Izz ad-Dîn Aboû l-Asàkir Soultân, émir de Schaizar
moins. Un de leurs détachements me faisait face et je commandais à une petite troupe de quinze cavaliers environ. 'Alawân Al-lrâkî, un de leurs cavaliers et de leurs braves, s'élança sur nous et s'approcha de nos rangs, mais ne réussit pas à nous ébranler. 11 s'en retourna et poussa sa lance en arrière. Lorsqueje la vis allongée sur le sol comme une corde, sans qu'il pût la relever, je poussai mon cheval vers lui et je le frappai de ma lance. Il avait rejoint ses compagnons. Je reculai, alors que déjà leurs drapeaux flottaient au-dessus de ma tète. Mes compagnons continuèrent la lutte, sous la conduite de mon frère Bahâ ad-Daula Mounkidh (qu'Allah l'ait en pitié!), qui repoussa nos adversaires. Mon arme s'était brisée par le milieu contre la casaque rembourrée de 'Alawân. Nous nous étions peu à peu rapprochés de mon oncle, qui me suivait des yeux. Lorsque le combat fut terminé, mon oncle me dit : (( Où as-tu frappé avec ta lance 'Alawàn Al-'lrâkî? » — « Je visais, dis-je, son dos, mais le vent a dérangé l'inclinaison de mon arme, et ma lance Fa atteint au côté. » — « C'était bien conçu, me répondit-il. Tu as maintenant toute ta présence d'esprit. »
Je n'ai jamais vu mon père (qu'AUâh l'ait en pitié!) me retenir de combattre, ni d'affronter un danger, en dépit de ce que je ressentais pour lui et de ce qu'il me témoignait en fait de tendresse et de préférence. C'est ce que je constatai certain jour. Nous avions alors ' chez nous, à Schaizar, comme otages destinés à garantir une dette contractée par Baudouin {Bagdouwîn), roi des Francs ^ envers Housàm ad-Dîn Timourtâsch, fils d'îlgàzî (qu'Allah l'ait en pitié !), des cavaliers Francs et Arméniens. Au moment où, la dette réglée, ceux-ci voulurent retourner dans leurs pays, Khîrkhàn, seigneur de I.Ioms, fit sortir une troupe de cavaliers qui se postèrent en embuscade à l'extérieur de Schaizar. Lorsque les otages s'avancèrent, leurs ennemis se montrèrent et s'emparèrent d'eux. Le crieur public prévint mon père et mon oncle paternel (qu'Allah les ait tous deux en piété!), qui montèrent aussitôt à cheval, se postèrent en évidence et envoyèrent tous ceux