VESTIGES APPORTÉS A PARIS
Le Musée de Cluny possède un tombeau de rOrdre, rapporté de Chypre, et cinq tombeaux de rOrdre rapportés de Rhodes.
1° Le premier est une dalle funéraire, qui porte la date du xiii'"*' siècle : elle a été trouvée à Larnaca en Chypre. C'est celle d'un chevalier français de l'Ordre de Saint-Jean, Brocart de Charpignies. Elle fut rapportée de Chypre en 1852, par M. Edouard Delessert : elle représente le défunt vêtu d'une cotte de mailles et d'une cuirasse; un chien est placé entre ses jambes.
Mais les cinq tombeaux de Rhodes sont autrement précieux; ce sont ceux de cinq Grands-Maîtres de l'Ordre de Saint-Jean! Le gouvernement français les a achetés à un viceconsul italien au mois de janvier 1878.
Ces beaux monuments, la plupart en marbre blanc, se trouvaient à Rhodes, dans l'église des chevaliers (Saint-Jean,) lors de la prise de l'île parles Turcs. Depuis lors, ils avaient été retirés de l'église en ruines, utilisés pour d'autres sépultures ou pour des besoins publics.
Ce sont de magnifiques souvenirs des plus glorieux jours de l'Ordre.
D'abord, la tombe du vingt-sixième Grand-
Maître, Dieudonné de Gozon, est une dalle, dont rinscription funéraire assez incomplète est rédigée en langue française. On peut y lire : « Goion... Maistre de rospùal...y » puis la date de sa mort, 1353, les armoieries du défunt, et enfin, celles de l'Ordre qui étaient alors la croix simple sans addition de la croix à huit pointes, relativement récente.
Ensuite, la tombe du vingt-septième Grand- Maître, Pierre de Corneillan, est une dalle qui le représente couché (1355).
Puis, la tombe du trentième Grand-Maître, Robert de Julhiac, (ou de Juilly) est une auge, un bassin de marbre blanc, dont les tares avaient fait le réservoir d'une fontaine publique, en pratiquant au bas deux trous d'écoulement. L'inscription en langue latine est ainsi rédigée :
Hic jacet reverendus in Christo religiosus et pater ordinis f rater Robertus de Julhiaco quondam Magister sacrœ domus hospitalis sancti hierosolimitamy gui obiit die 2g julii^ anno Domini 7^77, cujus anima requiescat in pace.
Une autre inscription en caractères grecs, indique que la tombe profanée du Grand- Maître, avant de devenir un abreuvoir, a servi de sépulture à un grec de l'archipel.
La tombe du trente-cinquième Grand-Maître, Jacques de Milly, est une dalle sur laquelle il est représenté. L'inscription en langue latine est ainsi rédigée :
7^eve«^^% Pr. D. F. Jacobus de SMilly, hospitaL Jhrlm. Mage. Clara. Vtute. pdit. Abortu.