Roger, prince d'Antioche depuis la fin de
seul à la forteresse de Kafartâb, en avait déterminé la conquête.
Autre fait du même genre : J'avais à mon service un certain Noumair Al-'Allàroùzî, un fantassin courageux, entreprenant, qui, avec des habitants de Schaizar, assaillit les Francs à Ar- Roûdj. Ils passèrent sur notre territoire devant une caravane de Francs réfugiés dans une caverne et se dirent : « Qui entrera contre euxf » — « Moi », répondit Noumair. Il lança dans leur direction son épée et son bouclier, tira son couteau et pénétra dans la caverne. Un d'entre eux s'avança à sa rencontre, reçut un coup du couteau, fut renversé, et Noumair s'agenouilla sur lui pour le tuer. Derrière cet homme était un Franc portant une épée, qui le frappa. Mais Noumair avait sur le dos un sac à provisions contenant du pain, qui le préserva. Lorsque l'homme, qu'il avait sous lui, eut été tué, il se retourna vers le porteur de l'épée pour l'assaillir. Mais celuici le frappa de son épée sur le côté de sa face, lui fendit le sourcil, la paupière, la joue, le nez et la lèvre supérieure. Tout un côté de sa figure pendit sur sa poitrine. Noumair sortit de la caverne pour rejoindre ses compagnons. Ils lui bandèrent sa blessure et le ramenèrent par une nuit fraîche et pluvieuse. Le blessé parvint à Schaizar dans cet état. On recousit sa face et l'on soigna ses blessures. Noumair guérit et redevint ce qu'il avait été, sans que son œil fût perdu. Il fut un des trois que les IsmaéUens précipitèrent de la forteresse de Schaizar et dont nous avons fait mention précédemment \
J'ai entendu raconter ce qui suit par le chef (ar-ra'/s) Sahri, qui était au service de l'émir Schams al-Khawâss Âltoùntàsch, seigneur de Rafaniyya, un ennemi et un adversaire de 'Alam ad-Dîn 'Alî Kourd, seigneur de Ilamà : « Schams al-Khawâss m'ordonna de sortir pour apprécier la région de Rafaniyya et pour examiner ses cultures. Je sortis, amenant (|ucl(|ues hommesi j'appréciai la région et je campai un soir avant la nuit près d'un village situé dans la banlieue de Rafaniyya, où était une tour dont nous gravîmes le toit en terrasse. Nous y primes notre souper, nous y étant assis, tandis que nos chevaux étaient sur la porte de la tour. A notre insu, un homme