LE BILLARD DE LA CITADELLE
Cette forteresse que la guerre de 1870 a rendue célèbre ne ressemblait en rien, au commencement du règne de Louis-Philippe, à Touvrage régulier que le génie éleva plus tard en vue de former une pointe menaçante sur la vallée, de commander les Ardennes à dix lieues et de défendre Paris en même temps que Laon.
La citadelle, en 1830, se composait de murailles démantelées contre lesquelles de pauvres gens avaient adossé des toits et divers matériaux de démolition pour y loger leurs familles. A quelques pas de la porte de la Plaine promenade qui longe les anciens murs des fortifications,
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deux choses étaient remarquables : une sorte de bastion élevé avec une unique petite fenêtre protégée contre le soleil par des persiennes vertes, et un personnage habillé d'une grande robe de molleton blanc qui, accoudé à la fenêtre du bastion situé au milieu de son jardin, ne se doutait guère que la couleur blanche de son vêtement servît de signal aux collégiens, car l'étoffe s'apercevant de loin avertissait les maraudeurs de ne pas escalader à cette heure les murs d'un endroit réputé par ses plantureux mûriers.
Une promenade, plantée de plusieurs rangées d'ormes, s'étendait parallèlement à la porte de la citadelle, à laquelle on arrivait par une chaussée bordée de murs formant pont au-dessus d'un fossé profond appelé le Jeude-Paume ; mais le gazon épais qui tapissait cet endroit indiquait que depuis longtemps les amateurs de la paume avaient renoncé à cet exercice.
Il n'en était pas de même d'un autre jeu, qui faisait les délices des collégiens assez favorisés de la fortune pour s'y livrer.
Près de la porte d'entrée de l'ancienne citadelle s'élevait un long bâtiment dont les fondations, plongeant dans le fossé du Jeu-de-Paume, portaient des murs qui pouvaient remonter à la fin du dernier siècle.
Cette bâtisse, dite maison Lallemand, cornmuniquait à la chaussée de la citadelle par un corridor en plein air, dallé de fragments d'anciennes pierres tombales ornemen-