Ad Rom., ii
que, si la meilleure des deux nous a donné plus de secours pour faire le bien, la moins bonne ne nous donne aucune commodité pour faire le mal.
La question peut se poser ainsi :
Le christianisme a-t-il introduit des nouveautés pratiques dans la morale du devoir, telle que l'ont connue les anciens ?
Ou bien n'a-t-il fait que lui donner une sanction et l'approprier au plus grand nombre des hommes ?
Sous l'impression profonde et vivifiante qui m'est restée de mes lectures, je réponds avant toutes preuves : non seulement le christianisme est venu sanctionner la morale antérieure ; non seulement de ce qui n'était qu'une science pour quelquesuns, il a fait une règle de mœurs pour tous les hommes; il a de plus élevé la dignité de notre nature en lui apprenant de nouveaux devoirs, et en lui donnant, pour les remplir, des vertus aussi nouvelles que ces devoirs.