Le texte porte : « deux mois
suis parvenu à toi. » Je me levai avec lui, nous sortîmes par ce chemin, il brisa mes chaînes et me ramena à ma maison. Je ne sais ce dont je m'étonne le plus, de sa fidélité à la foi jurée, ou de la précision avec laquelle il conduisit sa mine jusqu'au côté de la prison souterraine. »
Lorsque Allah (gloire à lui!) décide le soulagement, que ses voies sont aisées !
J'allais et je venais vers le roi des Francs \ lors d'une trêve entre lui et Djamâl ad-Dîn Mohammad, fils de Tàdj al-Mouloûk '^ (qu'Allah l'ait en pitié!), à cause d'une dette contractée envers mon père (qu'Allah l'ait en pitié !) par le roi Baudouin ■*, père de la reine \ femme du roi Foulques, fils de Foulques.
Les Francs amenaient successivement devant moi leurs captifs pour que je les rachetasse. J'étais en train de racheter ceux dont Allah le Tout Puissant avait facilité la délivrance, quand parut un satan d'entre les Francs, nommé Guillaume {KiLyâm) Djîbâ, monté sur un char qui lui appartenait, excitant à la guerre. Il venait de surprendre un convoi de pèlerins magrébins, environ quatre cents individus, hommes et femmes.
11 continuait à affluer vers moi nombre de prisonniers avec leurs possesseurs. Je rachetais tous ceux que je pouvais. Je remarquai un homme jeune encore qui saluait et s'asseyait sans parler. Je demandai qui il était. On me répondit : « C'est un ascète, il appartient à un tanneur. » — Je dis au propriétaire : « Quel prix me demandes-tu de ce captif? » — Il répliqua : « Par la vérité de ma religion, je ne le vendrai qu'avec ce vieillard, tous deux ensemble au prix coûtant, pour quarante-trois dinars. » Je conclus le marché. Je payai la rançon de quelques autres encore, tant pour mon compte que pour le compte de l'émir Mou'în ad-Dîn •' (qu'Allah l'ait en pitié!), pour cent vingt dinars.
Je versai la somme que j'avais sur moi, et je me portai garant du reste. Rentré à Damas, je m'adressai à l'émir Mou- 'în ad-Dîn en ces termes : « J'ai racheté pour toi des prisonniers