‹ Souvenirs et memoiresChapitre 4 sur 27 · NAPOLÉON, MURAT ET LE ROI DE PRUSSE · texte numérisé non relu

NAPOLÉON, MURAT ET LE ROI DE PRUSSE

Lettres inédites (18 f 2)

Le 5 décembre 1812, en quittant l'armée, l'Empereur avait remis le commandement à Murât en lui laissant Berthier comme major général.

Un des secrétaires attaché à sa personne, M. Le Borgne d'Ideville, conservait les mêmes fonctions auprès du roi.

M. Vandal a publié les lettres de Berthier durant le commandement du roi qui prit fin au 15 janvier 1813.

Nous reproduisons ici la correspondance de Murât et celle de M. Le Borgne.

Cette dernière nous parait mériter la plus grande attention ; il en résulte qu'à l'état-major impérial on s'attendait à la défection du corps prussien. Il nous semble, en outre, que jusqu'au moment où elle fut connue, le roi avait l'intention de tenir à Kœnigsberg.

Les lettres de Berthier chargent cruellement Murât.

Pour être juste, il faut se rappeler les circonstances où il prit le commandement ; l'armée n'existait plus, personne n'obéissait, chacun adressait des rapports directs à l'empereur.

Comme il l'a écrit lui-même à l'Empereur, le Roi de Naples ne saurait « prendre sur lui de la commander (l'armée) qu'avec la plénitude de liberté et de pouvoir si indispensable à tout général d'armée. »

Tout le monde approuvera ces paroles. Du moment où Murât ne possédait pas la confiance de l'Empereur, le mieux pour lui était de quitter l'armée.

Murât à ï Empereur

Oohmiaaa, 6 déoembre 1812.

Je suis arrivé à 3 heures à Ochmïana, je serai demain à Miédniki. L'ennemi suit toujours Tarrière-garde. Je ferai prendre une position sur les hauteurs de Vilna, je crains bien de ne pas pouvoir conserver cette position longtemps ; tous les corps achèvent de se fondre ; il n'y plus rien de la jeune garde. J'ai donné des ordres pour l'évacuation de Vilna et de Kovno. Toutes les autres dispositions de Votre Majesté seront remplies autant que possible. Votre Majesté est partie, voilà le principal, que Dieu vous accompagne, et si j'ai le bonheur de pouvoir établir son armée dans les quartiers d'hiver et que Tennemi nous laisse tranquille, j'irai rejoindre Votre Majesté.

Je suis, de Votre Majesté, Sire, le très affectionné frère.

P. S. Le Major-Général vous écrit sans doute plus au long.

Murai à V Empereur

MiédoUci, 7 décembre.

La journée d'aujourd'hui a été une véritable calamité; le froid a été de 22 degrés. La route a été jalonnée de morts; que d'oreilles, que de nez, que de pieds, que de mains gelés. Nous perdons la moitié de notre artillerie ; tous les corps sont confondus; la garde n'avait pas aujourd'hui 600 hommes réunis. Si nous avions le malheur de ne pas pouvoir nous rallier à Vilna et qu'il prenne fantaisie à l'ennemi de risquer de nous suivre, je ne sais ce que nous deviendrions, si le froid continue comme il nous menace.

Le Major-Général entre dans de grands détails; nous partironsdemainde grand matin pour nousétablirà Vilna. Le génô-

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ralde Wrède restera demain à Slobodka et le maréchal Victor, qui n'a pas 100 hommes de réunis, à Miédniki. Le reste de l'armée ira s'établir à Roukoni ; la garde & pied et à cheval ira à Yilna. Je ne pense pas que Tennemi puisse nous poursuivre avec force ; le froid est trop excessif.

J'ai appris avec plaisir que Votre Majesté était arrivée en bonne santé... de Vilna. J'espère et je fais des vœux pour qu'elle arrive à Paris sans accident et en bonne santé.

Murât à VEmpereur

Vilna, 9 décembre.

