‹ Souvenirs historiques et récits de chasseChapitre 21 sur 108 · Du 12 au 13 avril · texte numérisé non relu

Du 12 au 13 avril

d'ousàma ibn mounkidh . 33

de la mosquée, et lui dit : « 0 mon maître, ne veux-tu pas prendre ma place sur mon cheval f » — « Bien volontiers », dit Roufhvàn. Le jeune homme s'avança vers lui au galop, l'épée à la main, inclina la tète en se penchant comme pour descendre et frappa Rou(hvân de son épée. Celui-ci tomba. Les nègres, l'ayant rejoint, le tuèrent. Les gens de Misr se partagèrent les morceaux de sa chair, dont ils mangèrent pour se donner du courage. Il y aurait eu là pour 'Abbâs une instruction par l'exemple et un avertissement, si Allah n'en avait pas décidé autrement.

Dans ce même jour, un homme de nos compagnons, un Syrien, fut atteint de nombreuses blessures. Son frère vint me trouver et me dit : « Mon frère est dans un état désespéré. Voici ce qui lui est arrivé : il a été blessé par des épées et par d'autres armes, a perdu connaissance et ne revient pas à lui. » — Je répondis : « Retourne et saigne-le. » — Il répliqua : (( Son corps a rendu vingt livres de sang. » — Je répétai : « Retourne et saigne-le. Car j'ai plus d'expérience des blessures que toi. Il n'y a pour lui d'autre remède que la saignée. » Il partit, resta loin de moi pendant deux heures, puis revint tout joyeux, en disant : « Je l'ai saigné et il est revenu à lui, s'est assis, a mangé et bu. Son mal l'a quitté. » — Je m'écriai : « Gloire à Allah! Si je n'avais pas expérimenté ce procédé sur moi-même plus d'une fois, je ne te l'aurais pas recommandé. »

Ensuite, je m'attachai au service d'Al-Malik Al-'Âdil Noûr ad-Dîn (qu'Allah l'ait en pitié!) '. Il entra en correspondance avec Al-Malik As-Sàlih ^ pour le prier de mettre en route mes femmes et mes enfants, qui étaient demeurés à Misr et qu'il traitait avec bienveillance. Le vizir renvoya le messager chargé de la demande et s'excusa en disant qu'il s'effrayait pour eux des Francs. Puis il m'écrivit en ces termes : « Tu reviendras à Misr, car tu sais dans quelles relations nous sommes ensemble. Mais, si tu éprouves trop de répulsion contre les gens du Château, tu te rendras à La Mecque, je te ferai parvenir un décret t'octroyant la ville d'OusAvân et je

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