Izz ad-Dîn Aboû 'l-'Asàkir Soultàn, émir de Schaizar
mosquée contiguë à la porte de sa maison) ! Nous inscririons tes fils sur les rôles, et toi, tu recevrais chaque mois deux dinars, avec une charge de farine, pourvu que tu te tiennes dans ta mosquée. » — Il répondit : « C'est entendu, ô émir. » L'arrangement ne dura que peu de temps ; puis il vint trouver mon oncle et lui dit : « 0 émir, par AUâh, ma nature ne s'accommode pas de cette vie sédentaire dans le temple. Être tué sur mon cheval me semble plus désirable que mourir sur ma couche. » — « Libre à toi! », répondit mon oncle qui ordonna de lui rétablir sa solde antérieure. Quelques jours à peine s'étaient écoulés depuis lors, quand le comte de Cerdagne ', seigneur de Tripoli, fit une incursion sur notre territoire. Nos hommes se mirent en campagne vers eux, et Hamadât était parmi ceux qui répandaient la terreur. Il s'arrêta sur un tertre dans la direction de la kibla ^ Un chevalier franc s'élança contre lui du côté ouest. Nos compagnons lui crièrent alors : « 0 Hamadât. » Il se retourna et vit le chevalier se diriger vers lui. Hamadât tourna la tète de son cheval à gauche, saisit sa lance et la fit pénétrer en droite ligne dans la poitrine du Franc qui fut transpercé. Le Franc revint en se suspendant à la crinière de son cheval, expirant. Lorsque le combat fut terminé, Hamadât dit à mon oncle : « 0 émir, si Hamadât était dans la mosquée, qui aurait donné pareil coup de lance? »
Cela me remet en mémoire la parole d'Al-Find Az-Zimmânî.
O coup de lance d'un vieillard très âgé, décrépit, usé ! J'en ai rajeuiii; car d'ordinaire les gens de mon âge ont horreur des armes.
Al-Find, quoique très âgé, avait assisté au combat. Il avait frappé de la lance deux cavaliers qui s'étaient approchés de lui et les avait tous deux atteints.
Il nous était arrivé quoique chose d'analogue. Un paysan {fallâh) de la ville haute vint en galopant vers mon père et mon oncle (qu'Allah les ait tous deux en pitié !), en disant :
1. En arabe : As- Sardànî, c'esl-à-diro Guillaume Jourdain, comte de Cerdagne, neveu de Raiuiond de Saint-Gilles. Événements de 1108.