PU SOI V EM MS ET PROBLÈMES
Lui. — Non, c’est une question que je n'ai pas approfondie, parce que Jésus ne nous pas encore donné d’enseignements à ce sujet. J’apprendrai ces vérités par la suite, en m’élevant.
Moi. — Alors, un autre sujet. Que pensez-vous de l’avenir de l’Eglise catholique?
Lui. — Elle est appelée à faire une grande évolution. Cependant, son époque est facultative et dépendra du successeur de Léon XIII. Celui-ci est à la hauteur de l’époque, mais que sera le prochain? Si la religion catholique se complaît danssesfautes, malheur à rhumanité , car il faudra du sang pour changer les croyances; si elle s’achemine vers le progrès, alors Dieu réapparaîtra avec ses lois immuables. Jésus sera prié de nouveau et les temps changeront. On verra les Esprits incarnés se soumettre aux lois divines et courber le front devant le « Grand-Tout » qui les a créés, pour revenir à lui et donner la somme de devoir et de vertu exigée pour monter et se rapprocher de lui.
Donc, voici par le même médium quatre entretiens spirites, roulant en grande partie sur le meme sujet ! Par les réponses, diverses et semblables à la fois, ne faut-il pas avouer qu’on perçoit, pour ainsi dire, des personnalités distinctes, bien plus, fortement trempées? Comment nier le contraste entre l’ami, l’instructeur doux et complaisant (l’Esprit-Guide), le Père Jésuite autoritaire et à l’esprit subtil, Pie IX, l’Italien à 1 amabilité presque obséquieuse, et l’entité se disant
Ernest Renan, bon, mais sans politesse extrême r (J ai omis de reproduire les mots suivants, par lesquels ce dernier Esprit s’était annoncé à sa première évocation :
« Eaut-il donc encore une fois me faire noircir des feuilles ! ») Quel phénomène physiologique ou psychologique évoquer en faveur de ces entretiens, si Ion veut quand même s’obstiner à nier 1 tfait spirite ? Car, pour le moment, ce n'est que ce Jait que je voudrais voir mis hors du doute possible; je ne saurais assez insister sur ce point. Ainsi, les curieuses réponses, concernant le christianisme et la nature du Christ , peuvent encore, en attendant rexamenqu’ellesméritent, être laissées de côté ; f impression qu elles m'ont faite, au point de vue de mes croyances, est une impression toute subjective, j’en conviens. Selon nos prédispositions psychiques, les notions nouvelles nous frappent différemment. Nos âmes étant diversement façonnées, selon les épreuves plus ou moins multiples qu elles ont traversées, c’est par une fatalité plutôt que nous subissons^ que par une détermination mentale et volontaire qu’elles s’ouvrent ou se ferment aux vérités nouvelles. Elles ressemblent en cela à des instruments de musique qui selon leur construction diverse, tels que harpe, violon, piano, etc., vibrent et sonnent avec une grande variété , quand même la même main artiste les touche pour produire le même air.
Les réponses obtenues, grâce à mes investigations théologiques ou purement psychiques, peuvent-elles, oui ou non, se prendre en considération r C’est là une
question de besoin religieux et d’appréciation mentale. Pour les faits en eux-mêmes, il n’en est pas ainsi ; ne pouvant s’expliquer par les lois naturelles, connues , ils s’adressent à la science, comme nombre d’autres phénomènes, plus ou moins semblables.
Certains critiques se heurteront peut-être aux noms de Lazare et de Marie, dans la communication de Renan. Ils diront : « C’est parce que votre esprit était hanté de ces deux personnalités, qu’elles se sont trouvées sous la plume du médium. »
J’ai à leur répondre : Je n’ai pas reproduit les évocations dans l’ordre que je leur fais suivre dans mes « Souvenirs et problèmes spirites ». Voulant éviter de répéter les paroles du même Esprit, j’ai mis toutes les instructions (celles que je voulais publier) de l’Esprit- Guide ensemble, de même que celles du Père Félix, quoique l’évocation de Renan doive se placer entre ces divers entretiens. C’est précisément parce que Renan parla de Marie et de Lazare d , une façon inatieîidue , que j’eus l’idée de poser à leur sujet les mêmes questions aux entités les plus diverses. Si je n’avais pas été interloquée par la réponse de Renan, à propos de sa Vie de Jésus , je lui aurais fait des objections tout autres — et cette déclaration protive la réalité du phénomène.
