‹ Souvenirs historiques et récits de chasseChapitre 43 sur 108 · ho. 15 et le 5 septembre lUô · texte numérisé non relu

ho. 15 et le 5 septembre lUô

d'ousâma ibn mounkidh 77

l'avait cédée. Nous faisions sortir les captifs deux à deux, pour qu'on les conduisît enchaînés chez les habitants de Schaizar. Un tel avait eu la moitié du corps brûlée et la cuisse transpercée, tel autre avait péri par le feu. Ce qui leur était arrivé nous fut un enseignement salutaire. Nous devions nous résoudre à partir et à retourner à Schaizar avec mon père (qu'Allah l'ait en pitié!). Chacun s'appropria auparavant ce qu'il trouva à sa portée : tentes, chameaux, mulets, bagages, tout ce dont on pouvait charger les bêtes de somme. Puis l'armée se dispersa.

Ces revers inattendus furent causés par un stratagème de l'eunuque Lou'lou', qui dominait alors dans Alep. Il s'était engagé envers le maître d'Antioche ' à user de ruse à l'égard des musulmans et à les diviser. Celui-ci n'aurait plus ensuite qu'à faire sortir d'Antioche son armée pour les tailler en pièces. Lou'lou' avait fait parvenir au généralissime Boursouk un message ainsi conçu : « Tu m'enverras un émir avec des forces suffisantes pour que je lui livre Alep, car je crains bien que les habitants n'obéissent pas à ma volonté pour la reddition de la place; aussi voudrais-je que l'émir disposât d'une troupe sur laquelle je pourrais m'appuyer contre les Alépins. » Boursouk mit en campagne l'Émir des armées Uzbek, à la tète de trois mille cavaliers. Le lendemain matin, Roger (qu'Allah le maudisse!) les attaqua et les tailla en pièces. Ainsi fut accomplie la volonté divine !

Les Francs (qu'Allah les maudisse!) rentrèrent dans Kafar tâb, reconstruisirent cette ville et s'y installèrent. Allah le Tout Puissant avait résolu que les captifs Francs, pris à Kafartàb, recouvreraient la liberté; car les émirs se les étaient partagés, puis les avaient épargnés, afin qu'ils se rachetassent. Il n'y eut d'exception que pour ceux qui étaient tombés entre les mains de l'Emir des armées ; car, avant de se mettre en route vers Alep, il avait fait couper le cou à tous les prisonniers qui lui étaient échus en partage.

Les débris de l'armée musulmane se dispersèrent; ceux des soldats, qui échappèrent à la déroute de Dânîth, retournèrent dans leurs foyers. Cet homme, qui était monté

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