foi le nom est écrit au Ions
temps, elle m'a dit qu'elle venait de recevoir de vous une lettre qui Ta beaucoup flattée.
♦ En quittant Hornoy, vous irez donc directement à Blérancourt. Quand vous aurez pris langue dans ce pays, je vous prie de me marquer tout ce qui s'y passe. Vous pour qui mon cœur, pendant mon séjour à Blérancourt, était transparent comme la vitre, vous saurez ce que vous me devrez dire : si M'"*^Bin..., son fils, se portent bien ; la position de sa fortune ; M'"'' Vieil, comment elle va, etc., etc., etc.. Vous direz bien des choses à ces personnes sans oublier M., M"^' 11., qui, à de petits
défauts près, — eh ! qui n'a pas les siens? — sont de ])raves gens ; à Ant.., M-^M'^'^R., M"e Adélaïde, etc.. Me ressemblez-vous? Les personnes de qui j'ai reçu des honnêtetés, auprès de qui j'ai éprouvé des sensations douces, ont toutes une place proportionnelle dans mon souvenir. Et ces souvenirs tempèrent d'une manière si agréable les amertumes de ma vie!
» Je partage bien sincèrement les chagrins que peuvent éprouver M. et M*"^ H. Rappelez-moi à leur amitié. Quant à vous, comptez sur moi, à la vie, à la mort. N'oubliez
point de m'écrire de Blérancourt. — Adieu , mon clier Rizancour.
» Dévoué ^ ;
>. P.-S. Dites les choses les plus obligeantes à M. Bourgogne. J'insiste pour qu'il aille en Angleterre s'il veut bien savoir l'anglais. Recevez les amitiés de ma sœur qui vous estime beaucoup.
» Autre P.-S. Nous avons un club ici dont je suis membre. Nos orateurs ont répandu des larmes sur la tombe de. Mirabeau. Nous avons pris le deuil
i. Pas de signature, mais une note en tète, d'une écriture illustre et bien reconnaissable, celle du fils: «Lettre écrite par M. Sainte-Beuve de Boulogne-sur-Mer. »
pour huit jours avec un service. »
Le simple billet que voici, d'une main et d'une piété filiales, ne s'adressait à personne. II a été écrit uniquement pour celui même qui l'a tracé et qai l'a signé :
« Je suis né le 23 décembre 1804, quelques mois après la mort de mon père qui n'a été marié que quelques mois : ainsi, je ne l'ai jamais connu.
» Mais ma tante (sa sœur) qui m'a élevé m'en a constamment parlé, et je l'ai pu connaître aussi par ses livres, par les notes nombreuses dont il en chargeait les marges et où il répandait son àme sensible.
» Il eût été heureux des succès litté-
raires de son Mis, lui qui aimait d'un goût si passionne la littérature et la poésie.
» Que n'ai-je i)u lui ressembler et être digne de lui par tous les autres côtés! Du moins sa pensée m'a toujours été chèrement présente.
» Ce 3 seplcmbre 1841.
» Saime-Beuve. »