887, M. Sainte-Beuve publia un volume de Poésies (in- 18) : Pensées d'août. Ce dernier recueil, joint à celui des Consolations et de Joseph Delornie, a contribué à former le volume intitulé Poésies complètes de Sainte-Beuve, in-12, lequel, imprimé en 1840, a eu depuis plusieurs éditions. Une édition dernière, qui a paru chez le libraire Michel Lévy en 186o,

nombreux et très-intéressants Appendices.

M. Sainte-Beuve y a réuni des appréciations critiques de Volupté, contenues dans des lettres de Chateaubriand, M™* Sand, M. Michelet, M. Villemain, etc. ; une surtout qui, sous forme de lettre, est la critique la plus complète et peut-être la plus remarquable qu'on ait écrite sur le roman de Volupté, due à la plume du marquis Âynard de la Tour du Pin (mort depuis colonel).

MA RI MGR AP in F. 89

forme deux volumes et est préférable pour le complet à toutes les autres.

» Dans l'automne de 1887. M. Sainte- Beuve, voyageant en Suisse, fat invité à donner un cours d'une année comme professeur extraordinaire à TAcadémie de Lausanne sur le sujet de Port- RoyaJy dont il s'occupait depuis quelques années déjà. Il fit ce cours en quatre-vingt-une lec us dans l'année scolaire '837-1838, et il bâtit ainsi l'ouvrage qui parut successivement en cinq volumes iii-8", depuis 1840 jusqu'en 1859. L'intervalle qu'il y eut entre la publication de plusieurs des volumes s'explique par les travaux ou

les événements qui traversèrent la vie littéraire de M. Sainte-Beuve. Cet ouvrage de Port-Royal (3^ édition) a été publié en six volumes (format in-12) en 1867 ; et cette dernière édition, trèsaugmentée, est nécessaire pour qui veut connaître non-seulement Port- Royal , mais beaucoup de circonstances de la vie morale et littéraire de ^I. Sainte-Beuve.

» La révolution de février 1848 dérangea l'existence de M. Sainte- Beuve. 11 était depuis 1840 l'un des conservateurs de la Bibliothèque Mazarine. Nommé en 1844 membre de l'Académie franraise à la place de Ca-

MA mO(;P. APHIE 91

simir Delavigne, il y avait été reçu le 17 février 4845 par M. Victor Hugo, qui était alors directeur ou président.

— L'instabilité qui, après la révolution de février 1848, semblait devoir présider pour longtemps aux destinées de la France, détermina M. Sainte- Beuve à prêter l'oreille à l'appel qu'on faisait d'un professeur de littérature française pour l'Université de Liège.

M. Charles Rogier, ministre de l'intérieur, qu'il connaissait depuis trèslongtemps, le décida à accepter, et il arriva à Liège en octobre 1848. Les difficultés étaient grandes, plus même que ne l'avait soupçonné M. Sainte-

92 MA r? m GRAPHIE

Boiive. Il eut le bonheur de trouver dans M. Borgnet, recteur, un homme équitable et juste, et dans le public et dans la jeunesse une disposition à l'écouter avant de le juger. Il faisait trois cours par semaine : lundi, mercredi et vendredi. Le cours du hmdi, qui était à la fois pour les élèves et pour le public et qui se tenait dans la grande salle académique, roulait sur Chateaubriand et son époque. Le cours du mercredi et du vendredi, destiné aux seuls élèves, embrassait l'ensemble de la littérature française . Vers le temps de Pâques et pendant les derniers mois, M. Sainte-Beuve eut en-

MA UIOGHAPHIE 93

core à faire des conférences de rhétorique et de style pour les sept ou huit élèves qui se préparaient à l'enseignement. Les souvenirs que M. Sainte • Beuve a gardés de cette année d'étude et d'Université lui sont demeurés précieux. Il n'a tenu qu'à peu de chose qu'il ne tixàt à Liège sa destinée et qu'il n'y plantât sa tente , au moins pour quelques années, ainsi que l'eût désiré le ministre de l'intérieur, M. Charles Rogier. Il n'a pu payer à la Belgique son trihut pnbUc de reconnaissance qu'un peu tarJ, lorsqu'il puplia, en 1861, les deux volumes intitulés : Chateaubriand et son (jruupc

littéraire sous l'Empire. Sa vie de Liège et les travaux qu'il y prépara se trouvent indiqués et résumés dans ces volumes.

» Non marié, mais ayant sa mère plus qu'octogénaire \ M. Sainte-Beuve

1. M^^e Sainte-Beuve est morte à Paris, dans sa maison de la l'ue Mont-Parnasse, où est mort aussi son fils, le 17 novembre 1850 à cinq heures de l'après-midi. Elle avait quatre-vingtsix ans. Son fils lui ressemblait beaucoup, diton ; quelqu'un qui avait bien connu Mn^^ Sainte- Beuve, et qui a le droit d'avoir un avis sur ces matières de santé, répétait souvent à M. Sainte- Beuve qu'il vivrait jusqu'à l'âge de sa mère. C'est à quoi du moins il paraissait destiné, pour qui le voyait tous les jours de bien près. Poi- Irine large et forte, constitution qu'on eût dite lies plus robustes, épaules carrées (il avait une grosse veine bleue sur la poitrine à droite, près du sein, qui frappait tout d'abord le regard), la voix toujours ferme et haute sans fatigue, l'appétit solide même durant ses souffrances, sans

MA B 10 (JR APIII E 95

revinl à Paris eu septembre 1819 , sous la présidence du prince Louis- Napoléon. Le docteur Véron lui proposa immédiatement de commencer dans le journal le Constitutionnel qu'il dirigeait une série d'articles littéraires paraissant tous les lundis. Ces articles réussirent et donnèrent le signal d'une reprise de la littérature.

