Corcm, II
% L'atâbek Zeng-uî.
d'ousàma ibn mounkidh 61
transporter dans ma demeure, où l'on porta également l'auteur de la blessure, atteint de son côté à l'épaule. Je rendis la liberté à mon serviteur. Le chirurgien alla vers lui. Il se remit, se reprit à marcher et à se mouvoir ; seulement sa blessure n'était pas cicatrisée et, pendant deux mois, il ne cessait pas d'en sortir comme des croûtes et de l'eau jaunâtre. Puis la blessure se ferma, le corps s'amincit, il revint à la santé et ce fut cette blessure qui causa sa guérison.
J'ai vu un jour le fauconnier arrêté devant mon père (qu'Allah l'ait en pitié!) pour lui dire : « 0 mon maître, ce faucon a perdu ses plumes, et il va mourir; l'un de ses yeux est déjà perdu, >i Mon père avait chassé avec ce faucon à l'époque où c'était un faucon fringant, et maintenant il était perdu. Nous partîmes pour la chasse. Mon père (qu'Allah l'ait en pitié!) avait avec lui plusieurs faucons. 11 lança celui-là sur un francolin. Le faucon bondissait dans les touftes de jusquiame, où rappelait le francolin, parmi des amas de broussailles \ Le faucon y pénétra avec lui, ayant sur l'œil comme un gros point. Une épine des broussailles le piqua sur cette tache qu'elle perça. Le fauconnier emporta le faucon dont l'œil désarticulé sécrétait des humeurs, et dit : « 0 mon maître, l'œil du faucon est perdu. » Il ajouta : « Le faucon est perdu tout entier. » Le lendemain, le fauconnier ouvrit l'œil de l'animal. Or, il était guéri. Ce faucon demeura sain et sauf chez nous et y mua à deux reprises. Il fut parmi les plus agiles des faucons.
Son souvenir m'a été rappelé par ce qui advint à Djam'a et à Gounaim, bien que ce ne soit pas ici l'endroit de mentionner les faucons.
J'ai vu également un hydropique, auquel on pratiqua une saignée et qui mourut, tandis que Gounaim, qui eut le ventre fendu par cet ivrogne, fut sauvé et guéri. Gloire au Tout Puissant !
L'armée d'Antioche fit une incursion contre nous -. Nos compagnons s'étaient rencontrés avec leurs avant-gardes et étaient allés en avant vers eux, tandis que, posté sur leur route, j'attendais leur arrivée jusqu'à moi. Peut-être me fourniraient-ils une occasion de les atteindre. Je voyais nos com-