TROISIÈME ENTRETIEN
MÔI. — L’Eglise préconise la récitation dn chapelet. Ne rapetisse-t-elle pas la prière en en faisant un effet de simple moulin à paroles, à l’ifistar de certaines tribus sauvages, les Hottentots, si je ne me trompe?
Le CURÉ d'Ars. — Il faut considérer, ma chère enfant, que les âmes simples ne sauraient formuler une pensée élevée ; elles trouvent donc dans le chapelet une prière longue et facile.
Moi. —L’Eglise prétend que c’est la mère du Christ qui aurait elle-même indiqué le chapelet; est-ce exact?
Le CURÉ d’Ars. — Non, mais elle est touchée de l’intention.
Moi. — L’Eglise enseigne également que Marie apporta elle-même un scapulaire en disant que quiconque en porterait un semblable serait infailliblement sauvé. Que faut-il penser d’un enseignement aussi bizarre qu’injuste et qui nous met à la hauteur de ceux qui croient au talisman ?
Le curé d’Ars. — Rien de tout cela n’est vrai. A côté de grandes vérités, l’Eglise de Rome enseigne des erreurs, quoiqu'elle soit de bonne joi .
Moi. — N’est-ce pas de même des paroles de l’Evangile : « Qui ne mange ma chair et ne boit mon
SOUVENIRS ET l-RORLEMES SPIRITES