L'atâbek Zcns-uî, en
2. Sainsâin ad-Din Khirkliân, i)rincc d'Emcssc, et Schihâb ad-Din Mahmoud, prince de Mamâ.
d'ousàma ibn mounkidh 47
frappa, lui faisant une entaille à la gorge, la déchira. Il tomba sur place raicle mort.
J'ai vu mourir de même Schihâb ad-Dîn Mahmoud, fils de Karàdjà \ Les différends entre nous et lui étaient apaisés, et il avait envoyé à mon oncle un message pour lui dire : « Tu ordonneras à Ousâma de me rejoindre le plus tôt possible avec un seul cavalier, pour que nous allions à la découverte d'un endroit propice à nos embûches et à notre attaque contre Apamée. » Mon oncle m'ayant donné des ordres dans ce sens, je montai à cheval, je rencontrai Mahmoud et j'allai avec lui examiner toutes les positions.
Notre armée et la sienne se rassemblèrent bientôt. J'avais le commandement de l'armée de Schaizar, il commandait son armée. Avant d'être arrivés à Apamée, nous étions en présence des cavaliers et des fantassins Francs dans la région dévastée qui précède la ville. C'est un terrain où les chevaux évoluent difficilement à cause des pierres, des colonnes et des fondements de murailles détruites. Nous fûmes impuissants à déloger les Francs de cet endroit.
Un de nos soldats me dit : « Tu voudrais les tailler en pièces^ » — « Certes, » répondis-je. — « Eh bien, reprit le soldat, dirige-nous vers la porte de la citadelle. » — Je lui dis : « Allez-y. » Mon interlocuteur se repentit de sa parole et reconnut que nos ennemis nous fouleraient aux pieds pour arriver avant nous à leur citadelle. Il chercha à me détourner de ce qu'il m'avait d'abord conseillé. Mais je ne voulus rien entendre et je pris la direction de la porte.
A l'instant où les Francs nous virent engagés dans le chemin de la porte, ils revinrent vers nous, fantassins et cavaliers, nous foulèrent aux pieds et passèrent. Leurs cavaliers mirent pied à terre à l'entrée de la porte et renvoyèrent leurs chevaux, qu'on fit remonter jusque dans la forteresse même. Ils alignèrent les pointes de leurs lances dans l'espace de la porte. Moi et un de mes compagnons, serviteur de mon père, né dans sa maison, nommé Ràfl', fils de Soûtakîn, nous nous tenions sous le mur en face de la porte, atteints par nombre de pierres et de flèches en bois, tandis que Schihâb