M. Sainte-Beuve les continua trois ans au Constitutionnel, puis ensuite dans le Moniteur, devenu Journal de l'Em

répugnance poui' aucun mets, pas de délicatesse maladive, un organisme des plus sains, de lésion nulle part, sauf celle produite par la maladie dont ii osl mort, et (jui n'était pcul-èhe pas incurable.

9(3 MA HIOGIIAPHIE

pire. La collection de ces articles en volumes se fit à partir de 1851, sous le titre de ('^aiisorles chi Lundi, et elle se continua pendant les années suivantes au point de former en définitive quinze volumes in-18 '.

1 . La Table générale analytique qui se trouvait à la fin du onzième volume a été supprimée comme ne remilissant plus son objet par suite des éditions nouvelles de l'ouvrage, à chacune desquelles M. Sainte-Beuve ajoutait quelque chose dans ses articles; enfin les trois volumes qui ont porté de onze à (quinze le chiffre de lu collection des Causeries nécessitaient une nouvelle Table, qui n'a point encore clé faite. M. Sainte-Beuve l'a remplacée dans le onzième volume par une centaine de pages des plus piquantes, intitulées Notes et' Pensées, dans lesquelles, comme il disait, « il a vidé tous ses cahiers ». Ce sont des jugements et éclaircissements sur ses contemporains, des pages de Mémoires. — M. Paul Chèron, auteur delà première Table j a composé par cartes la Bibliogra-

» Mais, dans rintervalle, M. Sainte- Beuve fut nommé professeur de Poésie

l)liie de M. Sainte-Beuve encore inédite. Nous devons signaler, parmi ce que M. Sainte-Beuve a omis d'indiquer, les quatre articles sur Proa^ dhon, de la lievuo contemporaine (octobre, novembre et décembre 1865), qui seront prochainement réunis en volumes. — Nous avons eu à publier, depuis la mort de M. Sainte-Beuve, un dernier et nouvel article sur 3/™* Tastii, qui lui avait été demandé par les éditeurs des Causeries, j\IM. Garnier, pour l'un des deux volumes extraits de ce Recueil, Galerie de Femmes célèbres. — M. Sainte-Beuve s'est fait éditeur, en 18G8, à V Académie des Bibliophiles^ d'une Préface aux Annales de Tacite, par Sehac de Meilhan, suivie d'une Lettre du prince de Ligne a M. de Meilhan. Il y a mis des notes assez vives et un Avertissement. Cette publication doit compter en dernier lieu dans sa Bibliographie. — Son dernier article, et qu'il n'a pu achever, a été sur les Mémoires de M. le comte d'AIton- Shée, son cousin. Ce sont onze feuillets posthumes, qui trouveront place à la fin des iVo«vea»x Lundis. Un journal {la Cloche, du 15 février 1870) eu a déjà eu la laimeur.

98 MA 1! 10 G U.Vr II lE

latine au Collège de France en 1854, on remplacement de M. Tissot : il fît son discours d'ouverture le 9 mars 1855. Cette leçon d'ouverture, qui fut suivie d'une seconde, fut troublée par des manifestations tenant à la politique, et le cours en resta là. M. Sainte- Beuve fit ce qu'il devait, et il ne désire point aujourd'hui, sur ce chapitre délicat, avoir à s'expliquer davantage.

L'injustice dont il croit avoir été un moment l'objet a été trop amplement réparée et compensée depuis par des témoignages publics de sympathie et d'indulgence.

» Il tint à honneur toutefois de pu-

MA RIOPtRAPIIIE 99

blier la première partie du cours qu'il devait professer. De là le volume intitulé : Étude sur Virgile, uu volume ni-18 (1857). Le nom de M. Sainte- Beuve a continué de figurer en qualité de professeur titulaire sur les affiches du Collège de France, mais il a depuis longtemps renoncé à tous ses droits.

» Le ministre de l'instruction publique, M. Rouland, nomma ÎNI. Sainte- Beuve maître de conférences à l'École normale supérieure, afin d'utiliser ses services. M. Sainte-Beuve a rempli ces fonctions très-exactement à l'École normale pendant trois ou quatre ans (4858-1861).

100 MA P.IOGRAPIIIE

» C'est alors que sa jjlume de critique et de journaliste fut réclamée de nouveau par le journal le Constitutionnel, et il y reprit ses articles littéraires du Lundi à dater du 16 septembre 1861. Il remplit de nouveau toute une carrière, et la série de ces articles, recueillis à partir de 1863 sous le titre de Xouveaux Lundis, ne forme pas aujourd'hui (1868) moins de dix volumes qui auront même une suite.

» La fatigue ne laissait pas de se faire sentir. L'Empereur voulut bien conférer en avril 1865 ^ à M. Sainte-

Page 1