Ibid., i
plus inouï dans l'ancien monde que le langage divin qui y convia pour la première fois les hommes? « Aimez-vous les uns les autres ; aimez vos ennemis : si vous aimez seulement qui vous aime, quelle récompense en aurez- vous ? Autant en font les publicains1. Si ton ennemi a faim, nourris-le; s'il a soif, donne-lui à boire \ Parle bien de qui parle mal de toi. Quiconque n'aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est la charité3! » Les hommes qui croyaient de telles paroles avaient-ils donc changé de nature? Non. Mais la nature humaine venait d'être douée d'un nouveau sentiment, d'un second amour qui prend sa source dans le premier, qui ne se dépense pas comme l'argent, qui, loin de cesser, la dette payée, s'accroît en se prodiguant, qui donne à la science, à la toi, tout leur prix, « en sorte, dit saint Paul, que connût-on tous les mystères, eûton toute la science et la foi jusqu'à transporter les montagnes, et qu'on n'eût pas la charité, tout cela ne servirait à rien4. »
Pour exprimer des choses si nouvelles, la langue