‹ Souvenirs historiques et récits de chasseChapitre 36 sur 108 · L'Oronte · texte numérisé non relu

L'Oronte

sive contre nous. Ils avaient dressé leurs tentes et s'y étaient établis. Nous retournâmes en arrière pour regagner nos demeures. Nous les voyions de la citadelle. Tout à coup, il sortit de nos troupes environ vingt cavaliers vers Bandar Kanîn, village voisin de Schaizar, pour faire paître leurs chevaux, sans se munir de leurs lances. Deux cavaliers Francs se détachèrent, allèrent auprès de ces hommes qui faisaient paître leurs chevaux, rencontrèrent sur la route un particulier qui poussait devant lui une vache, s'emparèrent de lui et de sa vache. Nous les observions de la forteresse. Nos hommes remontèrent à cheval et se tinrent en arrêt, n'ayant pas emporté leurs lances. Mon oncle paternel * dit : « Ils sont à vingt, sans pouvoir délivrer un prisonnier gardé par deux cavaliers. Si Djam'a était présent, vous verriez ce qu'il ferait. » A peine avait-il ainsi parlé que Djam^a s'armait pour s'élancer au galop contre eux. Mon oncle paternel s'écria : « Voyez maintenant ce qu'il va faire. » Lorsque Djam'a arriva au galop à proximité des deux cavaliers, il détourna la tète de son cheval et le fit avancer à une certaine distance derrière eux. Mon oncle paternel, installé sur un balcon de sa résidence dans la forteresse, le vit alors s'arrêter loin des deux cavaliers Francs, quitta le balcon et rentra furieux en disant : « C'est une trahison. » Or Djam'a s'était arrêté par crainte d'un creux visible devant les deux cavaliers. Peut-être recelait-il une embuscade. Lorsque Djam'a, parvenu à ce creux, constata qu'il ne renfermait personne, il s'élança sur les deux cavaliers, délivra l'homme et la vache et repoussa ses deux adversaires jusqu'à leurs campements, sous les yeux de Boémond (/6>î Ma^^^^o^"«;^)^ seigneur d'Antioche. Lorsque les deux cavaliers Francs furent rentrés, Boémond leur fit prendre leurs boucliers qu'il livra en pâture aux bêtes, fit renverser leurs tentes, les expulsa et dit : « Un seul cavalier d'entre les musulmans repousse deux cava* liers d'entre les Francs ! Vous n'êtes pas des hommes, vous êtes des femmes. » Quant à Djam'a, mon oncle paternel le réprimanda et s'irrita contre lui, parce qu'il s'était arrêté

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