En
le privilège du Théâtre-Lyrique, qu'il a fondé, qui subsiste encore, pour l'établissement duquel il engagea sa fortune et son avenir, et qu'il ne parvint à ouvrir qu'en 1847, à la veille d'une révolution
Il faut lire, dans les notes biographiques que nous avons citées, les tristes épreuves qui vinrent assaillir Adam, lorsque 1848 détruisit son œuvre naissante et lui apporta l'inquiétude, l'angoisse et la misère. Poursuivi par ses créanciers^ il leur abandonna ses droits d'auteur, ne conservant pour tout moyen d'existence que l'indemnité allouée aux membres de l'InstiLul, où il était entré en 1844. Tout le frappait à la fois, et le deuil entrait dans sa maison en même temps que la ruine. Il vit mourir son père, depuis longtemps privé de ressources; et comme le cœur du fils saigna, lorsqu'il sut que le convoi du pauvre devait conduire le vieillard à sa dernière demeure I... Un ami vint à son secours^. Dans ces cruelles épreuves, son courage ne faiblit pas : à force de peines, de travaux, de privations, de veilles et d'espérance en Dieu, il supporta et surmonta tout! C'est alors qu'il écrivit le Toréador, la Filleule des fées, Giralda. Puis, ce même théâtre, qui avait été l'instrument de sa ruine, devint l'instrument de sa rédemption. Établi sur des bases nouvelles, il appela à lui et garda pour lui seul le talent et la fécondité d'Adam, qui fut sauvé, sauvant aussi cette fois le
1. Adolphe Adam, dans une pensée généreuse, avait appelé à lui les jeunes compositeurs. M. Maillard, lauréat de l'Académie des beaux-arts, composa l'opéra d'ouverture, Gasiibeha.