‹ Souvenirs et réflexions politiques d'un journalisteChapitre 16 sur 18 · MIRABEAU, (.OUÏS XVI, MARIE-ANTOINETTE · texte numérisé non relu

MIRABEAU, (.OUÏS XVI, MARIE-ANTOINETTE

ordre; une multitude d'étrangers indépendants , qui souillent la discorde dans tous les lieux publies; tous les ennemis de l’ancienne Cour; une immense populace accoutumée depuis un an à des suecès et , à des crimes ; Une foule de grands propriélairesqui n’ogent pas se montrer, parce qu’ils ont trop à perdre; la réunion de tous les auteurs de la Révolution et de ses principaux agents; dans les basses classes, la Ire de la nation ; dans lestlasses lés plus élevées, ce qu’elle a de plus corrompu : voilà ce qu’est Paris. Celle ville connaît toute sa force ; elle l’a exercée tour à tour sur l'armée, sur le Roi, sur les ministres, sur l’Assemblée; elle l’exerce Sur chaque député individuellement ; elle ôte aux uns le pouvoir d’agir, aux autres le courage de se rétracter, et une foule de décrets n’ont été que le fruit de son influencé »

11 Tnut donc que le Roi quitte Paris; mais il ne faut pas qu’il quitte la Fronce, et surtout il no faut pas quitter Paris furtivement r « SOtivenczvous, mon cher comte, écrit Mirabeau à M. de La Marck le 4 juin 1790, souvenez- vous qu’il ne faut en aucun cas et sous aucun prétexte être confident ni

* Toinc II, p. 418.

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complice d'uue évasion, el qu’un Roi nés eu va qu'en pléîn jour, quand c’est pour être Roi. » Point de fuite timide et clandestine; un départ hardi, ferme et prompt; un appel fait aux provinces contre la ty* rannie de la démagogie parisienne, et surtout aucun appel aux étrangers, aucune émigration : Voilà lé plan de Mirabeau. Hors de Paris, le Roi est libre ; hors de France, le Roi n’est plus qu’un émigré.

Cet appel fait aux provinces est peut-être la guerre civile. Mirabeau le sait; mais il nes’cn effraye pas. Le sang qui coule sur des champs de batâille français, versé par des mains françaises, est affreux à penser; mais le sang qui coule dans les massacres populaires, versé aussi par des marné françaises* est-il moins affreux à penser? Ah! si Mirabeau avait jamais voulu la guerre civile par haine ou par ambition, il faudrait flétrir sa mémoire ; mais, s’il a vu et s'il a compris, avec la terrible prévoyance qu’il avait que la France, poussée au mal de tous les côtés, n’avaii plus qu’à choisir entre les épouvantables massacres de l’anarchie el les violences de là guerre civile ; s’il a eu devant les yeux Cet horrible avenir, si sa pensée a eu à faire ce choix déchirant, qui pourra le blâmer de s’être dit avec désespoir,

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