Héuiisticlie du poète antéislaïuique Zohair
d'ousâma ibn mounkidh 135
un porc, attaché et placé en avant sur un quartier de roc. Les chevaliers ordonnèrent une course à pied entre les deux vieilles. Chacune d'elles s'avançait, escortée par un détachement de cavalerie cjui lui obstruait la route; à chaque pas qu'elles faisaient, elles tombaient et se relevaient, aux grands éclats de rire des spectateurs. Enfin, l'une d'elles arriva la première et saisit le porc comme prix de sa victoire.
A Naplouse, j'assistai un jour à un spectacle curieux. On introduisit deux hommes pour le combat singulier, le motif étant le suivant. Des brigands d'entre les musulmans avaient envahi un domaine dans la banlieue de Naplouse. Un cultivateur avait été soupçonné d'avoir guidé les brigands vers cet endroit. Le cultivateur prit la faite, mais revint bientôt, le roi ' ayant fait emprisonner ses enfants. « Traite-moi avec équité, dit l'accusé, et permets que je me mesure avec celui qui m'a désigné comme ayant introduit les brigands au cœur du village. » Le roi dit alors au seigneur qui avait reçu en fief le village : « Fais venir l'adversaire. » Le seigneur rentra dans son village, jeta son dévolu sur un forgeron qui y travaillait, et lui dit : « C'est toi qui iras te battre en duel ». Car le possesseur du fief se préoccupait surtout qu'aucun de ses laboureurs n'allât se faire tuer, de peur que ses cultures ne fussent ravagées.
Je vis ce forgeron. C'était un jeune homme fort, mais qui, en marchant ou en s'asseyant, avait toujours envie de réclamer quelque chose à boire. Quant à l'autre, au provocateur du combat singulier, c'était un vieillard au courage robuste, faisant claquer ses doigts en signe de défi, affrontant la lutte sans inquiétude. Le vicomte {al-biskoimd), gouverneur {scliihna) de la ville, vint, donna à chacun des deux combattants la lance et le bouclier, et fit ranger tout autour la foule en cercle.
L'attaque s'engagea. Le vieillard pressait le forgeron en arrière, le rejetant vers le cercle, puis revenait vers le milieu de l'arène. Il y eut un échange de coups si violents, que les rivaux, restés debout, semblaient ne former qu'une seule colonne de sang.