W DESBORDES-VALMORE
A roiiibi'e (le JobOpli Delonne, il fallait uiio poétique parure. Une couronne de violettes, remise le matin même des funérailles par M. Alexandre de Girardin, de la part d'une amie absente, fut le seul ornement du cercueil de M. Sainte-Beuve. Ce petit livre, pour lequel le titre de Bio^a'aphie serait emphatique et menteur, et qui compte bien sur l'indulgence du public pour n'èfre considéré que
comme un simple Essai, à la manière anglaise, aura du moins sa guirlande, un cadre dii^ne de l'auteur des Portraits de femmes. Au portrait qui ouvre ce volume, nous donnons pour pendant la belle page suivante de M™* Desbordes- Valmore, une lettre d'elle, qui ne pouvait entrer dans l'Etude de M. Sainte-Beuve, et qu'il avait lui-même oubliée comme à dessein dans ses papiers, où nous la retrouvons.
Il la tenait du hasard : un honorable amateur d'autographes la lui avait offerte en 1859, accompagnée d'une lettre très-digne et qui prouve que son possesseur ne s'en défaisait pas, sans en sentir tout le prix. Depuis ce temps-là, elle dormait. Tirons-la de son long sommeil : nous ne saurions mieux rendre hommage à la mémoire de M. Sainte-Beuve :
« A peine si j'ai pu vous répondre, ma chère Louise, ayant été interrompues dans notre causerie, et vous ne venez plus. Pourquoi sembliez-vous