‹ Souvenirs historiques et récits de chasseChapitre 46 sur 108 · Du Liban · texte numérisé non relu

Du Liban

3. Ousâina n'y arriva que le jeudi, 'l de djouiiiàdà deuxième 53'J ^o(J novembre lUl).

émirs qu'il voulait éloigner. Le fils du gouverneur {loâlî) d'At-Toùr m'a raconté ce qui suit : « Mon père prit possession de cette province et je m'y rendis avec lui. J'étais passionné pour la chasse et je sortis pour satisfaire mon goût. Des Francs m'assaillirent, me firent captif et m'amenèrent à Bait Djibrîl. On m'y enferma seul dans une prison souterraine. Le seigneur de Bait Djibrîl fixa ma rançon à deux mille dinars. Je restai dans la prison souterraine pendant un an, sans que personne s'informât de moi.

« Un jour que j'étais dans cette fosse, on en souleva la fermeture et on descendit vers moi, à l'aide d'ane corde, un Bédouin. Je dis au nouveau venu : « Où t'ont-ils pris f » — 11 répondit : « Sur la route. » 11 resta auprès de moi quelques jours et fut taxé à cinquante dinars. A peine avions-nous passé un peu de temps ensemble qu'il me dit : « Veux-tu reconnaître qu'excepté moi personne ne te délivrera de ce cachot? Sauvemoi pour que je te sauve. » Je me dis : « Voilà un homme placé dans une situation pénible, qui voudrait pour lui-même la délivrance. » Je ne lui répondis pas. Quelques jours après, il renouvela auprès de moi la même tentative. Je me dis : « Par Allah, je ne cours aucun risque en le délivrant; peut-être Allah me délivrera-t-il en récompense de ce que j'aurai fait. » J'appelai le geôlier et je lui dis : « Préviens le seigneur que je désire m'entretenir avec lui. » Le geôlier partit, revint, me fit monter du souterrain et m'introduisit auprès du seigneur, auquel je dis : « Il y a un an que je suis dans ta prison, sans que personne se soit informé de moi ni sache si je suis vivant ou mort. Depuis lors tu as emprisonné auprès de moi ce Bédouin, que tu as taxé à cinquante dinars. Ajoute-les au chififre de ma rançon et laisse-moi le faire partir chez mon père afin qu'il me libère. » — « Fais », répondit-il. Je retournai informer le Bédouin. Celui-ci partit, prit congé de moi et s'en alla.

« J'attendis des mois', sans voir aucune trace ni entendre aucune nouvelle du Bédouin, et je désespérai de lui. Une nuit, à ma grande surprise, il m'apparut sortant d'une brèche sur le côté du cachot et me dit : « Lève-toi. Par AUàh, voici cinq mois que je creuse ce chemin depuis le village de Kharba. Enfin, je

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