Et si L*on me dit, comme c J est arrivé maintes fois / « Ainsi vous pensez que les Esprits les plus éminents n’ont pas autre chose à faire qu’à accourir à votre appel ? », je réponds: «Je ne le pense pas ; ils
viennent s’ils le veulent bien . » D’ailleurs, bien souvent j’ai essuyé des refus,par Darwin entre autres; et d’autres fois encore, j’ai eu affaire à des Esprits farceurs qui se trahissaient bientôt par leur ignorance ou leurs contradictions. Mais si l’on admet que des Esprits farceurs peuvent venir nous tromper, comment nier le pouvoir et le vouloir des bons Esprits de se communiquer également ? « Les bons » abandonneraient uniquement la place aux mauvais et Dieu nous laisserait ainsi exposés à des dangers sans aucun remède ? Singulières mentalités que celles qui ne se heurtent pas à un pareil illogisme !
Allan Kardec, ce chef sage et pondéré, répétait sans cesse : « 11 faut passer les réponses des Esprits par le crible de la raison. » En effet, je ne vois que ce moyen. Et si Ton me trouve audacieuse en publiant quelques communications signées, je m’abrite encore sous l’égide du grand pontife spirite. N’a-t-il pas reproduit de nombreuses évocations avec leurs signatures? Pourquoi n’en ferions-nous autant, si les pensées des personnages évoqués prouvent leur identité, autant qu’ils peuvent la prouver? Les railleries ont trop arrêté les spirites d'aujourd’hui. Qu'importe l’attaque, qu’importe même si l’on se trompe quelquefois ? Aucun progrès ne s’obtient jamais sans quelques tâtonnements, sans quelques faux pas même. Sans me soucier des clameurs narquoises, je vais donc encore reproduire le seul entretien que j’obtins du grand apôtre en spiritisme, Allan Kardec.
Évocation d'Allan Kardec
le 26 août 1895
Allan Kardec fait ses salutations à ses soeurs en croyance.
Moi. — Donnez-nous un signe pour nous convaincre de votre identité.
Â. Kardec. — Je vous parlerai donc de ma surprise en voyant certaines revues spirites insérer des articles qui sont, pour le spiritisme, une condamnation plutôt qu’une oeuvre apostolique.
Moi. — Cette preuve doit me suffire d’autant plus que je partage votre regret. Mais que dites vous de vos œuvres spirites? Les trouvez-vous complètes?
A. Kardfx. — Ces choses sont toujours incomplètes, si ïon veut considérer le Jond ; elles sont complètes, ou plutôt suffisantes, si Ion ne voit que le but cherché. Il ne faut pas éblouir quelqu’un qui sort d’un endroit obscur.
Moi. —C’est très juste. Mais ne voudriez-vous pas continuer votre œuvre spirite en vous servant de Mlle R. . . , qui est un si remarquable médium écrivain ?
A. Kardec. — Si j’avais dû faire cela, ce serait déjà fait, car beaucoup de médiums m’ont évoqué. Mais, à chacun sa tâche! La mienne, comme novateur, est terminée. La gloire de l’avancement humain ne peut ni ne doit se reposer sur un seul ; inévitablement
SOUVENIRS ET l'HOHLÈMES SPIHITES
le prédestiné en concevrait, à la fin, un orgueil qui nuirait à son avancement.
Moi.— Cependant, ne reviendrez-vous pas terminer votre œuvre, ainsi qu’un Esprit vous l’avait prédit, selon vos propres dires?
A. Kardec. — Oui, mais pas encore; entre mon époque passée et la prochaine, il y aura d’autres apôtres du spiritisme qui travailleront à sa cause, et lorsque je reviendrai, le progrès aura déjà fait de grands pa r .
Moi. — Ceci est de toute évidence. Mais ne pensezvous pas que le spiritisme sera de plus en plus chrétien , quoiqu’il ne reconnaisse jamais le Christ comme le Dieu égal ait Père ?
A. Kardec. — Non, le Christ n'est pas Dieu, mais seulement un envoyé de Dieu. Le spiritisme sera chrétien parce qu’il enseignera de plus en plus le principe du Christ : la charité. « Hors la charité pas de salut », ne l’ai-je pas assez répété ?
