‹ Souvenirs historiques et récits de chasseChapitre 49 sur 108 · Kn lin · texte numérisé non relu

Kn lin

8, Khirklii\n,fil3do IfLarâdJà.

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cela, répondit le seigneur de Hamà, je te donnerai une robe d'honneur. » A la tombée du jour, ce bandit sortit avec une poignée d'hommes pour exécuter son dessein. L'incendie fut allumé à l'ouest des tentes, afin que le feu, poussé par les vents, les atteignît. Par l'éclat de la flamme, la nuit était devenue aussi claire que le jour. Les Francs aperçurent les incendiaires, se ruèrent sur eux et les tuèrent pour la plupart. Quelques-uns échappèrent au massacre en se jetant dans le fleuve et en gagnant à la nage l'autre rive. Telles sont les marques et les conséquences de la sottise.

J'ai vu quelcfue chose d'analogue, bien que ce ne fût pas un fait de guerre. Les Francs avaient réuni contre Panéas {Bâniyâs) des troupes nombreuses qu'accompagnait le patriarche. Celui-ci avait fait dresser une vaste tente qu'il avait transformée en église pour y faire les prières. Un vieux diacre {schammâs) veillait au service de cette église et il y avait étendu sur le sol de l'alfa et du chanvre qui avaient attiré nombre de puces. Il vint à l'idée de ce diacre d'incendier l'alfa et le chanvre pour que les puces périssent. La flamme allumée se répandit dans les matières sèches ; les langues de feu s'élevèrent et gagnèrent la tente qu'elles réduisirent en cendres. Cet homme avait manqué d'intelligence.

Tout au contraire, il nous arriva certain jour de partir à cheval de Schaizar pour la chasse. Mon oncle paternel (qu'Allah l'ait en pitié!) était des nôtres, avec un détachement de troupes. Nous fûmes attaqués par un lion caché dans une cannaie, où nous étions entrés à la poursuite des francolins. Un de nos oflficiers, un Kurde, Zahr ad-Daula (Fleur de la dynastie) Bakhtiyâr Al-Karsî, surnommé Fleur de la dynastie à cause de son charmant naturel, l'un des cavaliers entre les musulmans (qu'AUâh l'ait en pitié!), s'élança sur le lion qui s'avança pour l'accueillir. Le cheval qu'il montait fit un écart et le renversa. Le lion vint vers cet homme étendu, qui leva le pied. Le fauve saisit ce pied gloutonnement. Nous avions bien vite rejoint notre compagnon, tué le lion, délivré sa victime qui était saine et sauve. Nous lui dîmes alors : « 0 Zahr ad-Daula, pourquoi as-tu levé ton pied vers la gueule du lion? » — Il répondit : « Mon corps, tel que vous le voyez, ost faible et maigre. J'ai sur moi un v^.tement et une tunique)

mais rien chez moi n'est plus couvert que mon pied avec ses guêtres, ses bottines et leurs tiges. Je me suis dit : En l'occupant de mon pied, je le détournerai de mes côtes, de ma main, de ma tête, jusqu'à ce qu'Àllâh le Tout Puissant me délivre. Cet homme avait eu sa présence d'esprit dans une situation où les intelligences font défaut. Ces autres avaient manqué d'intelligence. Or, l'homme a plus besoin de l'intelligence que les autres êtres. Allah est digne d'être loué par l'intelligent et par le sot!

De même, Roger {Roiidjâr), seigneur d'Antioche, avait écrit une lettre à mon oncle pour lui demander le libre passage d'un de ses chevaliers se rendant à Jérusalem pour une affaire pressante, et une escorte qui le prendrait â Apamée pour le conduire jusqu'à Rafaniyya. Mon oncle organisa l'escorte et se fit amener le chevalier, qui lui dit : « Mon maître m'a envoyé pour mener en son nom une négociation secrète; mais j'ai reconnu ton intelligence, aussi te mettrai-je au courant. » — Mon oncle répliqua : « Comment as-tu appris que j'étais intelligent, toi qui ne m'as jamais vu avant l'heure présente? » — « C'est, répondit le chevalier Franc, que j'ai trouvé la dévastation dans tous les pays que j'ai parcourus, tandis que la contrée de Schaizar est florissante. Or, je me suis convaincu que tu n'as pu atteindre ce résultat que par ton intelligence et par ta bonne administration. » 11 lui exposa ensuite l'objet de son voyage.

