‹ Souvenirs historiques et récits de chasseChapitre 50 sur 108 · En · texte numérisé non relu

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nistrait la région. D'autre part, Housâm ad-Daula Ibn Dilmâdj, seigneur de Badlîs, avait envoyé demander la main de cette même personne pour son flls. L'atàbek conduisit une armée magnifique jusqu'à Khilàt, sans suivre la route habituelle, afin d'éviter le chemin de Badlîs. Il traversa les montagnes à la tête de ses troupes. Nous campions sans tentes, chacun se choisissant un emplacement sur la voie, jusqu'à ce que nous eussions atteint Khilât. L'atàbek établit sa tente aux environs; quant à nous, nous entrâmes dans la forteresse de cette ville et nous inscrivîmes le chiffre de la dot. Puis, lorsque l'affaire fut conclue, l'atàbek ordonna que Salâh ad- Dîn ' prît le gros de l'armée et se rendît à Badlîs pour opérer contre cette place forte. Nous montâmes à cheval au commencement de la nuit et, après avoir voyagé, nous étions le lendemain matin devant Badlîs. Ilousâm ad-Daula, qui en était le seigneur, sortit vers nous, nous rencontra dans la banlieue, installa Salâh ad-Dîn dans l'Hippodrome, lui offrit une brillante hospitalité, se mit à son service et but avec lui dans THippodrome, en lui disant : « 0 mon maître, que prescris-tu? Car ce n'est pas sans dessein que tu t'es absenté et que tu as fait un voyage fatigant jusqu'ici. » — « L'atàbek, répondit Salâh ad-Dîn, s'est irrité de ce que tu as demandé en mariage la personne dont il était aussi le prétendant. Tu t'es engagé envers eux pour dix mille dinars que nous te réclamons. » — « A tes ordres, » répondit-il. Aussitôt il fit apporter à Salâh ad-Dîn une partie de la somme et lui demanda pour le reste un court délai dont il fixa le terme. Nous n'eûmes plus qu'à nous en retourner. Grâce à son excellente administration, son pays était florissant et n'avait subi aucune perturbation.

Cela se rapproche de ce qui advint à Nadjm ad-Dîn Mâlik ibn Sâlim (qu'Allah Tait en pitié!), lorsque Josselin (Djoiislîn) fit une incursion contre Ar-Rakka et KaFat Dja'bar, conquit les villages environnants, emmena des captifs, entraîna de nombreux troupeaux et campa en face de Kal'at Dja'bar, n'en étant séparé que par l'Euphrate. Nadjm ad- Daula Mâlik monta sur une petite barque avec une escorte de trois ou quatre écuyers, traversa l'Euphrate pour se rendre

li ^ah\^i ad-Dîn Moljaiaumd, 111a d'Ayyoùb, Al-Yàguislyânli

d'ousàma ibn mounkidh 91

vers Josselin auquel il était lié par d'anciennes relations. Josselin était l'obligé de Màlik. 11 slmagina qu'il y avait dans la barque un messager envoyé par Mâlik ; mais un Franc accourut le prévenir que Mâlik lui-même était dans la barque. Il se refusa à le croire d'abord; mais un autre Franc arriva et dit : « Màlik a débarqué et est venu jusqu'à moi à pied. » Josselin se leva, alla à la rencontre de Màlik, l'honora et lui rendit toutes ses prises en fait de troupeaux et de prisonniers. N'eût été la politique habile de Nadjm ad-Daula, son territoire eût été ravagé.

Lorsque le terme fatal est fixé, rien ne sert, ni le courage ni l'énergie. J'assistai aune journée où nous fûmes assaillis par l'armée des Francs. Quelques-uns d'entre eux se dirigèrent, avec l'atâbek Togtakîn, vers la Forteresse du pont {Homn al-djisr) pour l'attaquer. L'atâbek avait conclu dans Apamée un pacte avec l'Ortokide îlgâzî et avec les Francs contre les armées du sultan. Le général en chef, Boursouk, fils de Boursouk, était arrivé en Syrie et avait établi son camp devant Hamâ le dimanche 19 de moharram, en l'an 509 '. Quant à nous, nos ennemis vinrent lutter contre nous, non loin des murs de notre ville, furent vaincus et repoussés. Leur départ fut pour nous une délivrance.

J'étais présent, lorsqu'un de nos compagnons, nommé Mohammad, fils de Sarâyâ, un jeune homme énergique, hardi, vit fondre sur lui un cavalier Franc (qu'Allah le maudisse!), qui lui donna un coup de lance dans la cuisse. La lance y pénétra. Mohammad la saisit, alors qu'elle était enfoncée dans sa cuisse. Le Franc voulut l'en sortir pour la reprendre, Mohammad faisant de son côté des efforts pour s'en emparer. La lance se mouvait ainsi dans sa cuisse en y formant une ouverture arrondie par les efforts faits pour l'en extraire. Il en résulta pour notre compagnon la perte de la cuisse et ensuite la mort deux jours après (qu'Allah l'ait en pitié!).

Je vis dans cette même journée, et je me tenais sur le côté des combattants, un cavalier Franc qui avait désarçonné un de nos cavaliers, avait tué d'un coup de lance sa monture et avait fait de lui un fantassin. Impossible de le reconnaître à la distance qui nous séparait ! Je dirigeai mon cheval vers

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