J'ai reçu la lettre du comte de Lobau qui m'annonce que Votre Majesté passe par Varsovie et qu'elle jouit d'une bonne santé; que Dieu la protège et la mène jusqu'à Paris sans accident

Sire, il n'existe plus d'armée; tout est débandé; on ne peut plus donner d'ordres ; on ne trouve plus ni généraux ni officiers ; le froid a frappé tout le monde. Tout le monde est dans la stupeur, et l'évacuation, comme la conservation de Vilna est de toute impossibilité. Nous arriverons sur le Niémen sans une voiture ; je crains que tout le trésor ne soit abandonné. La division Loison n'existe presque plus. Le général de Wrède qui avait, le 7, 8000 hommes, n'en a plus aujourd'hui que 2000. J'ai confié le commandement de l'arrière-garde au duc d'Elchingen, qui, avec les Bavarois et la division Loison, tiendra les hauteurs de Vilna le plus longtemps qu'il pourra.

Sire, la fusion est telle qu'il est impossible même de trouver les officiers pour faire distribuer le million de gratifications ; cela nous aurait soulagés.

Sire, je suis d'autant plus au désespoir d'avoirà vous donner de si mauvaises nouvelles, que j'avais à cœur de bien remplir vos intentions et que j'avais encore espéré de pouvoir rallier quelque chose à Vilna; mais tout espoir est perdu ou paraît

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perdu. Le Major Général vous écrit longaement. Je resterai le dernier ; mais me ferai-je prendre, me ferai-je tuer? Le prince de Neufchâtel montre un courage héroïque.

Mural à V Empereur

KoYDO, tl décembre.

Sire, le Prince Major-Général adresse à Votre Majesté le rapport des événements de Vilna jusqu'à ce jour. Le désordre est arrivé à son comble, il ne reste à M. le duc d'Elchingen des 2«, 3S 9« corps, de la division de Wrôde, de la Vistule, du général Loison, qu'environ 1.500 hommes, pas un homme de cavalerie, et il est vivement poussé par une nombreuse cavalerie et de l'artillerie qui le déborde continuellement, et lui fait abandonner toutes ses positions et nous prend tous les jours beaucoup de monde ; il ajoute que si Tennemi se décidait à faire une charge à fond, il parviendrait à prendre tout ce qui reste des débris de l'armée. Tous les autres corps dVrmée ne comptent plus un soldat et n'ont que les cadres, quelques généraux, des officiers et les aigles ; la garde impériale n'a plus que 1.500 hommes d'infanterie, 600 hommes de cavalerie et plus d'artillerie ; une partie du trésor a été pillée et je doute que nous parvenions à faire arriver en sûreté le reste à Dantzig. Il nous reste l'artillerie du général Loison et celle de la place de Kovno, mais la conserverons-nous avec les forces que nous avons ? Il ne nous reste plus une voiture ; tout le monde a tout perdu, le froid continue à être rigoureux, le soldat qui reste au drapeau n'a pas la force de se servir de ses armes ; c'est une véritable calamité qui a frappé nos braves. Dans cet état de choses, j'ai cru indispensable de convoquer MM. les maréchaux et commandants de corps pour aviser au moyen de sauver à Votre Majesté tout ce qui nous reste encore de généraux, d'officiers et d'aigles et autres objets précieux ; nous ne pouvons plus

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vraisemblablement faire face à Tennemi sans nous exposer à nous faire tous prendre sans aucun avantage pour le service de Votre Majesté et sans gloire aucune. Je pense que l'avis de ces Messieurs sera de tout diriger d'abord sur Koenigsberg et ensuite sur les places de la Vistule.

