CHAPITRE I
Der Wille tm Gegensaiz des dualistischen Verhæltniss von Matene und Geist, von Leib und Seele %
Der Kern unsers Wesens offenbart sieh uns in unserm Innern als W ille. Das wahre und unzerstoerbare Wesendes Ich, sein Eigenstes, sein Innerstes, seine eigentlielle W r irklichkeit ist der Wille, daneben aber ist dem denkenden W r esen
La volonté en opposition avec les rapports dualistiques entre l'esprit et la matière et entre le corps et ràme.
La quintessence de notre être se manifeste dans notre for intérieur comme volonté.
La substance véritable et indestructible du « Moi », sa nature la plus intime, les replis les plus profonds de son être, sa véritable réalité est la
S O L'Y EN fit S ET PROBLÈMES SPIRITES
TEXTE ALLEMAND das Ich noch in anderer \\ r eise gegeben, næmlich als Yorstellung.
DerWillensakterzeugt immer durch eine Tætigkeit des Ivœrpers oder Geistes, das heisst Gehirnes.
Beide nun, Willensakt und Activitæt des Leibes sind nicht etwa objectiv erkannte,durch das Band der Casualitæt mit einander verknupfte verschiedene Zustænde.
TRADUCTION
volonté ; mais en outre de cela, chez l’être pensant le « Moi » se manifeste encore d’une façon différente, je veux dire par la faculté de la représentation.
L'acte de vouloir se produit toujours par une activité du corps ou de l’esprit, c’est-à-dire du cerveau.
Maintenant, tous les deux, l’acte de vouloir et l'activité du corps, ne sont pas, comme on pourrait le croire, des états, reconnus objectifs par le lien de la casualité.
La dictée s’arrêta là. Peut-être l’épuisement des fluides du médium n’en permettait-il pas la continuation.
11 me semble que ce qui frappe tout d’abord dans la dictée médianimique ci-dessus, c’est l’indication de la date de la dernière incarnation de son auteur invisible. Kn tous cas, elle me paraît être une réponse à la ques-
tion au sujet de son identité, que je lui avais adressée, comme d’ailleurs à tous mes interlocuteurs invisibles, question à laquelle il dédaigna de répondre aussitôt et directement.
Evidemment, j’aurais eu quelque peine à trouver le nom de la personnalité au moyen de cet indice, si le style et la tournure d’esprit de l’invisible, ainsi qu’une coïncidence bizarre ne m’eussent semblé être de véritables traits de lumière.
Mais ces deux circonstances s’imposant à mon esprit, « C’est Schopenhauer ! » m’écriai-je, « cherchons la date de sa naissance ! »
Voici ce que m’apprit le dictionnaire encyclopédique, consulté à son égard :
« Arthur Schopenhauer, né le 22 février 1788. »
Or, nous étions en 1897 î P ar conséquent, la dictée avait bien eu lieu top ans après son incarnation dernière .
Ainsi, ce fut donc une double preuve que l’indication de l’invisible : une preuve d’identité et une preuve des incarnations successives, le médium ignorant complètement cet enseignement spirite .
Mais il est temps d’expliquer ce que j’appelle une coïncidence bizarre. Voici :
La veille de notre nouvelle expérience spirite, une discussion animée s’étant engagée entre mon amie, Mme de S... M..., nos convives et moi, au sujet de la réalité ou non réalité du libre arbitre et personne n’ayant pu répondre d’une façon satisfaisante à ce sujet
controversé, je cherchai à me rappeler quelques pages posthumes de Schopenhauer, tombées, par hasard, entre mes mains, quelques années auparavant, et qui m'avaient paru traiter ce problème avec une logique et une clarté remarquables. Ce fut en vain. J’avais beau me torturer l’esprit, pas même le sens général approximatif ne revint à ma mémoire. J’en fus vivement agacée, surtout en voyant devant mon insuccès l’impatience de Mme de S... M... que cette question passionnait également.
Quelle ne fut donc pas notre surprise quand mon amie nous apporta, d’abord la dictée médianimique, obtenue seule et traitant précisément de la volonté libre ou non dans l’être humain, et puis quand le lendemain, nous fumes favorisées par une si brillante et logique suite !
