Foulques d'Anjou, quatrième roi de Jérusalem
Le combat se prolongea, et pourtant le vicomte leur recommandait d'en hâter le dénoiiment. « Plus vite! » leur criait-il. Le forgeron profita de son expérience à manier le marteau. Quand le vieillard fut épuisé, le forgeron lui asséna un coup qui le renversa, et lui fit tomber derrière le dos la lance qu'il tenait à la main. Le forgeron s'accroupit sur le vieillard, afin de lui enfoncer ses doigts dans les yeux, mais il ne pouvait y parvenir à cause des flots de sang qui en découlaient ; il se releva, et, de sa lance, le frappa à la tète avec tant de violence qu'il l'acheva.
Aussitôt on attacha au cou du cadavre une corde, avec laquelle on l'enleva, et on le pendit au gibet.
Le seigneur, qui avait délégué le forgeron, lui donna une grande propriété, le fit monter à cheval dans sa suite, l'emmena et partit. Vois, par cet exemple, ce que sont la jurisprudence et les décisions juridiques des Francs (qu'Allah les maudisse!).
Une autre fois, j'eus l'occasion de me rendre avec l'émir Mou'în ad-Dîn à Jérusalem '. Nous fîmes halte à Naplouse. Là il vit venir à lui un aveugle, jeune encore, portant un beau costume, un musulman , qui lui apporta des douceurs et lui demanda la permission d'entrer à son service à Damas. Mou'in ad-Dîn y consentit.
Je m'informai de cet homme, et j'appris que sa mère avait été mariée à un Franc et qu'elle avait tué son mari. Son fils usait de ruse contre les pèlerins francs, et se servait d'elle pour l'aider à les assassiner. Les Francs l'avaient finalement soupçonné de pareils méfaits et lui avaient appliqué la coutume franque.
On avait installé une grande barrique, et on l'avait remplie d'eau, puis on avait placé en travers une planchette de bois. Alors, l'homme qui était l'objet des suspicions fut garrotté, suspendu par ses omoplates à une corde et précipité dans la barrique. S'il était innocent, il enfoncerait dans l'eau, et on l'en retirerait au moyen de cette corde, sans qu'il fût exposé à y mourir. Avait-il au contraire commis quehjue faute, impossible pour lui de plonger dans l'eau. Le malheureux, lorsqu'on le jeta dans la barri(|ue, fit des efforts pour aller jusqu'au