Ces travaux sont presque terminés aujourd'hui
art, de cet arl difficile, doublement menacé par la lithographie et par la photographie, et que la photographie, auxiliaire utile, ne remplacera jamais, parce qu'il y a dans l'exécution d'une gravure, dans le travail d'un burin intelligent et savant, un sentiment individuel •dont des procédés, quelque parfaits qu'ils soient, ne peuvent; donner l'équivalent.
Nous demandons, d'accord avec les idées émises par M. de Laborde, que le gouvernement soutienne et encourage la gravure en pierre fine, que le gouvernement seul peut empêcher de périr et de disparaître.
Les bons graveurs de médailles ne manquent pas, mais nous regrettons que le gouvernement ait abandonné l'unité de direction des médailles.
On admire l'histoire métallique des régnes de Louis XIV, de Louis XV, de Louis XVI, de Napoléon 1% qui se compose de médailles uniformes et conçues dans les mômes idées. Mais sous Louis XVIII la confusion s'est introduite, on a agrandi peu à peu la dimension des médailles; les différents ministères, les administrations, les graveurs, ont demandé ou offert des compositions sans vue d'unité ou d'ensemble.
Autrefois, quand le gouvernement voulait faire frapper une médaille conimémorative, il en demandait la disposition et la légende à l'Académie des inscriptions et belles-lettres; le graveur l'exécutait en conservant sa liberté d'artiste. Aujourd'hui qu'il n'y a plus d'unité de direction, on fait beaucoup de médailles, on en fait de bonnes, mais on regrette qu'il n'y ait plus d'histoire métallique.
332 SOUVENIRS Ëï PORTRAITS.
Nous croyons, comme M. de Laborcle, que les expositions annuelles n'atteignent pas le but désirable. « L'inconvénient de tous les modes d'exposition est, « pour le jeune artiste, dit M. de Laborde S d'exciter « le désir naturel qui le pousse à se produire avant sa « maturité; et pour les talents faits, pour les talents « supérieurs, de compromettre leur œuvre, au milieu « d'une foule d'œuvres disparates, sous les yeux du « spectateur distrait. » Nous croyons que ces inconvénients, signalés avec tant de raison par M. de Laborde, s'appliquent surtout aux expositions annuelles; on pourrait ajouter à ces observations qu'il est difficile de distribuer, dans des expositions aussi rapprochées, les récompenses données par l'État. Nous pensons que des expositions biennales ou triennales suffiraient^. Elles seraient probablement plus riches que les salons annuels, et l'on y verrait plus souvent ceux d'entre nos artistes qui pourraient apporter à nos expositions un notable contingent d'éclat et d'intérêt; tous les six ans l'exposition pourrait être universelle.
Nous savons que les professeurs de l'École des Beaux- Arts, dans le but d'élever le niveau de l'enseignement général, se sont, à plusieurs reprises, préoccupés de l'établissement d'une École pratique de peinture et de sculpture, destinée surtout, dans les idées de l'Académie, aux élèves qui auraient obtenu des succès dans les