‹ Souvenirs historiques et récits de chasseChapitre 37 sur 108 · Boémond I«^ ou [)eut-ètro Boémond IL · texte numérisé non relu

Boémond I«^ ou [)eut-ètro Boémond IL

d'ousàma ibn mounkidh 65

loin d'eux tout d'abord, lorsqu'il les avait poursuivis. Djam'a répondit : « 0 mon maître, j'ai craint que dans le creux de la Colline des Karmates, il n'y eût une embuscade qui m'assaillirait. Lorsque j'eus exploré ce creux et que j'eus vu qu'il ne renfermait personne, j'ai délivré le prisonnier et sa vache et je les ai fait avancer jusqu'à ce qu'ils eussent rejoint notre armée. » Mais mon oncle n'accueillit pas son excuse et lui témoigna du mécontentement.

Les Francs (puisse Allah leur faire défection !) n'ont aucune des supériorités des hommes, excepté la bravoure. Il n'y a chez eux de prééminence et de préséance que pour les cavaliers. Les cavaliers sont vraiment leurs seuls hommes. Aussi les considérent-ils comme les arbitres des conseils, des jugements et des décisions. Un jour \ je leur demandai justice pour des troupeaux de brebis que le seigneur de Panéas {Bâniyâsy avait enlevés dans la forêt. Or, la paix régnait entre nous et eux, et j'habitais alors Damas. Je dis au roi Foulques, fils de Foulques ^ : (( Ce seigneur a fait acte d'hostilité contre nous et s'est emparé de nos troupeaux. C'était l'époque, où les brebis mettent bas; leurs petits sont morts en naissant. 11 nous les a rendues, après avoir causé la perte de leur progéniture. »

Le roi dit aussitôt à six ou sept cavaliers '* : « Allez siéger pour lui faire justice ! » Ils sortirent de la salle, se retirèrent et délibérèrent jusqu'à ce qu'ils fussent tombés d'accord. Ils rentrèrent alors dans la salle où le roi tenait son audience, et dirent : « Nous avons décidé que le seigneur de Panéas a l'obligation de leur rembourser ce qu'il leur a fait perdre par la mort de leurs agneaux. » Le roi lui ordonna d'acquitter cette dette. 11 me sollicita, insista auprès de moi et m'implora; à la fin, j'acceptai de lui comme payement quatre cents dinars. Or, la décision, une fois que les cavaliers l'ont prononcée, ni le roi ni aucun chef des Francs ne peut, ni l'altérer, ni l'atténuer, tant le cavalier est à leurs yeux de grande importance!

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