Baudouin II, roi de Jûrusalom
d'ousâma ibn mounkidh 117
avant toi, Antioche t'appartiendra ; si tu meurs avant moi, Jérusalem est à moi. » Ils conclurent un pacte à ces conditions, sur lesquelles ils tombèrent d'accord.
Or, Allah le Très Haut décréta que Nadjm ad-Dîn îlgâzî rOrtokide (qu'Allah l'ait en pitié!) eut une rencontre avec Roger à Dànîth le jeudi 5 du premier djoumâdâ en l'an 513 \ le tua et massacra son armée entière. Il ne rentra pas vingt hommes à Antioche. Baudouin s'y rendit et en prit possession.
Quarante jours après, Baudouin livra bataille à Nadjm ad- Dîn îlgâzî. Celui-ci, lorsqu'il buvait des liqueurs fermentées, contractait une fièvre qui durait vingt jours. Il en but après la défaite et l'extermination des Francs, et fut pris d'un violent accès de fièvre. Lorsqu'il en guérit, le roi Baudouin le Baron, à la tète de son armée, était déjà parvenu à Antioche.
Le deuxième choc entre Ilgâzî et Baudouin ne tourna à l'avantage ni de l'un ni de l'autre. Des compagnies franques mirent en déroute des compagnies musulmanes et des compagnies musulmanes mirent en déroute des compagnies franques. De part et d'autre, on perdit beaucoup de monde. Les musulmans firent captif Robert, prince de Sihyaun, de Balâtounous et de la région avoisinante. C'était un ancien ami de Togtakîn, maître de Damas, et il avait accompagné Nadjm ad-Dîn Ilgâzî, lorsque, à Apamée, celui-ci s'était associé aux Francs contre les armées orientales, venues en Syrie, sous le commandemant de Boursouk, fils de Boursouk.
Ce Robert, surnommé le Lépreux {al-abras), avait dit alors à l'atâbek Togtakîn : « Je ne sais comment exercer envers toi les devoirs de l'hospitalité, mais dispose des pays que je gouverne, fais-y pénétrer tes cavaliers, qu'ils y passent librement, qu'ils prennent tout ce qu'ils y trouveront, pourvu qu'ils ne fassent pas de prisonniers et qu'ils ne tuent pas. Pour ce qui est des troupeaux, de l'argent et des denrées, ils peuvent en disposer et s'en saisir à leur guise. »
Or, ce même Robert venait d'être fait prisonnier dans une bataille, à laquelle avait pris part Togtakîn, prêtant assis-
tance à Ilgâzî. Robert évalua lui-même sa rançon à dix mille