‹ Souvenirs et vestiges de l'Ordre de Malte subsistant encore à ParisChapitre 2 sur 7 · ARMES · texte numérisé non relu

ARMES

Le plus beau souvenir, en ce genre, est VEpée de la Religion^ donnée à l'Ordre par le roi d'Espagne Philippe II.

Cette magnifique arme de parade que portait à Malte le Grand-Maître de l'Ordre de Saint Jean, fut remise entre les mains de Bonaparte, lors de la capitulation de Malte, puis, sur sa décision, apportée à Paris et donnée au Directoire par le général Dolomieu.

Le Directoire la fit déposer à la Bibliothèque Nationale où elle est toujours demeurée depuis. Elle figure actuellement dans une vitrine, dans la section des Médailles.

La poignée, richement ciselée et émaillée, est une œuvre d'art, fabriquée, croit-on, en Allemagne sur un modèle italien, dans le goût très ouvragé et très fin de la Renaissance. C'est un travail d'orfèvrerie où les guirlandes d'émaux figurant une succession de rubis et surtout de turquoises, entourent de petits médaillons d'or qui représentent des têtes antiques.

La lame n'est pas celle qui est venue de Malte. En 1848, la Bibliothèque Nationale craignant que l'émeute ne vînt, comme en 1830, visiter les armes de la collection, fit démonter toutes les lames. La lame qui a été rétablie

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depuis pour Tépée du Grand-Maître, n'est donc pas la vraie; mais la poignée est authentique.

A citer ensuite : Le poignard du GrandcMaître. Cette arme de parade avait été donnée au Grand-JHaître de l'Ordre, Jean Parisot de La Valette, par le Pape Pie IV, en souvenir de la belle défense de Malte contre Soliman II, et transmise par La Valette à ses successeurs* Remise à Bonaparte, lors de la capitulation de Malte, avec lEpée de la Religion, elle ne fut pas envoyée par lui au Directoire, avec l'épée.

Il conserva, au contraire, le poignard pour lui-même. Il y attachait le plus grand prix.

Dans son testament, il le distingue de toutes ses autres armes, il l'appelle mon poignard, et il le lègue spécialement à son fils.

Ce poignard figura dans le Musée des Souverains au Louvre. Mais les objets du Musée ayant été disséminés, il y a quelques années, le poignard fut placé dans la collection de la Renaissance au Louvre. Il se trouve dans une vitrine de la galerie d'Apollon, non loin des diamants de la Couronne, au milieu des chefs-d'œuvre de l'art de la Renaissance.

Sa poignée est évidemment de la même fabrique et du même auteur que celle de l'épée citée plus haut. Elle est ornée d'émaux identiques et au même décor.

Enfin^ viennent les pièces d* artillerie.

Treize superbes canons de forteresse appar-

tenant à l'Ordre de Saint-Jean, et laissés aux mains des Turcs, lors de la capitulation de Rhodes, ont été offerts, en 1862, par le Sultan Abd-ul-Azis, à l'empereur Napoléon III, et, apportés à Paris ; ils figurent actuellement, avec leurs projectiles, au musée d'artillerie, dans une cour intérieure de l'Hôtel des Invalides.

Magnifiquement travaillées, longues de deux, de trois, et même de cinq mètres, ces belles pièces ont ceci de remarquable, que presque toutes portent quatre marques : d'abord, les armoieries de l'Ordre de Saint-Jean, leur propriétaire; en second lieu, les armoieries des Grands-Maîtres qui les ont fait fabriquer; en troisième lieu, des fleurs de lys qui attestent une provenance et fabrication française ; en quatrième lieu, des inscriptions turques, ajoutées par les nouveaux maîtres, après le départ des chevaliers de Saint-Jean.

Une grosse bombarde, fondue au xv* siècle, par ordre du Grand-Maître, Pierre d'Aubusson, porte ses armes, avec celles de l'Ordre de Saint- Jean, et cette inscription : Petrus Aubusson, M. Hospitalis. Jérusalem. Le boulet en granit pèse deux cent soixante-et-un kilogrammes. Un canon fondu par ordre du Grand-Maître Eméry d'Amboise, porte ses armes avec celles de l'Ordre de Saint-Jean ; l'inscription de ce canon : Turris S. Nicolaï prodeffensor^ atteste qu'il armait le bastion Saint Nicolas, principale

défense établie par l'Ordre de Saint-Jean pour couvrir le port de Rhodes. Une couleuvrine porte ce nom : le Furieux^ avec les armes de rOrdre de Saint-Jean, celles du Grand-Maître d'Amboise et cette inscription : Faict à Lion, iSoj : la culasse figure une tête de lion. Une autre de la même époque et de la même fabrique, porte, avec Técusson de l'Ordre de Saint Jean et le nom du Grand-Prieuré de Saint- Gilles, les armoieries de Bourbon. Une grande bouche à feu, datant du xvi* siècle, porte avec Técusson de l'Ordre de Saint-Jean, celui du Grand-Maître Villiers-de-l'Isle-Adam . Outre les lys de France, certains de ces canons portent, selon leurs époques différentes, le nom de « Lois le onzième; :^ ou le porc-épic de •Louis XII; ou la salamandre et l'F couronnée de François P'.

Tous ces beaux spécimens de l'artillerie, appartenant à l'Ordre de Saint-Jean, sont très spécialement appréciés par les connaisseurs.

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