‹ Souvenirs historiques et récits de chasseChapitre 38 sur 108 · Renier, surnommé Brus · texte numérisé non relu

Renier, surnommé Brus

3. Foulques d'Anjou, quatrième roi de Jérusalem, fils de Foulques IV, comte d'Anjou, monté sur le trône le 31 août 1131.

4. La traduction a maintenu ici, comme dans maint autre passage, la confusion du texte entre cavaliers et chevaliers.

Le roi me dit : « 0 Ousâma, par la vérité de ma religion, j'ai éprouvé hier une joie très vive. » — Je répondis : « Qu'Allah réjouisse le roi! De quoi t'es-tu réjoui? » — Le roi reprit : « On m'a rapporté que tu es un noble cavalier. Or, je ne savais pas le moins du monde que tu fusses un cavalier. » — « 0 mon maître ! répondit Ousâma, je suis un cavalier à la manière de ma race et de ma famille. Ce qu'on y admire surtout dans un cavalier, c'est quand il est mince et long. »

Tancrède {Dankarî), le premier seigneur d'Antioche après Boémond {Mairnoiin) \ avait dressé ses tentes contre nous. Après le combat, il y avait eu réconciliation. Tancrède s'avança, demandant qu'on lui cédât un cheval appartenant à un écuyer de mon oncle paternel Izz ad-Dîn ^ (qu'Allah l'ait en pitié!). C'était un cheval magnifique. Mon oncle le lui fit amener, monté par un Kurde de nos compagnons, nommé Ilasanoûn, cavalier brave, jeune, sympathique d'allure, élancé, qui ferait prendre les devants au cheval, sous les yeux de Tancrède. Le cavalier lança sa monture et lui fit dépasser tous les autres chevaux qu'on faisait galoper sur la route. Lorsque Ilasanoûn fut admis en présence de Tancrède, les cavaliers francs examinèrent la vigueur de ses avant-bras, admirèrent sa taille fine et sa jeunesse et reconnurent en lui un vaillant cavalier. Tancrède l'honora par des présents. Hasanoùn dit alors : « 0 mon maître, je voudrais recevoir de toi une assurance, c'est que, si jamais tu t'empares de ma personne à la guerre, tu me favoriseras en me relâchant. » Tancrède lui accorda ce qu'il demandait, ou du moins Ilasanoûn le supposa, car ces hommes ne parlaient pas d'autre langue que la langue des Francs; nous ne savions pas le sens de leurs paroles.

Une année s'était écoulée, ou un peu plus •'. La trêve expira et Tancrède s'avança de nouveau vers nous, à la tête de l'armée d'Antioche. La lutte s'engagea sous les murs de notre ville. Nos cavaliers avaient rejoint l'avant-garde des Francs'. Un Kurde d'entre nos compagnons, nommé Kâmil Al- Maschtoûb (Kâmil le Balafré), frappa sur eux à coups redou-

1. Tancrède succéda, comme prince d'Antioche, à Boémond 1'', lorsque celuici i)artit pour rEurojif on 1101.

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