L'émir Fac.ll, flls d'Aboù '1-Haidjâ, seigneur d'irbil, m'a raconté, comme le tenant de son père Aboù '1-HaidJà qui lui avait dit : « Le sultan Malik-Schâh, dès son arrivée en Syrie, m'envoya vers l'émir Ibn Marwân, seigneur du Diyâr-Bekr, pour lui réclamer trente mille dinars. J'eus une entrevue avec lui et je lui répétai l'objet de ma mission. 11 me répondit : « Repose-toi d'abord; nous en causerons. » Le lendemain matin, il ordonna qu'on m'introduisît dans ses bains privés et m'envoya les ustensiles du bain, tous en argent, avec un habillement complet, en faisant prévenir mon valet de chambre que tous ces ustensiles étaient notre propriété. En sortant, j'endossai mes vêtements à moi et je rendis tous les objets. Quelques jours s'écoulèrent. Puis Ibn Marwân ordonna de nouveau qu'on m'introduisît dans ses bains. On ne lui avait

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pas caché la restitution des objets. On apporta dans la salle des ustensiles de bain plus précieux que les premiers et un habillement complet plus riche que le premier. Son valet de chambre dit au mien comme la première fois. En sortant, j'endossai mes vêtements à moi et je rendis les objets, ainsi que l'habillement. Trois ou quatre jours se passèrent. Puis, il me fit introduire dans ses bains. On m'apporta des ustensiles en argent plus précieux que les précédents et un habillement complet plus riche que le précédent. En sortant, j'endossai mes vêtements à moi et je restituai le tout. Lorsque je me présentai chez l'émir, il me dit : « 0 mon fils, je t'ai adressé des vêtements que tu n'as pas revêtus, et des ustensiles de bain que tu n'as pas acceptés et que tu as rendus. Quel est le motif de ta conduite? » — Je répondis : « 0 mon maître, j'ai apporté le message du sultan pour une affaire qui n'a pas été réglée. Comment accueillerais-je tes présents pour revenir, sans que la demande du sultan ait reçu satisfaction? J'aurais l'air de n'être venu que dans mon intérêt. » — Il reprit : « 0 mon fils, n'as-tu pas vu comme mes régions sont cultivées, en pleine prospérité, avec des jardins et des laboureurs, comme les domaines y sont habités? T'imagines-tu que je ruinerais toute cette contrée pour trente mille dinars? Par Allah, certes l'or, je l'ai mis dans des sacs depuis le jour de ton arrivée. J'ai voulu seulement attendre le passage du sultan sur mon territoire pour que tu lui remettes la somme, par crainte que, si je lui payais d'avance ce qu'il a demandé, une fois arrivé prés de nos régions, il ne réclamât le double. Aussi ne t'inquiète pas, car ton affaire est réglée. » Ensuite Ibn Marwân me fit apporter les trois habillements complets qu'il m'avait destinés et que j'avais rendus, ainsi que la totalité des ustensiles qu'il m'avait envoyés à trois reprises. J'acceptai son cadeau. Lorsque le sultan traversa le Diyâr- Bekr, l'émir me remit la somme que j'emportai, et dont j'étais muni lorsque je rejoignis le sultan. »

La bonne administration est pleine d'avantages pour la prospérité des régions. C'est ainsi que l'atâbek Zenguî (qu'Allah l'ait en pitié !) avait demandé en mariage la fllle du seigneur de Khilàt \ Celle-ci avait perdu son père; sa mère admi-

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