« Télépathie, télépathie ! », s’écrieront encore les « esprits forts ». « Votre conscience subliminale a su mettre sur la surface ce que votre conscience personnelle tenait caché malgré vous. »
C’est clair, merveilleux et ingénieux; seulement, au fond, personne ne comprend rien à ce raisonnement, surtout si je dois avouer, comme de juste, que la dictée médianimique, obtenue autant par mon amie seule qu’en ma présence, quoique traitant le même sujets ne reproduisait pas même le sens général des pages posthumes de Schopenhauer, lues et oubliées, mais y faisait suite, comme si l’Esprit avait voulu nous donner des éclaircissements majeurs et encore plus détaillés à cet égard.
sorvENms i i' phorü‘:mes spihites
US
Non, il était arrivé ce que j’avais pu remarquer plusieurs fois, lors de mes expériences avec M lle R.,.. Un invisible témoin avait recueilli notre discussion pour nous en apporter ensuite la solution attendue. Dans le cas présent, selon toute apparence, c’était Schopenhauer lui-même qui semblait s’être chargé de cette charitable mission.
Suis-je trop hardie dans mon affirmation ?
Mais Justin Iverner, dans ces différents ouvrages, si remarquables de clarté, de logique, et de sincérité surtout, ne prouve-t-il pas d’une façon évidente das Hereïnragen einer Geisienuelt in die unsere, c’est-àdire l’immixion du monde des Esprits dans le nôtre?
D’ailleurs, pour qui connaît le style du philosophe allemand en question, surtout dans son texte original, le doute n’est guère possible.
11 est vrai, même certains coryphées spirites soutiennent que le style ne saurait être une preuve d’identité, la contrefaçon étant trop facile dans le monde des entités fluidiques. Ont-ils raison?
Évidemment notre concierge peut imiter notre signature et un acteur jouer au grand Napoléon. Mais tous deux peuvent-ils s'identifier à l’âme d’un autre, reproduire ce qu’il y a de génial, d 'individuellement génial dans cette âme? La preuve serait à faire.
Si les Esprits faussaires ne se trahissaient par la banalité stupide ou d'autres lacunes dans leurs discours, comment aurait-on su qu’ils nous trompaient ?
Dans les communications que j’attribue à Schopen-
hauer, pourra-t-on prétendre qu’il y a des passages indignes de lui ?
11 y a, certes, des phrases incohérentes, mais ce ne sont, selon toute évidence, que des interruptions dans la dictée principale, des interruptions causées par les idées chaotiques du médium et ce dont il se plaint lui-même, dans des exclamations hachées.
D’ailleurs, l'Esprit, au lieu de signer d’un nom illustre les pensées qu’il émet, se signale par la hardiesse de ses assertions, par son langage plein d'autorité, par son style particulièrement personnel. C’est là une nuance importante à observer. D’abord, nous voyons revenir cette grande thèse schopenhaurienne : « La volonté à la vie ! » Et combien le cadre des conceptions s’y trouve élargi ! Ce n’est plus le Schopenhauer de la Terre qui parle, mais l’Esprit du philosophe qui affirme au lieu de spéculer, quiajfirme Parce quil a reconmc la vérité d’outre-tombe. « Dieu est le médium suprême entre le « Moi » et le monde extérieur. » — « Tous les philosophes ont reconnu Dieu à la fin; ils ont philosophé vers Lui, par conséquent sans Lui . » « Toute expérience véritable est religieuse. »
Et ce seraient-là les conceptions d’un Esprit s’aba^ssant à jouer le rôle d’un autre ! Non, cela me parait impossible.
Evidemment, le Schopenhauer qui s’est manifesté par les communications ci-dessus (moins par celles qui vont suivre), n’est pas resté tout à fait le philosophe
d’outre-Rhin que nous avons tous connu et plus ou moins suivi, mais un Esprit qui s’est enrichi de ces connaissances nouvelles, de ces connaissances dont on ne trouve la synthèse certaine qu’au delà des frontières physiques. Tout comme le curé d’Ars qui, comme on a pu le voir, s’est manifesté à moi, lesté de ses préjugés catholiques, apostoliques et romains, le philosophe pessimiste de jadis, aux vagues aspirations vers le Nirwana des bouddhistes, se montra un optimiste qui affirme ; qui affirme ce qu’il y a de plus beau et de plus consolant à savoir : « Dieu en nous et par conséquent en dehors de nous . »
Et les catholiques oseront prétendre que c’est un démon qui s’est révélé par cette merveilleuse assertion ;
Les occultistes, que c’est une entité mystérieuse quelconque qui « joue » à l’Esprit d’un défunt, pour je ne sais quelle raison ;
Les théosophes, que c’est une coque, une loque, une larve, qui s’est manifestée !
Mais, pauvres humains, pourrait-on leur répondre, pourquoi avez-vous du plaisir à rendre inexpliquable ce qu’on est heureux de pouvoir expliquer au moyen de la simple raison et de preuves, pour ainsi dire, en mains ?
