Du 29 mai au 4 juin
mon cheval et si je brandissais mon épée pour essayer de me défendre! » Je rassemblai tout mon courage pour sauter. Mais mon cheval fit un faux pas : je tombai sur des pierres et sur un. sol escarpé. Le choc produisit une lésion dans la peau de ma tête, et mon étourdissement fut tel que je restai sur place, sans savoir où j'en étais.
Quelques-uns des Arabes s'arrêtèrent devant moi et me virent adossé, avec la tète découverte, sans connaissance. Mon épée avait été projetée avec les harnais du cheval. Un Arabe m'asséna deux coups avec l'épée, en disant : « Donnelui bonne mesure ! » Je ne savais rien de ce qui se disait autour de moi. On s'empara ensuite de mon cheval et de mon épée.
Les Turcs m'aperçurent et s'empressèrent vers moi. Nâsir ad-Dîn Nasr, fils de 'Abbâs, m'envoya un cheval et une épée. B-nfln je partis, ne disposant pas même d'un bandage pour comprimer mes blessures. Je n'en puis pas moins glorifier aujourd'hui encore Celui dont la royauté est éternelle!
Notre caravane se mit en route. Aucun de nous n'avait de provisions suffisantes. Lorsque je voulais boire de l'eau, je descendais de cheval pour en puiser dans le creux de ma main. Quand je pense que, le soir qui avait précédé mon départ, j'étais assis dans une des salles d'entrée de ma demeure, sur une sorte de trône, et qu'on m'avait présenté seize charges de réceptacles pleins d'eau et Allah le Tout Puissant sait combien de cruches et d'outrés en peau!
Je compris que je ne pourrais pas emmener avec moi les gens de ma famille. De Bilbîs, je les fis retourner auprès d'Al- Malik As-Sâlih Aboû '1-Gârât Talâ'i^ Ibn Rouzzîk (qu'Allah l'ait en pitié!). 11 les traita avec faveur, leur assigna une maison et se chargea de subvenir à leurs besoins.
Lorsque les Arabes, qui nous combattaient, se disposèrent à retourner en Egypte, ils vinrent à nous, nous demandant notre garantie pour l'époque où nous serions revenus.
Nous avions continué à avancer, lorsque le dimanche, 23 du premier rabî' \ l'armée des Francs massée nous surprit dès l'aurore à Al-Momvailih. 'Abbâs fut tué, ainsi que son fils Housâm al-Moulk; son autre fils, Nâsir ad-Dîn Nasr, fut