Les ordres ont été envoyés au prince de Schwarzenberg et au général Reynier de se rapprocher de Byalistok et de couvrir le Grand-Duché ; on lui fait connaître que l'armée a dû se rapprocher de Tilsit et de Kœnigsberg, et on a donné ordre au duc de Tarente d'effectuer un mouvement sur Tilsit ; on fera détruire tout ce qui sera possible de ce qui existera dans Kovno et je vais me rapprocher de Kœnigsberg. Il est pénible pour moi de me voir forcé de vous faire un rapport aussi vrai, aussi affligeant, mais j'ai la douleur de m'y voir forcé; tout effort humain est superflu pour

remédier au désordre ; il faut se résigner au pouvoir

de Tennemi. Je demande à Votre Majesté la paix, en frère et en sujet.

Murât à Napoléon

Schranoe, ISdèMmbr».

Sire, la gravité des circonstances où se trouve l'armée, dont Votre Majesté m'a confié le commandement, m'a déterminé à réunir aujourd'hui MM. les maréchaux, les commandants des différents corps et des différentes armes, et l'intendant général, pour connaître la situation actuelle de leurs troupes et leur opinion sur le parti & prendre pour rallier le plus tôt et le plus sûrement possible les hommes qui ont abandonné les drapeaux. Il résulte de la déclaration qu'ils m'ont faite que le !«' corps ne compte plus aucune baïonnette, qu'il n'y reste plus que des officiers qui se relèvent pour porter les aigles.

Le 2« et le 3« corps sont dans le môme cas. Le 4« corps

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avait encore, avant de passer par Vilna, 100 officiers et- 118 soldats; deux grandes marches ont dispersé ces derniers; il n'est plus possible de réunir plus d'une trentaine d'hommes.

Le 5« corps est fondu depuis longtemps.

Le 8« n'a que des officiers.

Le 9« ne présente aucune force en sous-officiers et soldats. La division de Wrôde ne comptait aujourd'hui que 36 hommes. La division Rogiet environ 50. La garde à pied peut réunir à peu près 600 hommes; la garde & cheval de 6 à 800. La division Loison a au plus 600 hommes, indépendamment des 1.000 qui sont à Kovno. Le génie n'a plus qu'une centaine d'hommes. L'artillerie n'a aucun moyen en personnel; son matériel consiste en 16 pièces de la division Loison et 10 qui défendent la tête du pont de Kovno ; il n'y a point de caisson d'infanterie attelé. Les troupes n'ont plus de cartouches que celles qui sont dans la giberne et on est obligé, faute de moyens de transport, de détruire celles qui sont ici au nombre de trois millions.

L'intendance est entièrement désorganisée, Tétat-major général de même.

Dans cet état de choses, qui ne présente pas plus de 2.000 hommes à opposer à l'ennemi, car on ne peut pas compter sur la cavalerie démontée, j'ai demandé si on croyait possible de se tenir sur la défensive à Kovno. Tous les maréchaux ont pensé que cela était impraticable parce que le Niémen est gelé, que la tête de pont peut être tournée et que l'armée pourrait, dans la route qu'elle doit prendre, être tournée par l'ennemi. Une seconde question a été posée ; c'était de savoir quel était le meilleur système à suivre pour rallier l'armée.

On a pensé que l'armée ne pouvait être ralliée que dans des places, c'est à dire sur la ligne de la Vistule ; qu'il convenait de désigner le point sur lequel les hommes de chaque corps devraient se diriger, et d'envoyer à l'avance des offi-

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ciers pour les arrêter et les organiser, et de tracer deux ou plusieurs routes afla que les divers corps arrivassent séparément & leur point de ralliement.

Dans ce système, il reste une difficulté : c'est de savoir comment on composera une troupe organisée pour former une arrière-garde sur chaque route de marche.

En général, on s*est réuni à indiquer deux lignes principales : Tune passant par Tilsit et allant rejoindre Kœnigsberg, l'autre passant par Gumbinnen et Insterbourg et aboutissant d'un côté & Marienbourg et de l'autre à Thorn.

