‹ Souvenirs historiques et récits de chasseChapitre 100 sur 108 · Vers · texte numérisé non relu

Vers

va rejoindre la gazelle, descends de cheval, retiens-la par les pieds jusqu'à notre arrivée. » J'obéis. Il arriva ensuite (qu'Allah l'ait en pitié!) et égorgea la gazelle.

Mon père avait avec lui une chienne au poil jaunâtre, pleine d'audace, que l'on nommait la Hamâtite {al-hamaloiyya) et qui avait terrassé la gazelle. Elle était en arrêt, lorsqu'une troupe de gazelles, que nous avions décimée, passa devant nous en s'en retournant. Mon père (qu'Allah l'ait en pitié!) prit le collier de la Hamâtite et l'emporta d'un pas régulier pour indiquer les gazelles à la chienne qu'il lança sur la troupe. La chienne attrapa une seconde gazelle.

Malgré la lourdeur de son corps, malgré son grand âge, malgré sa persévérance à jeûner, mon père (qu'AUàh l'ait en pitié!) galopait toute la journée et ne chassait que sur un cheval de race ou sur un bon petit cheval. Nous étions avec lui, ses quatre fils, fatigués et épuisés, tandis qu'il n'était affaibli, ni par épuisement, ni par fatigue. 11 n'autorisait aucun serviteur, aucun écuyer de monture tenue en laisse, aucun porteur d'armes, à ralentir le galop à la poursuite du gibier.

J'avais à mon service un jeune homme, nommé Yoùsouf, qui portait ma lance et mon bouclier, qui maintenait sur le côté mon cheval, qui, pour ne pas le fatiguer, s'abstenait de trotter à la poursuite du gibier. Mon père ne cessait pas de s'irriter contre lui à ce sujet. Yoùsouf lui dit : « 0 mon maître, aucun des assistants (et le recours est vers Allah!) ne te rend autant de services que ton fils Ousàma. Laisse-moi rester à sa suite, avec son cheval et ses armes. Si tu as besoin de lui, tu le trouveras. Et tiens compte que moi, je ne suis pas avec vous. » Mon père renonça à le blâmer et à lui adresser des reproches sur ce qu'il ne galopait pas à la poursuite du gibier.

Le prince d'Antiochc ' campa pour nous combattre et se retira sans qu'il y eût de réconciliation. Aussitôt mon père (qu'Allah l'ait en pitié !) monta à cheval pour aller à la chasse, sans attendre que l'arrière-garde des Francs se fût éloignée de Schaizar. Nos cavaliers poursuivirent l'ennemi qui se retourna contre eux. Quant à mon père, il était déjà loin quand

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