Moi. —Certains Esprits m’ont dit qu’il fallait toujours passer par Jésus pour arriver à Dieu. Est-ce indispensable, d’après vous ? Mais comment comprendre cette nécessité ? N'est-ce pas suffisant de chercher à se perfectionner ? Qu'importe le choix d’un bon moyen si le but est le même ?
A. Kardec. —-Oui, certes, mais c'est la progression qui mène les âmes vers lui . Celles qui, désincarnées, dans un état de perfection relative, ne l’ont pas connu, le connaîtront bientôt et grandiront vite dans leur
SOU VEN IUS ET PHOhLÈMES SPIllITES
croyance, parce que leurs perfections morales seront assez grandes pour leur permettre de comprendre très vite et de réparer ce qu’elles auront négligé par ignorance.
Moi. — Ce que vous avez écrit dans votre livre : Le Ciel et ïEnfer, X avez-vous trouvé confirmé ?
A. KARDEC. — A peu près.
Moi. — Les planètes sont-elles le séjour des âmes qui ont quitté la Terre?
A. Kakdec. — Oui, souvent. Elles sont comme nos Terres promises.
Moi. — Alors quelle est la succession des planètes comme degré de béatitude ?
A. KARDEC. — Jupiter est la meilleure.
Moi.—Quelle différence de séjour y a-t-il surles autres?
A. KARDEC. — C’est à peu près identique.
Moi. — Mars, est-ce une planète supérieure à la Terre, comme on l’a prétendu?;
A. Kardec. — Non, il est bien reconnu que Mars n'est pas supérieure à la Terre, du moins à certains points de vue. Les âmes y sont, en effet, soumises à un corps moins lourd et qui peut se passer de certaines choses qui nous sont nécessaires, mais, à part cela, on n’y jouit pas d’un bonheur plus parfait.
Moi. — Puis-je vous demander quel est votre séjour à vous ?
A. Kardec. — [e n'habite aucune planète; je veille, loin de la Terre, au progrès du spiritisme en attendant ma réincarnation.
MOI. — Depuis que vous avez quitté la Terre, avez-
vous fait des progrès en astronomie ? Vous rendez-vous compte de la nature des anneaux de Saturne?
A. Kardec. — Oui, j’ai appris bien des choses, mais l’explication que je vous donnerais sur ces anneaux ne vous éclairerait pas à cause des différences de la planète, que vous ne pouvez pas apprécier.
Moi. — Pourquoi un Esprit se disant habiter cette planète m a-t-il répondu qu'il n’a pas vu d’anneaux ?
A. Kardec. — Cela ne veut pas dire que les anneaux n'existent pas. L’Esprit peut ne pas connaître la manière de les observer.
Moi. — Vous rappelez-vous une précédente incarnation ?
A. Kardec. — Oui.
Moi. — Serait-ce indiscret de vous demander dans quelle position vous étiez alors ?
A. Kardec. — Oui, c’est bien indiscret.
Moi. —Cependant, vous faisiez vous-même de ces questions; vos évocations en sont pleines.Les réponses que vous obteniez venaient-elles d’Esprits farceurs?
A. Kardec. — Oui, très souvent, c’est ce qui arrive.
Maintenant, je dois vous dire que, lorsque l’Esprit est
mauvais, il est tourmenté par ses fautes passées (c’est sa punition), alors il éprouve le besoin de se confier; il semble s’en soulager d’autant plus qu’il espère que les incarnés, émus de pitié, prieront pour lui et aideront à sou avancement.
Moi.—Que pensez-vous du spiritisme actuel? En êtes-vous content ?
A. KARDEC. — Le mouvement spirite est violent, en effet ; seulement, je regrette beaucoup de le voir se confondre avec l'occultisme, le magnétisme, la cartomancie, etc., etc. Ces pratiques lui font un tort considérable et N. (ici un nom que je ne veux répéter) n’a ni la force ni l’autorité de marcher contre l’envahissement.
MOI. — Et de l’Eglise catholique, qu’en pensez-vous?
A. Kardec. — Laissons cette question. Nous savons ce que tout cela signifie, puisque nous avons interprété les dogmes différemment ; alors que nous importe la science des prêtres, les destructeurs du foyer?