D'après ces observations, je me suis déterminé à faire passer tous les corps par une même route jusqu'à Gumbinnen. Là, je compte tracer des routes différentes pour chaque corps et diriger : le 1«% le 8* corps et les Wurtembergeois sur Thorn ; le 4« à Marienwerder ; la garde impériale, les 3", 3« et 9« corps à Dantzig ou Marienbourg.

Les dépôts de cavalerie dans l'île de la Nogat en les faisant couvrir par le duc de Tarente, qui occuperait Elbing si l'ennemi le forçait à découvrir Kœnigsberg. L'artillerie et le génie seront dirigés sur Dantzig.

Ces diverses directions ne seront données qu'au sortir de Gumbinnen.

P.-S. — Des officiers seront envoyés dans les différentes places de la Vistule et Dantzig pour arrêter les fuyards; des approvisionnements seront faits aussi. L'intendant général part de sa personne pour Kœnigsberg et assurera en passant le service des subsistances sur les différentes routes que doivent tenir les différents corps.

Le canon- s'est fait entendre toute la journée sur Kovno ; le duc d'Elchingen m'a fait connaître que c'était le canon de la tête de pont qu'il dirigeait contre les Cosaques. Il n'évacuera que demain cette place, ce qui lui donne le temps de faire détruire ce qui n'aura pu être emporté.

Arrivé à Gumbinnen, je partirai pour Kœnigsberg. Le froid est toujours très rigoureux, il était aujourd'hui de 22

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degrés; nous continuons à souffrir, les débris de Tarmée sont véritablement dans un état pitoyable.

Murât à Napoléon

WirbaUen, 16 décembre.

Le Major-Grénéral a écrit longuement et dans le plus grand détail à Votre Majesté ; les choses sont dans un tel état de désordre, qu'il m'est impossible de remédier au mal ; enfin, j'ai perdu tout espoir de pouvoir lui être de quelque utilité ; que puis-je, en effet, faire avec 1.500 hommes de toutes armes que je puis, peut-être, parvenir à mettre en ligne. Il ne s'agit donc plus de combattre, mais de réorganiser, mais d'administrer, mais de rallier les nombreux débris de l'armée. Sire, je déclarai à Votre Majesté, que je n'avais ni les talents nécessaires, ni le courage pour ce genre d'application, pour un travail qui m'est étranger. Cependant Votre Majesté insista. J'obéis, espérant que je pourrais encore rallier quelques combattants sur Vilna et sur Kovno ; mais les froids des 6, 7 et 10 détruisirent encore cette espérance, et* depuis, cette fusion de l'armée est devenue à son comble. Tout a été de mal en pire et le départ de Votre Majesté a été un nouvel échec pour la discipline. Je trahirais mon devoir, si je ne lui redisais pas que je ne puis conserver un commandement que je n'ai pris que par pure déférenceet par attachement pour Votre Majesté. Je laisserai donc ce commandement au vice-roi, qui, je vous le jure, remplira mieux votre espoir. Ce prince est plus exercé que moi dans l'administration. Je serai plus utile à Votre Majesté, soità Naples, soit en France. Si je n'avais pas reçu votre décision d'ici à quinze jours, je me mettrais en route.

Murai à l'Empereur

Stalluponen, 17 décembre.

Je reçois à l'instant la lettre de Votre Majesté du 12, de Posen ; je vois avec un plaisir incroyable que Votre Majesté

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continue son voyage en très bonne santé. Je la crois maintenant à Mayence. J'ai reça, hier, des nouvelles du maréchal Macdonald du 11 ; j'en reçois aujourd'hui du prince Schwarzemberg, du 14, de Slonim ; ni l'un ni l'autre n'avait reçu, & cette époque, les instructions que le Major-Général a dû leur faire passer, au premier, de se rapprocher du Niémen et à ce dernier de Grodno et Byalistock et de couvrir et défendre Varsovie. Le Major-Général est aussi chargé d'annoncer au prince Schwarzemberg que le 5" corps va se réunir à Varsovie et que le prince Poniatowski doit y recevoir 25.000 conscrits qui y sont déjà réunis, et y réorganiser l'artillerie.

