‹ Souvenirs et indiscrétionsChapitre 12 sur 42 · Le nom est illisible pour (jui n'est plus au · texte numérisé non relu

Le nom est illisible pour (jui n'est plus au

qui, il y a huit jours, me fit le plaisir de manger ma soupe. Vous y aurez lu le cas, bien juste, que je fais de vous, et le prix que j'attache à votre amitié et à votre estime.

* Votre lettre d'hier, pleine de sensibilité, de délicatesse et d'énergie, m'a, comme de raison, beaucoup plu.

Quand vous parlez des impôts dont nous avions la suite, justement pros-

courant de ces relations d'amitié et de famille, et qui saurait l'être encore à l'heure qu'il est? M. Sainte-Beuve, seul, qui aimait tant à se rappeler les souvenirs anciens, et dont les soirées intimes se passaient quelquefois à causer de son pays; de son enfance, de sa famille, aurait peut-être reconnu et déchiffré un nom local, et, dans tous les cas, il eût tout fait pour ne pas le laisser en blanc.

CTits par la puissance du Peuple, avant de l'être par celle de la Loi ; quand vous parlez des G..., des L..., etc., je vous repète et ne me rappelle tout cela que pour dénoncer tout cela à l'exécration publique. Quoique la branche de revenus publics dont j'avais la surveillance se gérât à l'instar des droits d'aides, la haine des aides n'avait point passé aux octrois. Il n'aurait point été difficile de remonter les octrois dont les ressorts , surtout vers ces derniers temps, étaient beaucoup relâchés. Jusqu'à la fin, jusqu'au 1" avril, les exercices, tant dans la ville que dans la campagne, se sont faits sans la plus

légère difficulté. Celte ci-devant province, qui voit éteint un droit de plus de 100 mille livres qui servaient à ses chemins, à l'embellissement de sa capitale, en gémit : mais l'Assemblée nationale, avec l'égalité des droits, veut l'égalité des choses. Elle veut tout réduire à l'unité. Cette égalité, cette unité, la nature cependant la détruit à chaque pas de ses ouvrages. Je suis de l'avis de beaucoup de personnes qui assurent qu'il y aura une réforme de la réforme, dans la législature suivante.

Supposons même que l'expérience sanctionne tout ce qu'a fait l'Assemblée, on lui reprochera toujours d'avoii' trop

taillé dans le vif, d'avoir trop sacrifié à la postérité la génération vivante ; il y avait des abus énormes : il fallait les détruire, les mutiler au moins pour empêcher leur reproduction, et non point tout bouleverser.

» A côté de nos places détruites, on ne voit rien malheureusement. Tant supérieurs que subalternes; nous étions douze ici, et le nouvel ordre des choses ne montre point une place de 600 francs pour l'ui; de nous. Je ne crois point être ingénieux à me flatter en vous disant que tout le monde prend à moi ici beaucoup d'intérêt. Mais, pour obtenir quelque place un peu honnête,

il faut aujourd'hui tant de mouvement, tant de dépenses d'allées et venues, tant de protection, en un mot un concours si rare de circonstances heureuses, que cette possibilité est plus propre à justifier le désespoir d'y réussir qu'à en encourager l'espérance.

» La perte de ma place a été un coup de foudre pour la si aimable et si aimée M'" L. D. Comme elle a des connaissances très-distinguées, même parmi nos plus célèbres députés, elle s'agite de toute manière pour obtenir quelque chose d'honnête. Au défaut de places, nous aurons au moins des

pensions ; mais quelles seront ces pei> sions? En vérité, l'avenir n'a rien de calmant. Ne point être uni à ]\r" D.! je vous l'avoue, j'ai bien de la peine à m'accoutumer à celte idée. Cependant je l'aime trop pour l'associer à moi, si je n'ai que des malheurs à craindre de l'avenir. Je la veux heureuse. Elle est si digne de l'être ! Son adresse est : Mademoiselle Louise David \ chez Madame David, lingère, rue Montmartre, n'^ 74. Je ne sais si vous lui avez écrit plusieurs fois : mais il y a quelque

Page 1