Moi. —Mais il y a aussi de bons prêtres ; il me semble que toits ne méritent pas l’épithète que vous leur donnez.
A. Kardec. —Certainement non. Mais les bons prêtres sont généralement plus ou moins des médiums, qui reçoivent leurs enseignements, ne serait-ce que par intuition, des instructeurs invisibles et qui se distinguent par leur esprit charitable.
Moi. Avant de terminer cet entretien, voulez-vous nous donner quelques conseils ?
A. KARDEC. — Soyez prudentes et ne cherchez pas plus qu’il n’est permis, car c’est alors que les mauvais Esprits interviennent et troublent la raison.
En toute chose soyez modérées .
Pour peu qu’on soit au courant des œuvres d’Allan Kardec, on ne saurait nier l’analogie entre l’esprit qui
SOUVKN’IUS ET PHOHLÈMES SPIIUTKS
en émane et celui qui se manifeste dans l'évocation ci-dessus. Toutes les phrases produites respirent le calme, la modération et la prudence. Comme exemple, sa recommandation finale. Aucune des personnalités venues à notre appel ne nous avait, en effet, mises sur nos gardes contre les mauvais Esprits. Le spiritisme ne leur étant pas familier, elles n'y pensent pas; pas davantage, elles ne s’annoncent par 1 épithète « sœurs en croyance » usitée entre adeptes, comme le fait le pontife spirite.
D’autre part, pour prouver son identité, une critique, extrêmement judicieuse, se glisse sous sa plume, comme une expansion fatale de sa mentalité. Comment ne pas le remarquer ?
Et quelle différence de langage avec les autres entités citées, quand il s’agit de donner son opinion sur l’Église catholique ! Sa réponse n’a-t-elle pas l’air de dire : « Votre question est oiseuse, puisque vous connaissez mon avis par mes enseignements qui la condamnent dans ce qu'elle a de condamnable » f Et, par suite, ne reste-t-il calme, dans son style si différent de celui de Renan, plein d’emballement, quand il s’agit de donner son opinion sur cette Église qui est comme une épine qui k blesse toujours? A Allan Kardec, que lui importent les erreurs catholiques ! Les fautes seules des spirites lui semblent réprouvables.
Mais que de choses il y aurait encore à dire en faveur de la diversité des Esprits manifestés ! Je m’abstiens, craignant de fatiguer par une démonstration trop
longue et peut-être d’autant moins nécessaire que celui qui est sans préjugés a depuis longtemps uni sa conviction à la mienne.
L’entretien suivant que j’ai obtenu, comme une faveur spéciale, après un mois d‘attente , est censé avoir eu lieu entre l'esprit de Coligny et moi. Cependant, comme je ne connais pas le style du grand amiral, je ne soutiendrai pas le fait. Je dirai seulement que les pensées émises paraissent s adapter à ce que je connais de La mentalité de cet Esprit. Je les publie donc afin de les soumettre à l'examen.
Et si l’on m’accusait de nouveau d’une outrecuidante prétention, en supposant seulement avoir pu, en quelque sorte, obtenir une entrevue avec l’héroïque martyr de vils intrigants fanatiques, je dirais, pour ma justification, que non seulement l’Eglise catholique admet que les plus grands saints se manifestent quelquefois à ceux qui savent les invoquer, mais que dans notre monde profane, nous admettons tous les jours les interviews entre (( grands et petits ». Alors ce qui est possible de ce côté et dans un ordre d’idées, n’est peutêtre pas absolument impossible de l’autre et selon une conception différente.
Fragments d’entretiens avec Coligny
« Je voudrais vous dire combien je suis touché qu’une papiste me mette au rang des bons Esprits. »
D. — Etes-vous le grand Coligny qui venez à mon appel ? Dans ce cas, écrivez, je vous prie, tout votre nom et la date, soit de votre naissance, soit de votre mort.
R. — Gaspard, amiral de Coligny ; quinze cent soixante-douze ; c’est Besme (i) qui m’a tué.
(Le médium, habilement interrogé sur ces faits historiques, avant l’évocation quelle ignorait , m’avait prouvé ne pas s’en souvenir.)
D. — Par votre communication, je voudrais obtenir une nouvelle preuve de la réalité des faits spirites par la preuve de l’identité mentale ; par conséquent, voulez-vous me dire comment vous envisagez aujourd’hui la divergence religieuse entre les catholiques et les protestants de jadis?