Votre Majesté me dit que dans aucun cas je ne dois quitter l'armée ; je lui ai écrit hier que rien au monde ne m'y ferait rester ; je sens chaque jour davantage combien la tâche est au-dessus de mes forces, et je réitère formellement à Votre Majesté, qu'il m'est impossible d'y rester plus longtemps, séparé de ma femme et de mes enfants. Je crois déjà avoir assez prouvé à Votre Majesté un absolu dévouement. Je serai toujours prêt à revoler sous ses drapeaux quand il s'agira de combattre, mais je ne saurais y rester quand il ne s'agit plus que d'organiser et d'administrer, et quand le soin de mes états et le vœu de mes sujets me rappellent au milieu d'eux. J'ose croire que je lui serai encore plus utile en France et à Naples qu'ici.

Le Prince Major-Général a dû faire connaître à Votre Majesté par ses rapports successifs, d'abord, Timpossibilité où nous avons été de rallier l'armée à Vilna, de la rallier à Kovno, et mon rapport qui n'était autre chose que le procèsverbal de la séance tenue avec les maréchaux et tous les commandants de corps, prouve qu'il n'a pas été en notre pouvoir de rester 48 heures à Kovno, qu'il n'existait déjà plus d'armée et que l'on avait arrêté, à l'unanimité, qu'il n'y avait plus d'autres ressources que d'envoyer les aigles et les cadres dans les différentes places de la Vistule; mesure qui va recevoir son exécution.

Cependant, le maréchal Ney qui avait été chargé de faire Tarrière-garde à Kovno et de couvrir ma marche sur Wilkewisky, ne put exécuter mon ordre, Tennemi s'étant montré entre lui et moi sur le point de Skrance, où il fut obligé de faire sa retraite par Neustadt sur Stalluponen. Je fis, hier, un séjour à Wirballen pour l'attendre. Ce maréchal ne conserve plus une seule baïonnette de la division Loison et des 2^ et 3* corps. Il a fait sa retraite, seul de sa personne, avec quelques officiers de son état-major et quelques officiers de troupe. J'appris, hier au soir à dix heures, qu'il était à Gumbïnnen; je me trouvais donc faire l'arrière-garde avec 300 hommes de la vieille garde de Votre Majesté, avec environ 150 de la jeune, 800 hommes de mes vélites et 400 hommes de cavalerie de votre garde, 250 Hessois et 4 pièces de canon, avec 300 coups à tirer. Voilà, Sire, tout ce qui nous reste de réuni de la grande armée ; encore est-il vrai de dire qu'un tiers de cette troupe est 'dans l'impossibilité de [servir ayant les pieds et les mains gelés. Les Cosaques n'avaient pas encore passé hier à Liewisky, ni à Marienpol ; ils ne nous font plus de prisonniers et renvoient nos soldats après les avoir pillés. Il est cruel, quoique tout porte à croire que l'ennemi ne nous suivra pas, de ne pouvoir prendre position ; mais, comme je l'ai dit plus haut à Votre Majesté, tout est, depuis 8 jours, en route pour la Vistule, et ce n'est que là qu'on peut les rallier ; en effet, que feraient 1.000 à 1.200 hommes de votre garde pour la défense des Etats du Nord, du Grand-Duché et pour couvrir les .Etats prussiens. Mon espoir se porte donc versU'armée du duc de Tarente qui, par son mouvement sur le Niémen, peut encore remplir ce but important, et si, aux premières nouvelles que je recevrai, il n'y a rien de changé dans sa position, je compte me rendre à ce corps d'armée et manoeuvrer en conséquence, et j'espère y réussir, si, comme on me l'annonce, sa force est de 30,000 hommes bien disciplinés, pourvus de subsistances et ne demandant pas mieux que de marcher à l'ennemi ; dans ce

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