‹ Souvenirs historiques et récits de chasseChapitre 3 sur 108 · Le roi des Roùm » dit le texte. C'était Jean Comnène · texte numérisé non relu

Le roi des Roùm » dit le texte. C'était Jean Comnène

4. Entre le 19 septembre 1137 et le 7 septembre 1138. Le siège de Schaizar par les Grecs dura du 29 avril au 21 ou au 22 mai 1138.

vers Schaizar et pour l'assiéger. Salâh ad-Dîn ^ me dit : « Ne sais-tu pas ce qu'a fait mon fils que j'ai subrogé en ma place ^f » Il désignait ainsi son fils Schihâb ad-Dîn Ahmad. — « Eh bien, dis-je, qu'a-t-il t'ait '^ » — « Il a envoyé, me réponditil, un messager vers moi pour m'inviter à me pourvoir de quelque autre qui se charge d'administrer mon territoire. » — Je repris : « Et toi, qu'as-tu-fait f » — « J'ai, me dit-il, envoyé moi aussi un messager vers l'atâbek pour remettre en sa possession un endroit qui lui appartient. » — Je m'écriai : « Que tu as mal agi! L'atâbek ne serait-il pas fondé à dire de toi : Lorsque ce sont des morceaux de viande, il les mange ; ne reste-t-il plus que des os, il me les jettef » — « S'il en est ainsi, demanda-il, que me conseilles-tu"^ » — Je lui répondis : « Je m'installerais dans la ville. Si Allah le Tout Puissant lui apporte le salut, ce sera grâce à ta bienheureuse intervention, et tu pourras te présenter la tête haute chez ton maître '\ Si la ville est prise et que nous soyons tués, ce sera un effet de nos destinées et tu n'auras encouru aucun reproche. » — Il se contenta de répliquer : « Personne ne m'a encore tenu pareil langage. »

Je m'imaginais qu'il écouterait mon avis. Je réunis les troupeaux, de la farine en quantité, de la graisse et ce qui nous était nécessaire pour supporter un blocus. J'étais dans ma maison, située à l'ouest de la ville \ lorsqu'un messager vint me trouver de sa part et me dit : « Salâh ad-Dîn te fait pi'évenir qu'après-demain nous nous mettrons en route vers Mausil. Prends tes dispositions en conséquence pour le départ. » Mon cœur se serra à la pensée d'abandonner mes enfants, mes frères et mes femmes dans une ville assiégée, tandis que je me rendrais à Mausil.

Le lendemain, à l'aurore, je montai à cheval et je me dirigeai vers la tente de Salâh ad-Dîn. Je lui demandai l'autorisation de rentrer à Schaizar. C'était pour moi une nécessité absolue. Il me répondit : « Lorsque ta famille traverse une telle épreuve, ne t' attarde pas. » Mon cheval me transporta rapidement à Schaizar.

1. L'ùniir chambellan de iJengui, Salàh ad-Din Mohamniad, tils d'Ayyoùb, Al-Yàgxiîsiyânî.

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