R. — C'était de la politique. Malheureusement, la religion d’alors ne savait pas ce que Dieu demande au coeur humain.
D. — Connaissez-vous les véritables instigateurs de la Saint-Barthélemy ?
R. — Guise et la malheureuse Catherine.
I). — Pourquoi l’appelez-vous malheureuse?
R. —Elle a si cruellement expié et elle n’est pas encore heureuse.
D. — Où est-elle?
R. —Encore en incarnation.
(1) L'Esprit eut beaucoup de peine à écrire le nom de Besme. Les noms se produisent très difficilement dans l’écriture automatico-spirite.
ikî
SOUVKNms ET PUOHLKMES SPI1UTES
1). — Est-ce la seule depuis cette époque ?
R. — Oh ! non ; elle a été très courageuse et a voulu payer vite la rançon.
D. — Pourriez-vous reconstituer la scène de votre cruel assassinat, me décrire vos souffrances, vos impressions dernières
R. — Tout cela est bien confus maintenant, mais je puis vous dire que j'ai été peu effrayé . J’avais un tel mépris de « tout ce Louvre », que fêtais fier de leur voir commente un crime de plus et de voir leurs mains rouges du sang protestant..
D. —Ne voudriez-vous donner quelques conseils à vos coreligionnaires d’autrefois par la voie spirite ? Ne trouvez-vous pas qu’ils se privent d’un grand secours en négligeant d’invoquer les Esprits élevés et n’omettent-ils pas un devoir sacré, celui de prier pour leurs morts?
R. —-En effet, vous avez raison. Mais mes paroles n’auraient aucun poids auprès des protestants; ils seraient encore plus difficiles à convaincre que les papistes.
D. — Votre réponse prouve toutefois qu’ils ont tort.
R. — Oui, sûrement. Mais la religion na rien à voir avec la perfection .
D. — Vous-même, ne vous êtes-vous pas privé d’un grand secours sur terre en négligeant d invoquer la mère du Christ, cet Esprit qu on dit très puissant ?
r # Oui ; il y a eu de ma part, comme de celle de tous ceux qui ont suivi la Réforme, une exagération.
C'est toujours l'excès vers lequel vous pousse la recherche de la vérité.
D. — A quel acte de votre vie terrestre attribuezvous votre élévation actuelle ?
R. — je crois que la pensée du devoir a été une grande cause d’élévation ; puis l’amour de mes coreligionnaires et le sentiment que je donnais mon sang pour la gloire de Dieu.
D. — Vous souvenez-vous de votre rôle de colonisateur dans ce monde et approuvez-vous encore toujours ce système de civilisation ?
R. — Non. Je suis différemment éclairé sur ce point ; mais nous avions alors des opinions très dominatrices : chacun rêvait d'un petit royaume .
D. — Mais, en somme, a-t-on raison de porter la guerre chez les peuples barbares, sous prétexte de les civiliser et de leur enseigner l’Evangile?
R. — Non. On devrait leur enseigner la charité fraternelle et ne détruire leurs instincts sanguinaires
qu’en leur donnant le bon exemple.
Ce que j’ai dit au sujet de ces quelques pensées, extraites de l’entretien avec l’esprit de Coligny peut, au même titre, s’adresser aux instructions suivantes, données par le grand Pascal ; car, je l’avoue, j’ai encore eu la prétentieuse audace de l’évoquer. Je dis « instructions » plutôt que communications, ce dernier mot étant trop vague et les réponses de l’Esprit en question pouvant servir à nous instruire sur des
questions où la science ne nous a encore rien donné de plausible.
Quant à l’identité de Pascal, je ne donnerai point mon opinion ; le lecteur jugera si les réponses de la personnalité laissent supposer qu’elles proviennent de lui. Cependant, ce qui serait surtout typique dans les pensées qu’on va lire, c’est l’aversion (justifiée ou non) professée contre les Jésuites. Personnellement, je le confesse, j’en ai d’abord été choquée et portée au doute sur son identité véritable, malgré la similitude du sentiment antipathique entre le Pascal de ce monde et de l’autre. Je me demandais si, dans ce passage du moins, un Esprit inférieur n’avait pas cherché à le contrefaire afin de me tromper. La réponse de l'Esprit dissipa mes soupçons.