Avez-vous donc un intérêt à brouiller ce qui est clair ? Trouvez-vous une consolation pour vous et les autres dans vos théories abracadabrantes ?
« Les morts ne reviennent pas », dites-vous. S’ils
SOUVENT HS
•HOHLEMES SHOOTES
ne reviennent jamais, qu’est-ce donc que votre Bible, qu’est-ce donc que votre théosophie ?
Quelle religion tient sur ses bases immortalistes, si jamais aucun mort n’a prouvé la survie ?
Mais je m aperçois que ma plume m’a entraînée trop loin de mon récit, j’ai hâte d’y revenir pour le terminer.
Voici ce que j’ai à ajouter :
Mme de S... M... ayant été obligée de nous quitter, nous ne pûmes continuer ensemble nos rapports avec l’invisible auteur. J’en fus au regret.
Cependant, mon amie me promit de ne point cesser ses évocations. En effet, le 8 octobre de la même année, je reçus d’elle une lettre de Naples, dans laquelle elle me dit qu’ayant été subitement poussée à prendre le crayon, elle écrivit automatiquement ce qui suit :
Suite de la communication dît philosophe allemand,
donnée à Mme de S ...
bre 1897.
TEXTE ALLEMAND l)er empirische Charakter ist wie der ganze Mensch als... Gegenstand derErfahrung eine blosze Erscheinung, daher auch an Raum, Zeit und Casualitæt gebunden.
J/..., à Naples , le 8 octo-
TKADUCTION Le caractère empirique, comme tout Tètrehumain, est, entantquesujet d'observation, une simple manifestation, par conséquent liée à l’espace, au temps et à la casualité.
TEXTE ALLEMAND Dagegen ist die von diesen Formen unabhænzige Grundlage dieser Erscheinung, sein intelligibler Charakter, das heisst sein IVzl/e, als Ding an sich, von Raum, Zeit und Casualitæt unabhænzige und ihm kommt absolute Freiheit d. h.
Unabh ænzigkei t vom Casualitætsgesetz zu.
Die Freiheit ist also eine transcendentale...
TRADUCTION Par contre, la base de cette manifestation, qui est indépendante de ces formes, son caractère intelligible, c’est-à-dire sa volonté, comme chose en soi, ne dépend point de l’espace, du temps et de la casualité, et à elle revient donc une liberté absolue, voire l’indépendance de la loi de casualité.
Ainsi la liberté n’est que transcendantale.
Suivent des mots illisibles...
« Der Wille zum Leben ist keineHypothese, sondern der allein wahre Ausdriick des innersten Wesens der Welt. Ailes drængt und treibt zum Dasein,wo mœglich zum organischen, das ist zum Leben und danach zur mœglichsten Steigerung desselben ; an der tieris-
La volonté à la vie n'est point une hypothèse, mais la seule vraie expression de l’ètre intime du monde. Tout pousse et excite vers l’existence, si possible vers l’existence organique, c’est-à-dire vers la vie, et après à sa gradation la plus élevée possi-
souvenirs et prorlemes spirites
TEXTE ALLEMAND chen Natur wird es angenscheinlich,dass Wille zum Leben der Grundton ihres Wesens,die einzige unbedingte Eigenschaft desselben ist.
Man betrachte diesen universellen Lebensdrang, die jede Gelegenheit ergreift, jeden lebensfælhigen Stoff an sichreisst und dann wieder der entsetzliche Alarm und wilde Aufruhr desselben, wenn er in irgend einerErscheinung aus dem Daseim weichen soll,zumal wo dieses bei deutlichem Bewusztsein eintritt.
Da ist esnicht anders, als ob in dieser einzigen Erscheinung die ganze Welt auf immer vernichtet werden sollte und das ganze Wesen, eines so bedrohten Lebenden^ verwandelt sich sofort
TRADUCTION
ble ; c’est dans la nature animale qu’il devientévident que la volonté à la vie est la tonique de l’être, son seul et indispensable attribut.
Qu’on regarde cette universelle et violente aspiration vers l’existence qui saisit toutes les occasions pour empoigner toute matière, apte à recevoir la vie, et puis ensuite son épouvantable alarme, sa révolte impétueuse quand, dans n importe laquelle de ces œuvres, elle doit renoncer à l’existence, surtout dans les cas où cela doit se faire à l’état complètement conscient.
Alors ne semble-t-il pas comme si, dans cette seule manifestation de la vie, le monde entier devait s’anéantir? et aussitôt, tout l’être d’une