Réponses de l'entité, signant Biaise Pascal, données à mes diverses questions
D. — Qu'est-ce qu’un bolide ?
R. — Un bolide est une condensation atmosphérique causée par les courants et les déplacements de l’air.
D. — Quelle est la différence entre un bolide et un aérolithe ?
R. — Le bolide est une matière non tangible, souvent incandescente ; l’aérolithe, au contraire, est la matérialisation complète et spontanée des éléments chimiques qui constituent une pierre.
D. — Nos savants disent que ce sont des pierres qui se détachent d’une planète voisine.
R. — C’est faux.
D. — Qu'est-ce qu’une étoile filante ?
R. — L’étoile filante n’est qu’un mirage produit par la disposition des phases du zodiaque.
D. — Ne voudriez-vous pas vous expliquer mieux ?
R —Je veux dire que par rapport à la Terre les constellations provoquent des jeux de lumière.
D. — Pourquoi en voit-on davantage au mois d’aout et pourquoi plutôt dans les contrées boréales ?
R. — C’est justement à cause de la position de la Terre relativement aux autres astres.
D. — Dernièrement un Esprit me dit que le soleil s’éteindrait un jour pour devenir planète comme la Terre, qui ne serait elle-même qu’un soleil éteint ?
R. — C’est vrai.
D. — La définition que nos astronomes nous donnent des comètes est-elle exacte ?
R. — Ils sont dans la vérité.
D. — Que faut-il croire de la Lune ?
R. — C’est un monde éteint.
D. — Comment peut-on expliquer les anneaux de Saturne ?
R. — | e les compare à l’auréole des saints. La planète dégage une atmosphère fluidique tellement dense qu’elle se montre à nos yeux.
D. — Et qu’est-ce que le fluide ?
R. — Le fluide, c'est la vie . Plus cette vie est déma-
SOUVENIRS ET PROBLEMES SPIRfTES
térialisée, plus elle se rapproche de la Divinité et plus elle possède des facultés puissantes. Le Christ .était un Esprit tellement avancé qu'il avait des fluides se confondant avec ceux de la Divinité. C’est pourquoi il pouvait dire : Moi et le Père nous sommes « un » ; c’est pourquoi il avait la puissance de guérir.
D. —Tout Esprit désincarné peut-il magnétiser ?
R. — Oui.
D. — Dans ce cas, en demandant des fluides à un Esprit supérieur, ne risque-t-on pas d’être saturé de fluides inférieurs (i), ainsi que quelqu’un l’a prétendu ?
R. —Non, parce que votre pensée traverse les couches inférieures sans pouvoir y séjourner.
D. — Les envoûtements, sont-ce des faits réels ?
R. — Oui, c’est l’œuvre des mauvais Esprits.
D. — Comment Dieu peut-il permettre que ces Esprits viennent nous faire du mal ?
R. — Ce voile n’est pas levé.
D. — Le type de l’humanité est-il partout le même ?
R. — Non.
D. —Avez-vous vu d’autres types ou parlez-vous par déduction ?
R. —Je n’ai pas vu d’autres mondes, cependant je sais que l'humanité n’est pas partout pareille.
D. — Croyez-vous qu’il y ait des mondes où l’être humain soit pourvu de la faculté de l’aviation ?
R. — Oui, certes.
(1) Cette réflexion se rapporte à un phénomène dont je ne manquerai pas de parler par la suite.
SOrVEXIHS ET PHOIll.EMEH SI'IUITES
D. — Comment le savez-vous ?
R. — Je sais que cela existe ; c’est une question de densité.
I). — Me permettrez-vous de vous demander votre opinion actuelle sur vos difficultés religieuses sur la Terre où votre cœur et votre raison étaient toujours en discorde ? ,
r. — Je ne dois pas en vouloir à personne ; cependant j’avoue que je n’aime pas plus qu alors les Jésuites et leur prépondérance exagérée. Si le spiritisme eût été connu sous la reine Anne , j’aurais été spirite. J’avais d’autant plus de peine à croire aux dogmes catholiques, que j’avais davantage le souvenir de l’espace.
D. — La fadulte que vous aviez à dix ans de découvrir une nouvelle figure géométrique a-t-elle aussi son explication dans cette circonstance ?
R. — Oui.